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Catherine Chatignoux : "il ne manque pas de bonnes raisons de s’abstenir pour les prochaines élections"

Actualité 28.05.2009

A l'approche des élections européennes, de nombreux citoyens s'interrogent sur l'utilité d'aller voter. Afin de sensibiliser l'opinion publique à cet événement, Touteleurope interroge des personnalités sur leur rapport aux prochaines élections européennes : iront-elles ou non voter le 7 juin ? Catherine Chatignoux, journaliste aux Echos, nous répond, en revenant sur les bonnes raisons de s'abstenir à ces élections.


Catherine Chatignoux, pourquoi irez-vous/n'irez vous pas voter le 7 juin ?


C’est vrai, il ne manque pas de bonnes raisons de s’abstenir pour les prochaines élections au Parlement européen. A commencer par les candidats. Exception faite de quelques têtes de liste incontestables, ils n’ont pas été choisis par les états majors des partis politiques pour leur compétence en matière européenne ou leur charisme personnel. Certain-e-s ont refusé tout net d’aller au charbon, d’autres se sont fait prier. La plupart sont inconnus de leurs électeurs et le resteront probablement durant toute la législature.

Et puis, pourquoi élire des représentants à une assemblée dont l’image se confond pour l’essentiel avec celle, si décriée, de l’Union européenne ? Présentée à longueur d’années comme la cause de tous nos maux, le cheval de Troie de la mondialisation, le bastion du libéralisme, l’empêcheur d’exercer notre souveraineté en rond, elle fait figure d’exutoire des frustrations nationales. Souvent à tort. L’euro a été longtemps la cible favorite des eurosceptiques : responsable de la vie chère, il était accusé  de priver le gouvernement français de toute marge de manœuvre budgétaire en le contraignant à réduire ses déficits publics. La crise a fait taire ces critiques : l’euro a en effet protégé les pays européens qui l’avaient adopté tandis que la monnaie britannique et celle des pays européens de l’Est plongeaient sévèrement sous la pression des marchés.

Mal expliqués, complaisamment mal relayés par les partis politiques – et parfois les medias -, les exemples des directives sur le chocolat, le fromage au lait cru et tout récemment le « rosé » masquent l’essentiel et entretiennent l’idée que l’Europe ne sert pas les intérêts des citoyens et surtout ne s’occupe pas de l’essentiel. Alors, les députés européens sont au mieux considérés comme une assemblée d’élus impuissants à influer sur le cours des choses.

Or, c’est tout le contraire : l’Europe prend sa part à la construction du monde de demain. Elle met en œuvre une politique de réduction des gaz à effet de serre, de développement durable, une politique agricole ambitieuse plus respectueuse de l’environnement ; elle construit progressivement une politique extérieure unifiée qui fasse d’elle un acteur important de la politique internationale. Elle doit participer à la réforme du système financier mondial, livré à lui-même ses dernières années. Elle a besoin pour cela d’élus compétents, organisés et influents qui défendent au mieux les intérêts des citoyens. Ce sont eux que j’irai élire le 7 juin prochain.

 

Catherine Chatignoux est journaliste aux Echos