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Christine Lagarde soutenue par les Etats du G8

Actualité 31.05.2011

Une aide financière aux pays arabes en transition démocratique, et un soutien à la candidature de Christine Lagarde à la tête de FMI : voilà ce qu’aura principalement laissé derrière lui le sommet du G8 de Deauville.

Christine Lagarde au FMI : les jeux sont faits ?

Un Américain à la banque mondiale, et un Européen au FMI : cet accord tacite a primé jusqu’ici dans l’attribution des postes de direction de ces deux grandes institutions financières internationales. Mais les pays émergents, qui ont déjà imposé leur présence à la table des négociations mondiales en faisant accepter le G20 comme instance de décision privilégiée, cherchent aujourd’hui à renverser la vapeur suite à la démission de Dominique Strauss-Kahn, en présentant leur candidat : Agustin Carstens, gouverneur de la banque centrale du Mexique.

Ce G8 est d’abord une petite victoire pour la France et, in extenso, pour l’Europe, puisque l’ensemble des pays participants a soutenu la candidature de Christine Lagarde à la direction du FMI. Importante pour les Européens qui tiennent à assurer une continuité avec l’action de Dominique Strauss-Kahn, notamment envers la Grèce et les autres pays de la zone euro, cette candidature n’enchante pas les pays émergents, qui considèrent leur tour venu. C’est pourquoi, bien qu’actée "dans les couloirs", cette question n’a pas été mise en avant au cours des sessions plénières. L’aval des membres du G8, plus gros actionnaires au FMI, suffirait en tous cas à valider Christine Lagarde, si toutefois ils le confirment en juin.

Les principales décisions du G8

L’agenda "officiel" a été assez chargé pour les pays du Groupe des 8. Le communiqué final commence par exprimer leur solidarité avec le Japon, tout en rappelant la nécessité de renforcer les normes de sécurité nucléaire (un intertitre entier y est d’ailleurs consacré).

Le groupe s’est aussi engagé à fournir une enveloppe de 20 milliards de dollars à destination des pays arabes en transition démocratique, qui leur serait distribuée sur les prochaines années. Reste à savoir si, au-delà de l’effet d’annonce, ils sauront tenir parole.

Que s'est-il dit au cours de l'e-G8 ?
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L’autre sujet original de la rencontre, alimentée par la tenue en parallèle du sommet de l’e-G8, était la ligne à suivre vis-à-vis d’Internet. Mais en fin de compte, l’e-G8 ne semble pas avoir eu grande influence sur le sommet de Deauville, les conclusions du premier n’étant pas encore parues au moment de celles du second.

Enfin, le communiqué aborde les questions économiques, d’innovation, d’environnement et de changement climatique, de développement et de sécurité, annonçant les grandes orientations communes des pays participants sur ces points. Sur le sujet actuellement le plus relayé, l’économie,  il se contente de références à ce qui est fait au G20.

Justement, ce sommet du G8 a inspiré une autre question à ses commentateurs : cette enceinte est-elle toujours pertinente ? Produit de la guerre froide, le rassemblement des 7 grands Occidentaux, ayant invité à leur table leur ancien adversaire, la Russie, manque désormais de légitimité pour discuter de certains sujets cruciaux, en particulier économiques. Preuve en est l’émergence politique du G20 après le début de la crise : dans ces domaines, plus rien ne semble pouvoir se faire sans les grands émergents. Ainsi, pour les questions de gouvernance, de régulation financière, de volatilité des prix des matières premières ou de déséquilibres, il faudra attendre le sommet du G20 de Cannes en novembre prochain.