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Commerce : les pays de l'Union européenne échangent surtout entre eux

Carte et comparatif 25.04.2019 Justine Daniel

L'Union européenne, un grand marché ? De fait, chaque État membre échange, en moyenne, près de deux tiers de ses biens et services avec… les autres États membres. Seule une petite partie est réservée aux pays hors UE. Si la proximité géographique facilite les échanges entre États membres, l'intégration européenne et la mise en place du marché unique y contribuent également.

 

En 2018, les États membres de l'UE-28 ont exporté au total pour 5 475 milliards d'euros de biens et services. Près de 64,3 % d'entre eux étaient destinés à un autre État membre de l'UE (voir carte). Par ailleurs, les États membres ont importé en valeur 5 427 milliards d'euros. Et 63,5 % du total des importations provenaient d'un autre État membre.

La part du commerce avec l'UE-28 varie cependant selon les États membres. Si 87,7 % des exportations luxembourgeoises sont destinées à un autre pays européen, cela ne concerne "que" 45,7 % des exportations néerlandaises (voir sur la carte).

Outre le Luxembourg, les pays qui exportent le plus vers l'UE-28 sont la Slovaquie (80 % des exportations vers l'UE), la Croatie (77,6 %) et l'Autriche (77,5 %). L'Estonie, la République tchèque et la Pologne exportent également plus de 75 % de leurs biens et services vers l'UE-28.

A l'instar des Pays-Bas, la Grèce, le Royaume-Uni, Chypre, l'Espagne et l'Italie destinent moins de 50 % de leurs biens et services à leurs voisins européens.

L'Allemagne, principal partenaire commercial

Pour évaluer le commerce intra-européen, on peut également s'intéresser aux principaux partenaires commerciaux de chaque Etat membre, par exemple à travers leurs importations en valeur monétaire.

Mis à part les Pays-Bas et la Lituanie, tous les Etats membres de l'UE ont un autre Etat membre de l'UE comme principal fournisseur (provenance des importations).

Dans certains Etats membres, plus d'un quart des importations proviennent du même partenaire. C'est le cas de l'Autriche (41 % en provenance l'Allemagne), la République tchèque (29 % d'Allemagne), Hongrie (26 % d'Allemagne), l'Irlande (26 % du Royaume-Uni), le Luxembourg (35 % de la Belgique), la Pologne (27 % de l'Allemagne) et le Portugal (31 % de l'Espagne).

Enfin, la quasi-totalité des Etats membres (à l'exception de Chypre) comptent l'Allemagne parmi leurs trois premières sources de biens et de services. La République fédérale en est même le principal fournisseur pour 17 d'entre eux.

 

Les importations européennes en provenance d'un Etat non membre de l'UE sont quant à elles à 21 % d'origine américaine, à 11 % d'origine chinoise et à 8 % d'origine suisse.

Second partenaire commercial de l'UE, la Chine compte parmi les trois premiers fournisseurs de huit Etats membres : la République tchèque (8 % des importations tchèques viennent de Chine), l'Allemagne (7 %), l'Espagne (7 %), le Royaume-Uni (9 %), la Hongrie (6 %), l'Italie (7 %), les Pays-Bas (16 %) et la Pologne (8 %).

Le commerce extérieur de l'Union européenne

Le commerce intra-UE est-il lié à l'existence du marché unique ?

L'intégration économique des Etats membres de l'UE, lancée par le traité de Rome en 1957 et qui a donné lieu en 1993 au "marché unique", est basé sur le principe d'efficacité économique. Selon ce dernier, la suppression des obstacles (tarifaires et non-tarifaires) à la libre circulation des biens, des services ou des personnes sur le continent permet un développement économique de tous les pays : plus de concurrence, plus d'innovation, et des produits plus nombreux et moins chers.

Au sein du marché unique, les droits de douane et les quotas ont donc été abandonnés entre les États membres. Les institutions européennes œuvrent par ailleurs depuis plus de soixante ans à l'harmonisation d'un certain nombre de règles et de normes.

Le marché unique

Par conséquent, si les relations commerciales avec nos voisins européens sont facilitées par la proximité géographique, la réduction des entraves au commerce a aussi eu d'importants effets positifs sur le commerce intra-européen, expliquent des économistes du Centre d'études prospectives et d'informations internationales (CEPII) dans un article de juin 2018.

"D’après nos estimations, le marché unique a, en moyenne, doublé le commerce de biens entre pays membres et permis d’atteindre un niveau de PIB [produit intérieur brut] réel de 4,4 % plus élevé. Un retour en arrière entraînerait une perte symétrique en termes de commerce ou de PIB", écrivent-ils.

Plus précisément, à partir des années 1990 lorsque l'intégration commerciale a atteint un niveau sans précédent, l'impact commercial du marché unique a été trois fois plus important que dans le cadre d'un accord commercial "classique".