Derniers articles publiés

Communication sur l'Europe : "Trop d'information tue l'information"

Actualité 09.09.2010

Utiliser les réseaux sociaux pour rapprocher les citoyens de l'Union européenne : l'idée n'est pas nouvelle mais continue à se matérialiser. Si désormais le Parlement européen mise en particulier sur Facebook et Twitter pour assurer sa communication, les députés ont réitéré, mardi 7 septembre, leur encouragement à utiliser le web 2.0 en adoptant le rapport Lokkegaard "sur le journalisme et les nouveaux médias - créer une sphère publique en Europe". 

 

Découvrez Tweet your MEP !





Toute l'Europe lancera le site 'Tweet your MEP' ('Twitte ton Eurodéputé' dans sa version française) le 22 septembre 2010. L'objectif : permettre aux internautes notamment aux plus jeunes, d'interpeller et de dialoguer avec les eurodéputés de manière simple, directe et immédiate.

En savoir plus

"Entite complexe et difficile a expliquer", l'Union européenne peine encore et toujours à informer ses citoyens sur son fonctionnement et ses réalisations, bien que ceux-ci expriment leur volonté d'en savoir davantage. Or ce "manque d'information est l'une des raisons principales de l'abstention et du manque de confiance (…) dans les institutions européennes".

Le constat, ainsi réaffirmé par le rapport Lokkegaard que les députés européens ont adopté le 7 septembre à Strasbourg, offre l'occasion de présenter quelques moyens pour mieux impliquer le citoyen sur les questions européennes. Un ensemble de mesures qui passent non seulement par les médias mais aussi l'éducation et les programmes politiques.

Le problème n'est pas, précise le rapport, dans la quantité de l'information disponible sur l'UE ("trop d'information tue l'information") mais dans sa qualité, ainsi que dans la confusion entre "informer", qui est un "procédé à sens unique" et "communiquer" qui implique un véritable dialogue avec les citoyens.

Bien que "la situation technologique et institutionnelle [n’ait] jamais été aussi favorable" à la création d'un tel espace public, les moyens d'en bénéficier ne sont pas toujours mis en œuvre. Voici dès lors un aperçu des principales propositions du rapport :

Rôle des gouvernements et partis politiques

Plutôt que "d'accuser l’Union quand les sondages sont négatifs sur les questions européennes", les dirigeants des Etats membres et des institutions européennes doivent "assumer enfin leurs responsabilités", souligne le rapport.

Afin que la communication repose "sur un dialogue authentique entre citoyens et responsables politiques", les députés nationaux doivent s'impliquer dans le processus décisionnel européen, possibilité désormais renforcée par le traité de Lisbonne.

En outre, "les partis devraient accorder plus de place aux questions européennes dans leurs programmes", tandis que le rôle des organisations de la société civile dans le débat européen devrait également être renforcé.

Enfin, chaque Etat membre devrait disposer d'un service spécialisé sur les affaires européennes, "point de référence vers lequel les citoyens puissent se tourner quand les questions européennes sont abordées"

Médias

Le rapport "estime que l’Union européenne doit être couverte dans les médias de tous types, en particulier les médias de masse, et ce de manière impartiale, factuelle et indépendante". "Il est essentiel de respecter la liberté des médias, leur indépendance éditoriale au niveau national, l’autonomie de programmation constituant une valeur fondamentale de l’UE et de son paysage audiovisuel et jouant un rôle crucial dans l'avènement d'une société libre, ouverte et démocratique".

Le problème de la communication sur l'Europe réside ainsi principalement dans le "manque de clarté des informations" disponibles en ligne, qui souvent "ne sont pas assez attrayantes ou compréhensibles, fréquemment en raison de l'emploi trop technique d'une langue que les personnes non familiarisées avec les questions européennes ne peuvent pas appréhender"

Un des moyens de remédier à ce décalage consiste alors à souligner l'impact des débats et des décisions européennes sur le quotidien des citoyens, "qui jugent que l'UE est encore trop distante et exerce trop peu d'influence sur la solution de leurs problèmes concrets". L'objectif est de "rendre l'Union plus visible au niveau local".

Les députés reconnaissent également l'importance d'étendre le rayonnement linguistique d'Euronews, "modèle de journalisme télévisuel indépendant".

Parallèlement, la récente diminution du nombre de journalistes accrédités à Bruxelles est considérée comme "extrêmement alarmante", bien que l'information en ligne elle-même ne diminue pas. Les députés européens soulignent la nécessité pour les institutions européennes (Parlement et Commission notamment) de continuer à offrir des formations aux journalistes.

Des médias sociaux non professionnels

Les médias sociaux, "lieux incontournables du web 2.0", "favorisent la diffusion de l'information et la multiplicité des expressions et permettent la construction d'une démocratie plus délibérative". Ils sont en outre un moyen d'atteindre en particulier les jeunes.

Pour autant, le rapport considère que ces "nouveaux médias" n'offrent pas toujours les garanties de sérieux que l'on peut en attendre et ne peuvent être considérés comme des médias professionnels. Dès lors, les députés recommandent "l'importance de l'élaboration d'un code de conduite" pour ces médias.

Cependant, "parce qu'ils restent les seuls, grâce à leur professionnalisme, leur déontologie, leur efficacité et leur crédibilité à pouvoir apporter une valeur ajoutée considérable à l'information: celle de faire comprendre l'actualité", les journalistes jouent un rôle crucial dans la fiabilité des sources et la vulgarisation de l'information.

Impliquer les jeunes par les programmes scolaires

L'accent est mis sur l'intégration de l'Union européenne dans les programmes scolaires, "à tous les cycles d’études, en mettant l’accent sur les antécédents, les objectifs et le fonctionnement de l'UE". Des cours sur le journalisme et les nouveaux médias doivent également être proposés de manière plus large.

Quelles valeurs intrinsèques pour l'UE ?

Le rapport s'achève par une réflexion sur le fond de la communication européenne : "La suite de l'histoire de l'Europe".

"Il est désormais impératif de définir les éléments qui seront au centre de la nouvelle histoire de l’Europe étant donné que de nouvelles générations grandissent avec l’Union européenne pour norme. Le défi consistera à déterminer quelles sont les valeurs intrinsèques de l’Union européenne. Afin d’y parvenir, la contribution, l’engagement et la responsabilité des citoyens européens sont vitales et les dirigeants européens doivent y contribuer".

 

 

En savoir plus

Morten Lokkegaard, rapporteur du projet - Parlement européen

Rapport final "Le journalisme et les nouveaux médias - créer une sphère publique en Europe - Parlement européen

Texte initial du rapport - Parlement européen

Observatoire européen de l'audiovisuel

Déclaration commune du Parlement, du Conseil et de la Commission, octobre 2008 : "Communiquer l'Europe en partenariat"