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Carte interactive : où en est l'élargissement de l'UE aux pays des Balkans ?

Actualité 16.05.2018 Camille Richir (dirigé par Jules Lastennet)

Sofia (Bulgarie) a accueilli jeudi 17 mai un sommet réunissant les 28 dirigeants de l'UE et leurs homologues des six pays des Balkans occidentaux. Alors que la procédure d'adhésion de ces Etats à l'Union européenne semble encore loin d'aboutir, Toute l'Europe dresse un état des lieux de leur accession au statut de pays membre, grâce à une carte interactive.

Le pont de Mostar, en Bosnie-Herzégovine - Photo : iStock

Le pont de Mostar, en Bosnie-Herzégovine - Photo : iStock

Le 1er janvier 2018, la Bulgarie a accédé à la présidence tournante du Conseil de l'Union européenne. Parmi les priorités du gouvernement bulgare, qui exerce cette fonction pendant six mois : la progression des négociations d'adhésion des six pays des Balkans occidentaux. Aujourd'hui, les négociations en vue de l'adhésion à l'UE ont commencé pour deux d'entre eux : le Monténégro et la Serbie. Deux autres sont officiellement candidats, mais les pourparlers, traditionnellement très longs, n'ont pas encore démarré : il s'agit de l'Albanie et de la Macédoine. Enfin, les deux autres Etats ne sont pour l'heure que "candidats potentiels" à l'adhésion : la Bosnie-Herzégovine et le Kosovo.

Or le processus d'adhésion piétine depuis le sommet de Thessalonique (Grèce) de 2003, qui avait acté la vocation des Balkans occidentaux à entrer dans l'Union européenne. Depuis, seule la Croatie a accédé au statut d'État membre, en 2013.

Cliquez sur un pays pour afficher l'état de son adhésion à l'Union européenne

Avec le sommet de Sofia, l'Union européenne espère renforcer ses liens avec les Balkans occidentaux. Une première étape a été franchie en février dernier, lorsque la Commission européenne a dévoilé une nouvelle stratégie pour l'élargissement. Elle y donnait notamment des dates indicatives pour l'entrée des quatre pays candidats : 2025 pour la Serbie et le Monténégro et 2030 pour l'Albanie et la Macédoine.

Toutefois, pour de nombreux pays et experts, cette perspective est peu crédible. D'une part parce que comme le soulignait un rapport du Parlement européen, "l'Union européenne a changé" depuis le sommet de 2003. Elle est passée de 15 à 28 États membres – et bientôt 27 – et de nombreux pays de l'Union européenne connaissent une "fatigue de l'élargissement". Certains gouvernements, à l'instar de la France, ne souhaitent pas de nouvel entrant avant qu'une plus forte intégration des pays membres et qu'une rénovation générale de l'UE n'ait été mise en œuvre. D'autre part, les six pays concernés sont loin de répondre aux critères de l'UE en termes d'État de droit et de gouvernance économique.

Si l'UE se tourne de nouveau vers les Balkans aujourd'hui, c'est donc aussi qu'elle y voit un intérêt stratégique. Bientôt deux décennies après la fin des guerres d'ex-Yougoslavie, la zone est encore instable et représente un risque sécuritaire. La résurgence des nationalismes et le risque de conflit qui en découle inquiètent les autorités européennes, de même que la montée de la radicalisation djihadiste et la persistance du crime organisé. L'Union européenne se préoccupe également de l'influence grandissante de certaines puissances étrangères, à la tête desquelles figurent la Russie, la Chine et la Turquie.