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Ce qu’il faut retenir de l’audition de Pierre Moscovici devant le Parlement européen

Actualité 02.10.2014

De 9h à 12h, ce matin, Pierre Moscovici s’est soumis à l’épreuve du feu de tous les commissaires européens désignés. Auditionné sans relâche par la commission des Affaires économiques et monétaires, le candidat français a répondu à toutes les questions. Pour beaucoup, à droite et chez les libéraux, nommer un ancien ministre de l’Economie et des Finances n’ayant pas été capable de remettre son pays dans les clous du Pacte de stabilité et de croissance au portefeuille des Affaires économiques est impensable. Critiqué sur son bilan, Pierre Moscovici s’y attendait. Le responsable socialiste a mis en avant sa détermination à occuper sa prochaine fonction avec objectivité et impartialité et à faire de la collégialité sa méthode de travail. Compte-rendu.

Pierre Moscovici, le 2 octobre, lors de son audition au Parlement européen

Pour tous les commissaires désignés, le programme du grand oral devant le Parlement européen est le même. Une présentation du président de la commission parlementaire compétente, un exposé de 15 minutes, puis près de 3 heures de questions-réponses. Tous les groupes parlementaires, ainsi que les non-inscrits, sont invités à s’exprimer.

Adhésion aux règles budgétaires

Les premières salves de questions sont sans équivoque pour l’ancien ministre français de l’Economie et des Finances. Bille en tête, les eurodéputés conservateurs et libéraux l’attaquent sur son bilan. La défense de Pierre Moscovici est prête : il est Français, il aime son pays, il n’a pas à rougir de son passage à Bercy, mais il sera désormais commissaire européen et s’élèvera, si nécessaire, contre tout pays ne respectant pas les règles européennes.

Favoriser la croissance

Défendu au préalable par les socialistes et démocrates face aux critiques des conservateurs, Pierre Moscovici a logiquement été ménagé par les eurodéputés appartenant à ce groupe. Contraint à un difficile exercice d’équilibriste, le commissaire désigné aux Affaires économiques et monétaires a cherché à donner des gages à ses détracteurs sur sa détermination à faire appliquer les règles budgétaires européennes, tout en insistant sur sa volonté de relancer la croissance.

Harmonisation fiscale

Interrogé dans un second temps plus en détail sur ses autres attributions, la fiscalité et l’union douanière, Pierre Moscovici a décliné ses ambitions en la matière et indiqué que sur ces sujets, il s’attendait à travailler en parfaite entente avec Jean-Claude Juncker, et le reste du collège.

3h pour convaincre

D’un point de vue général, si les membres de la commission parlementaire des Affaires économiques n’ont pas été tendres avec Pierre Moscovici, sa nomination devrait néanmoins être confirmée. Le probable futur commissaire européen aux Affaires économiques et monétaires, à la Fiscalité et à l’Union douanière a fourni une prestation plutôt convaincante, affrontant les critiques et développant ses ambitions.

Mettant en avant son expérience d’ancien eurodéputé, de secrétaire d’Etat aux Affaires européennes et, bien entendu, de ministre de l’Economie et des Finances, Pierre Moscovici a résolument orienté ses interventions de manière à convaincre, ou du moins rassurer, les conservateurs. M. Moscovici a fait de nombreuses allusions à son ancien homologue allemand Wolfgang Schäuble et a répété à l’envi son intention de faire respecter les règles européennes, à tous les Etats membres, sans distinction.

En outre, l’accord tacite entre socialistes et démocrates et conservateurs, visant à ne pas mettre de bâtons dans les roues de leurs candidats respectifs les plus controversés, devrait également jouer en sa faveur.

Les coordinateurs de la commission des Affaires économiques se sont réunis à huis clos dans la foulée de son audition afin de discuter des suites à donner. Toutefois, il est probable qu’aucune déclaration officielle ne soit faite avant plusieurs jours et la fin des grands oraux de tous les commissaires désignés.

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