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CIG : un état des lieux

Actualité 19.09.2007

Sylvie Goulard et Enrique Baron Crespo - DRMercredi 19 septembre, le Bureau d'information pour la France du Parlement européen (PE) a invité l'eurodéputé Enrique Baron Crespo, l'un des trois représentants du PE à la conférence intergouvernementale, à dresser un état des lieux des travaux en cours.

Une initiative saluée par Sylvie Goulard, également à l'affiche de cette conférence. La présidente du Mouvement européen France a déploré qu'au contraire des travaux de la Convention européenne, ceux de la CIG se déroulent dans "l'opacité" des négociations intergouvernementales.

L'intervention de M. Baron Crespo a permis de se faire une idée de la teneur des discussions en cours au sein du groupe d'experts chargé de rédiger les centaines d'amendements, protocoles et déclarations qui seront discutés au niveau politique à la mi-octobre. Ces travaux connaissent actuellement un blocage, du fait de l'attitude des représentants britanniques qui souhaiteraient exclure du champ communautaire certaines matières du domaine "Justice et Affaires Intérieures".

"Ces nouvelles revendications des Britanniques constituent un retour en arrière par rapport à Maastricht. Un arbitrage politique est nécessaire sur cette question", a déclaré l'ancien président du Parlement européen, qui a par ailleurs  déploré l'attitude de Londres à l'égard de la Charte des droits fondamentaux. La question de la Charte constitue l'une des priorités du Parlement européen, qui est déterminé à sauvegarder le maximum "d'avancées" de la Constitution européenne.

Importance de la Charte des droits fondamentaux

Une priorité partagée par Sylvie Goulard, qui se demande "si l'on pourra continuer d'invoquer la propagation de valeurs communes pour justifier l'élargissement de l'UE, tout en laissant certains de ses membres s'affranchir de ces mêmes valeurs". Un argument qui, selon elle, "devrait faire réfléchir les Britanniques". L'ancienne collaboratrice de Romano Prodi a également manifesté son inquiétude sur la situation politique en Belgique, résultat "d'un discours nationaliste et chauvin", susceptible de causer beaucoup de dommages en Europe.

Visiblement marquée par la teneur du débat mené en France lors du référendum sur la Constitution, la Présidente du Mouvement européen est apparue décidée à mener une campagne pédagogique sur le nouveau texte, quitte à s'attaquer à certains tabous : "on aurait aimé entendre les commentaires des opposants à la concurrence libre et non faussée, après la décision du TPI concernant Microsoft, bel exemple de la manière dont l'UE peut agir dans la mondialisation", a-t-elle déclaré.