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Comment les Européens parlent de la Turquie

Actualité 28.05.2007

© Communauté européenne, 2007Le CEPS analyse, dans ce working paper, l'opinion des Européens sur l'entrée de la Turquie dans l'Union.

Examinant les résultats d'un Eurobaromètre publié en décembre 2005, Antonia M. Ruiz-Jiménez de l'Université Pablo Olavide de Séville et José I. Torreblanca de l'Université UNED de Madrid recherchent des logiques communes dans l'incroyable diversité des arguments évoqués chez les défenseurs et les opposants à l'intégration de la Turquie.

Selon leurs conclusions, trois principaux systèmes de pensées structurent le débat : l'approche "utilitaire", qui consiste à faire la somme des coûts et des bénéfices qu'entraînerait l'entrée de la Turquie dans l'Europe, le référentiel "identitaire", qui se fonde sur le sentiment l'appartenance commune à une même culture, histoire ou à un ensemble géographique, et l'approche "post-nationale", qui repose sur le partage de principes universels tels que la démocratie, l'Etat de droit ou les droits de l'Homme.

Il existe des arguments en faveur et contre l'entrée de la Turquie pour chacune de ces sensibilités. Cependant, il est intéressant de constater que l'approche utilitaire est beaucoup moins citée que les deux autres "familles". Il apparaît, par ailleurs, que les opposants à l'adhésion de la Turquie se placent plus dans un référentiel identitaire, alors que les supporters ont une préférence pour les arguments puisés dans l'approche post-nationale. Les auteurs constatent donc que le débat ne se conclura certainement pas sur un plan matérialiste, mais sur l'issue du combat entre une vision existentielle de l'Europe et la vision post-nationale. Ainsi, "la clef de l'intégration de la Turquie se situe plus dans l'argumentation et la justification, que de la négociation".

Lire l'analyse

Antonia M. Ruiz-Jiménez et José I. Torreblanca, "European Public Opinion and Turkey's accession - Making sense of arguments for and against", CEPS, mai 2007