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Commission européenne : Jacques Barrot pourrait changer de portefeuille

Actualité 24.04.2008

Jacques Barrot, commissaire français aux Transports pourrait changer d'attribution la semaine prochaine. Le départ de Franco Frattini, commissaire italien à la Justice, liberté, et sécurité pour rejoindre le gouvernement de Silvio Berlusconi en tant que ministre des Affaires Etrangères laisse le siège vacant. Jacques Barrot, qui cumule depuis trois semaines les deux portefeuilles en remplacement de l'Italien, a fait forte impression par sa gestion des négociations sur les visas américains.

Contexte

Le 14 avril dernier, Silvio Berlusconi a été élu à la tête de l'Italie pour la troisième fois, après un an d'un gouvernement de gauche mené par Romano Prodi. Franco Frattini, fidèle de Silvio Berlusconi, a demandé congé à la Commission européenne, un mois avant les législatives pour soutenir son ami Berlusconi dont il a été ministre des Affaires étrangères pendant deux ans. Pressenti à nouveau pour ce poste, il devrait démissionner de la Commission européenne laissant vacant son portefeuille Justice, Liberté et Sécurité.

Jeu de chaises musicales

En principe le portefeuille de Franco Frattini devrait être repris par un compatriote, nommé par la nouvelle majorité italienne. Mais il n'en sera pas ainsi. Dans un communiqué du 22 avril, José Manuel Barroso a déclaré que "dans le cas où le Vice-Président Frattini démissionnerait de la Commission européenne, il demanderait au Vice-Président Barrot, qui remplace actuellement le Vice-Président Frattini d'une façon excellente dans l'exercice de ses fonctions, de prendre la responsabilité pour ce domaine pour le reste du mandat". Le futur commissaire italien remplacera, quant à lui, Jacques Barrot aux Transports.

Plusieurs raisons expliquent cette prise de position du président de Commission européenne. Dans sa déclaration, José Manuel Barroso invoque la nécessité "d'assurer entièrement la cohérence et l'efficacité du travail complexe et sensible dans le domaine de la justice, de la liberté et de la sécurité".

Jacques Barrot, qui vient de remettre sur les rails le projet Galileo, possède plusieurs succès à son actif à la tête de la politique des Transports de l'Union. Le commissaire français a fait preuve d'audace et de talents de négociateurs sur des dossiers délicats, comme le "ciel unique transatlantique" ou encore Galileo. Mais lors du dernier Conseil des ministres de l'Intérieur, à Luxembourg, il a également impressionné ses collègues en remplaçant au pied levé et avec brio Franco Frattini sur le sujet sensible des visas américains.  

L'approche de la Présidence française de l'Union européenne, le 1er juillet prochain, explique également le choix du Président de la Commission européenne. La mise en place d'une politique commune de l'immigration est l'une des priorités affichées de la Présidence française. Il s'agit d'une mission à hauts risques pour laquelle les talents de Jacques Barrot seraient appréciables.

L'ultime motivation du président de la Commission serait d'éviter la nomination d'un commissaire controversé. Depuis plusieurs jours, le nom d'Antonio Tajani, leader des députés de Forza Italia au Parlement européen, circule. Cette éventuelle nomination suscite de nombreuses réticences, notamment de la part des députés européens.

Le rejet par le Parlement européen, en 2004, d'un autre nominé italien Rocco Butiglione, avait fait tremblé la Commission européenne, menacée d'un vote de censure. Pour éviter qu'une telle situation se reproduise, José Manuel Barroso préfère anticiper et éviter de confier un portefeuille sensible à un personnage controversé.

Perspectives

Le mandat du président de la Commission s'achève en novembre 2009. Souhaitant obtenir une seconde nomination, Barroso ne veut se lancer dans aucune initiative aventureuse. La Commission européenne agit d'ailleurs au ralenti, et certains commissaires n'assistent plus aux réunions hebdomadaires.

La mise en œuvre du traité de Lisbonne au début 2009 reste un objectif prioritaire, ce qui implique de réussir l'étape du référendum irlandais. Limiter les risques de scandales ou d'affrontement semble être le mot d'ordre de la Commission européenne.

Références :

Président Barroso sur les conséquences d'une possible démission du Vice-Président Franco Frattini de la Commission européenne - Communiqué de presse - 22/04/08 - Commission européenne

En savoir plus :

 

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