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"Casse-toi pov'con" : satire ou crime de lèse-majesté, la Cour a tranché

Actualité 15.03.2013

Août 2008. L'ex-président de la République Nicolas Sarkozy est en visite officielle à Laval (Mayenne). Un homme d'une cinquantaine d'année, cheveux grisonnant, s'approche et brandit à l'encontre du Chef de l'Etat  une pancarte signé "Casse-toi pov'con". Il est trop tard, l'affaire s'emballe.

 

Interpellé puis traîné devant la justice pour "offense au Président de la République", Hervé Eon, l'auteur du "crime", avait été condamné par le tribunal à une "amende de principe" de 30 euros avec sursis. Condamné à la même peine en appel, cet ex-conseiller général socialiste fut par la suite débouté en cassation. Après avoir épuisé toutes les voies de recours de la justice française, Monsieur Eon a saisi la Cour européenne des droits de l'Homme située à Strasbourg.


Jeudi 14 mars, les juges ont rendu leur verdict. La Cour considère que l'invective de M. Eon était "littéralement offensante à l'égard du Président de la République" mais ne représentait en aucun cas une "attaque personnelle gratuite" à son encontre.  Un "Casse-toi pov'con" de "nature politique" tiré du "registre satirique", c'est ce qu'ont estimé les juges avant de conclure que "sanctionner pénalement des comportements comme celui de M. Eon est susceptible d'avoir un effet dissuasif sur des interventions satiriques qui peuvent contribuer au débat sur des questions d'intérêt général".

Hervé Eon le concède : c'est bien de l'injonction à l'égard d'un visiteur lancée par Nicolas Sarkozy au Salon de l'Agriculture quelques mois plus tôt, qu'il tira son inspiration. Son seul "crime" : le plagiat.