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Brexit : 10 chiffres clés pour comprendre la pêche en Europe

Actualité 19.11.2020 Valentin Ledroit

D'une importance cruciale pour Bruxelles… et Londres. L'Union européenne souhaite conserver un libre accès aux eaux britanniques, tandis que le Royaume-Uni veut en garder le contrôle. La pêche figure ainsi parmi les principales sources de tensions dans les négociations post-Brexit. Quelle est l’importance de ce secteur dans l’Union européenne ? Tour d’horizon en 10 chiffres clés.   

Les navires européens sont soumis aux règles de la politique commune de la pêche

Les navires européens sont soumis aux règles de la politique commune de la pêche - Crédits : Zenobillis / iStock

50 ans 

La première incursion de l’Union européenne dans le domaine de la pêche remonte à près de 50 ans. Dans les années 1970, les institutions européennes adoptent, par l’intermédiaire de la politique agricole commune, les premiers règlements spécifiques sur la question. Ce n’est pourtant qu’en 1983 que la politique commune de la pêche (PCP) est instaurée. Elle a depuis connu plusieurs réformes, une tous les dix ans en moyenne, dont la dernière remonte à 2013. Celles-ci ont souvent fait l’objet de longues négociations. Et pour cause : l’Union européenne dispose d’une compétence exclusive dans le domaine de la gestion des ressources biologiques de la mer. 

La politique commune de la pêche

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C’est la quantité, en tonnes, de poissons pêchés et cultivés par les 27 Etats membres de l’UE en 2017, représentant 3,3 % de l’ensemble des prises enregistrées dans le monde. Parmi les espèces les plus prisées des pêcheurs européens, le maquereau ou le hareng. Ce dernier fait partie des espèces en danger, à cause de leur surpêche dans certaines mers bordant les côtes européennes. Selon l’ONG Oceana, 40 % des espèces étaient victimes de surpêche en 2019 dans l’océan Atlantique et la mer du Nord. La situation est encore plus critique en Méditerranée et dans la mer Noire, où les mesures prises pour y remédier sont moins contraignantes. 

19 % 

La pêche illégale, non déclarée et non réglementée est l’une des explications derrière la surpêche. A l’échelle mondiale, elle représente 10 milliards d’euros chaque année, soit près de 19 % de la valeur marchande des captures. L’Union européenne prend ce problème au sérieux et a adopté un règlement pour tenter de lutter contre ces pratiques. Entré en vigueur en 2010, il a notamment été renforcé par de nouveaux dispositifs en 2017

6,4 milliards 

Le Fonds européen pour les affaires maritimes et la pêche (FEAMP) est le principal instrument de mise en œuvre de la politique commune de la pêche. Doté de 6,4 milliards d’euros pour la période 2014-2020, il ambitionne de promouvoir une pêche durable, innovante et compétitive. Mais également de renforcer les contrôles et d’améliorer les données disponibles pour la gestion de la pêche en Europe. La France est le deuxième bénéficiaire de ce fonds avec 588 millions d’euros. La dotation du FEAMP devrait toutefois être légèrement en baisse pour la période de programmation suivante (2021-2027).

30 % 

Pourquoi la pêche est-elle importante dans les discussions sur le Brexit ?”, s’interrogeait la BBC en septembre 2020. Le Royaume-Uni a quitté l’Union européenne le 31 janvier mais continue d’appliquer les règles de la PCP jusqu’à la fin de la période de transition, prévue au 31 décembre. Ces dispositions imposent des quotas de captures et garantissent l’accès des navires des Etats membres de l’UE aux eaux britanniques et inversement. Des dispositions qui avantageaient jusqu'ici les pêcheurs français, dont 30% des captures s'effectuent dans les eaux britanniques. La France n'est pas la seule à en profiter. Selon un rapport du Parlement britannique, 60 % du tonnage issu des eaux britanniques serait capturé par des bateaux en provenance d'autres Etats membres.  

[Dossier] Brexit : et maintenant ?

756,639 km2 

Sujet de controverse, la zone économique exclusive (ZEE) se définit comme "l’espace maritime sur lequel l’Etat côtier exerce des droits souverains en matière économique”, selon l’IFREMER. Aujourd’hui, les navires européens ont toujours accès à celle du Royaume-Uni, qui s’étend sur 756,639 km². Huit Etats membres sont particulièrement intéressés par l’accès à ces eaux : la France, l'Irlande, l'Espagne, les Pays-Bas, la Suède, l'Allemagne, le Danemark et la Belgique. Pour ce dernier, qui compte certains ports parmi les plus importants d'Europe comme celui d’Anvers, les prises réalisées dans les eaux britanniques représentent 70 à 80%  des prises totales.  

¾  

Le rapport de force entre Londres et les autres capitales n’est toutefois pas si déséquilibré. Un rapport de l’Assemblée nationale de juin 2020 indique que le Royaume-Uni exporte 76 % de ses poissons. Les trois quarts de ces exportations sont destinés au marché européen. Le Royaume-Uni est un exportateur net de produits de la mer, dont la France est le premier receveur, devant les Pays-Bas et l’Espagne. 

46,6 km 

Sur les 27 Etats membres que compte l’Union européenne, 22 disposent d’un accès à la mer. La côte slovène, longue de seulement 46,6 km, est la plus courte de l’UE. Mais la pêche ne se résume pas à la mer. Si certains Etats membres profitent également des ressources présentes dans les cours d’eau, l’aquaculture revêt une part importante de la production européenne de poissons, avec environ 20 % du volume en 2017

81 253 

Les navires de pêche européens doivent impérativement être enregistrés auprès du registre de la flotte européenne. Celui-ci en dénombre 81 253 au mois de novembre 2020, inégalement répartis entre les Etats membres. Si la Grèce en compte 14 690, la Belgique quant à elle n’en dénombre que 64. Il est cependant à noter que ces chiffres ne tiennent pas compte de leur taille ou de leur capacité. A titre d’exemple, la Slovénie et la Lituanie comptent approximativement le même nombre de bateaux, respectivement 136 et 140. Or, la capacité cumulée des bateaux slovènes n’est que de 671 tonnes alors qu’elle atteint 40 664 tonnes pour la Lituanie. 

1 sur 2 

Selon la Commission européenne, le secteur de la pêche peut représenter près d’un emploi sur deux dans certaines zones côtières. Des emplois toutefois concentrés dans une poignée d’Etats membres. L’Espagne, l’Italie et la Grèce se partagent en effet 65 % des emplois liés au secteur.