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Climat : en 2018, les émissions de CO2 ont de nouveau diminué en Europe

Carte et comparatif 31.05.2019

Les émissions de CO2 issues de la consommation d'énergie, qui représentent l'essentiel des rejets dans l'atmosphère, ont fortement diminué au sein de l'Union européenne en 2018. Une baisse constatée dans plus de deux tiers des Etats membres, et qui résulte notamment des objectifs fixés au niveau de l'UE.

Entre 2017 et 2018, les émissions de CO2 issues de la consommation d'énergie ont diminué de 2,5 % au sein de l'Union européenne. Celles-ci représentent 80% des émissions totales de gaz à effet de serre de l'UE. 

La baisse est "significative" pour Eurostat, l'office statistique de l'Union européenne. A titre de comparaison, entre 2016 et 2017 ces émissions avaient connu une hausse globale de 1,8 % dans l'UE. Seuls sept Etats membres les avaient vu diminuer malgré des objectifs ambitieux.

En 2018, les émissions de CO2 issues de la consommation d'énergie ont encore augmenté dans huit Etats membres, et notamment en Lettonie, qui enregistre une hausse de plus de 8%. Mais elles sont en recul dans tous les autres pays. Le Portugal et la Bulgarie sont ainsi les meilleurs élèves de l'Union. La France s'en tire également plutôt bien, avec une réduction des émissions supérieure à la moyenne européenne.

L'objectif global de l'UE est, pour l'instant, de réduire de 80 à 95% ses émissions de gaz à effet de serre d'ici à 2050, par rapport aux niveaux de 1990, avec des étapes intermédiaires de 20% de réduction d'ici à 2020, 40% de réduction d'ici à 2030 et 60% d'ici à 2040. Pour tenir ces objectifs globaux, des sous-objectifs nationaux ont été fixés dans chaque pays, en fonction de leur situation.

Par exemple, parmi les Vingt-huit, c'est l'Allemagne qui émet le plus de CO2, et représente ainsi à elle seule près d'un quart des émissions, soit plus que les 17 Etats les plus économes, qui n'en émettent en tout que 14%. Avec 10% des émissions de CO2 de l'UE qui lui sont attribuées, la France se place quant à elle en quatrième position des pays les plus émetteurs, comme l'Italie, toutefois moins peuplée.

Des chiffres à nuancer

Le Portugal et la Bulgarie, bons élèves en 2018, avaient connu de fortes augmentations l'année précédente - au total, leurs émissions diminuent bien, mais moins que ce à quoi on pourrait s'attendre.

L'Irlande enregistre au contraire une baisse régulière sur plusieurs années consécutives, mais malgré cela, les émissions ne baissent pas de plus de 1% par rapport à 2005, bien loin des 20% attendus.

A Malte et en Estonie les émissions continuent même de croître. Malte dépasse par exemple les limites fixées depuis 2013.

Le manque d'homogénéité des Etats de l'Union était néanmoins à prévoir : la répartition des efforts fait l'objet de discussions continuelles entre les pays les plus industrialisés et les économies les moins riches, pour qui les objectifs fixés sont moindres (une réduction de 19% à Malte contre 40% pour la Suède).

En outre, il faut prendre en compte la question de la délocalisation de la pollution. "Par exemple, le charbon importé entraîne une augmentation des émissions, tandis que l'électricité importée n'a pas d’effet direct sur les émissions du pays importateur mais affecte le pays exportateur dans lequel elle a été produite", explique Eurostat.

Le CO2 ne représente également qu'une partie des gaz à effets de serre émis par les Etats membres.  Au dioxyde de carbone (CO2) s'ajoutent le méthane (CH4), le protoxyde d’azote (N2O) et les gaz fluorés. Entre 1990 et 2016, les émissions totales de gaz à effets de serre ont diminué de 22% dans l'UE. L'objectif fixé pour 2020 sera donc normalement rempli.

Plus précisément, la période 1990-2016 peut être divisée en plusieurs parties distinctes : jusqu'en 1999, l'UE a connu une période de baisse continue, avec seulement un pic en 1996 dû à un hiver particulièrement froid ; jusqu'en 2006, toutefois, les émissions de gaz à effets de serre ont stagné. Les trois années suivantes, jusqu'en 2009, elles ont abruptement diminué avec la crise économique, qui a notamment affecté la production industrielle. Malgré une reprise en 2010, les émissions sont reparties à la baisse de 2011 à 2015. En 2016 et 2017 elles ont augmenté avant de reprendre leur diminution en 2018.

Afin d'atteindre les niveaux souhaités en 2030 et 2050, la Commission préconise désormais l'élaboration de "politiques et de mesures visant à réduire encore davantage le niveau des émissions". Une baisse de 45 à 50 % en 2030 serait plus cohérente avec les objectifs de l'accord de Paris.