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Bruno Duvic : "Nous voulons relever le pari de parler de l'Europe sans ennuyer !"

Actualité 30.01.2007

Journaliste à France-Inter, Bruno Duvic anime la nouvelle émission d'Arte consacrée à l'Europe. Tous les mercredi à 21h45, "Zoom Europa" propose des enquêtes, des portraits et des reportages conçus par une double rédaction, française et allemande.

 


Pourquoi avoir créé "Zoom Europa" ? Quel est le concept de cette nouvelle émission ?
 
A ma connaissance, il n'existe pas d'émission régulière consacrée à l'Europe sur les chaînes Hertziennes. La seule à en proposer déjà une était Arte avec "le forum des Européens", le samedi, que "Zoom Europa" remplace. L'Europe occupe une place importante dans l'actualité, dans le débat public, et pourtant personne n'y consacre d'émission. Combler ce manque, cela fait partie à mon sens de la mission de service public d'Arte.
 
Le "sujet Europe" est souvent abordé dans les journaux sous son angle le plus institutionnel (les conseils des ministres, la BCE...). L'idée de cette émission est d'être beaucoup plus concrète, vivante et variée. Elle repose sur des reportages. Nous ouvrons les fenêtres sur l'Europe.
 
Au fil des rubriques nous aimerions que les téléspectateurs en apprennent plus sur comment vivent nos voisins  (c'est le "reportage société"), sur les personnalités connues ou non qui composent l'Europe ("l'Européen de la semaine"), sur ces décisions prises à Bruxelles ou Strasbourg et qui ont des conséquences sur notre vie de tous les jours ("l'Europe et vous"). Nous voulons aussi traiter les grands dossiers de l'actualité européenne (c'est la rubrique "zoom", 3 reportages sur un même sujet) et l'histoire européenne ("rétroviseur", basée sur des images d'archives).
 
Par exemple, pour vous donner une idée de la diversité des sujets, le sommaire de l'émission diffusée le mercredi 31 janvier 2007 portera sur le multilinguisme avec un reportage sur les interprètes au Parlement, le marché automobile en Lituanie, la fuite des cerveaux, notamment aux Etats-Unis, et le Plan Marshall il y a 60 ans. Le portrait de "l'Européen de la semaine" est consacré au maire d'un village du Piémont en Italie qui a installé un miroir à flanc de montagne pour que les habitants puissent retrouver un peu de lumière l'hiver.


Cette émission est conçue par une double rédaction, française et
allemande. Comment les deux équipes travaillent-elles ensemble ?
 
Une fois sur deux, la rédaction en chef est assurée par la partie française ou allemande. Evidemment, cela ne nous empêche pas de débattre entre nous des sujets choisis.

Dans chaque émission, une partie des reportages est réalisée par les Allemands, l'autre par les Français (la société de production "Phares et Balises", pour Arte)


Très peu d'émissions télévisées sont consacrées à l'Europe. Comment
l'expliquez-vous ?
 
L'Europe est encore pour beaucoup quelque chose de très abstrait et technocratique. Sans doute les directions des chaînes redoutent-elles de ne pas attirer beaucoup de téléspectateurs avec le sujet. Nous voulons justement relever le pari de parler de l'Europe sans ennuyer... !

 
Pensez-vous qu'une émission telle que la vôtre puisse permettre aux
Français de mieux connaître l'UE et de s'y intéresser davantage ?

C'est en tout cas l'un des objectifs, mais nous ne voulons pas être euro béat. Il y a des sujets qui fâchent, des dossiers qui bloquent, des négociations qui n'avancent pas. Tout ne marche pas parfaitement en Europe ! Notre envie est de montrer l'Europe telle qu'elle est, avec ses blocages et ses avancées, et surtout de montrer comment vivent les Européens.


Propos recueillis le 30/01/07