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Comment l'Union européenne lutte-t-elle contre le terrorisme ?

Infographie 06.11.2020

En Europe, la lutte contre le terrorisme reste avant tout une affaire nationale, mais le cadre juridique permet aux États membres de coordonner leurs moyens d’actions. Au cours des vingt dernières années, l’Union européenne s’est ainsi dotée d’instruments visant à renforcer sa capacité d’action face aux vagues d’attentats successives qui ont touché les États européens.

Le 2 novembre 2020, la ville de Vienne est venue rejoindre la liste des villes européennes touchées par le terrorisme depuis les vingt dernières années. Après (entre autres) Madrid, Londres, Stockholm, Copenhague, Bruxelles, Paris, Strasbourg, Nice, Francfort, et Berlin, la capitale autrichienne est elle aussi devenue une cible des attaques terroristes.

Depuis le 11 septembre 2001, le Vieux Continent a connu plusieurs vagues d'attentats, chacune d'entre elle a été l'occasion pour les États membres de doter l'Union européenne d’outils et organes de plus en plus opérationnels dans la lutte contre le terrorisme.

La vague d’attentats qui a eu lieu en Europe au début des années 2000 a conduit les Etats membres à renforcer leur coopération judiciaire au sein de l’Union européenne. En témoigne notamment l’adoption du mandat d’arrêt européen, opérationnel depuis 2004, et qui remplace les décisions d’extraditions entre les pays de l’UE. Différence majeure avec ces dernières : les mandats d’arrêts européens sont transmis directement d’une institution judiciaire à une autre.

Autre réalisation dans ce domaine : la création et le renforcement des pouvoirs d’Eurojust en 2002, devenue agence européenne visant à coordonner les enquêtes judiciaires et faciliter la coopération entre les autorités. Un poste de coordinateur de l’Union européenne pour la lutte contre le terrorisme a également été créé en 2007. Il est occupé depuis par Gilles de Kerchove. Son objectif est de s’assurer que tous les outils développés au niveau européen fonctionnent correctement au regard de la stratégie européenne de lutte contre le terrorisme.

La deuxième vague d’attentats dans les années 2010 a entraîné un nouveau mouvement de réformes dans la lutte antiterroriste centré principalement sur la question du partage des données. L’adoption en 2016 du règlement sur les données PNR en Europe en est une première illustration. Celui-ci permet d’utiliser les données passagers afin de tracer ou retracer les itinéraires de criminels ayant des motivations terroristes.

Le partage de renseignements entre les autorités est également revu en 2013 lorsque le système d’information Schengen (SIS) institué en 2006 évolue vers une seconde génération (SIS II). Il est désormais relié à d’autres bases de données européennes, comme Eurodac ou le système d’information des visas (VIS), qui recueillent les données biométriques des demandeurs de visas et d’asiles. Ces bases de données sont également gérées par eu-LISA, une agence européenne opérationnelle depuis le 1er décembre 2012.

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Datavisualisation Lutte contre le terrorisme en Europe