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Boris Johnson et Jeremy Hunt, deux derniers candidats à la succession de Theresa May

Actualité 21.06.2019 Justine Daniel

Les deux derniers candidats en lice à la succession de Theresa May ont été désignés par les députés tories, jeudi 20 juin. Boris Johnson, partisan d'un Brexit dur et Jeremy Hunt, tenant d'une approche plus flexible, sillonneront donc le pays ces prochaines semaines pour faire campagne auprès des adhérents du parti conservateur, chargés de les départager.

Jeremy Hunt (à gauche) et Boris Johnson (à droite) - crédits : NHS Confederation, EU2017 EE / Flickr

Jeremy Hunt (à gauche) et Boris Johnson (à droite) - crédits : NHS Confederation, EU2017 EE / Flickr

Des onze candidats conservateurs déclarés pour succéder à Theresa May, ils ne sont plus que deux en lice. A l'issue de plusieurs tours de vote répartis du 13 au 20 juin permettant d'écarter progressivement ceux qui rassemblaient le moins de voix, les députés conservateurs ont fait émerger les deux finalistes jeudi.

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Candidat favori et ancien maire de Londres, Boris Johnson a obtenu 160 voix sur 313, tandis que l'actuel secrétaire d'Etat aux Affaires étrangères Jeremy Hunt en a rassemblé 77. Un score lui permettant de se hisser en seconde position, avec seulement deux voix de plus que le ministre de l'Environnement Michael Gove, éliminé de fait. Certains observateurs accusent toutefois "BoJo" d'avoir profité de sa large réserve de voix pour faire écarter M. Gove, jugé plus difficile à battre que M. Hunt.

Quoi qu'il en soit, le successeur de la Première ministre démissionnaire sera chargé en priorité de la mise en œuvre du Brexit, tâche que Theresa May reconnaît avoir échoué à achever face aux divisions du parti conservateur et aux divisions de la classe politique britannique depuis le référendum de juin 2016, incapable de dégager une majorité autour d'une issue au Brexit.

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Boris Johnson, fervent défenseur d'un Brexit "dur", jouit d'une réelle popularité parmi les adhérents du Parti conservateur et se présente comme le seul capable de garantir sa mise en œuvre, quelles que soient les conséquences. Depuis le premier tour de vote le 13 juin, celui-ci est arrivé largement en tête des différents scrutins et ne semble pas avoir souffert de ses changements d'avis intempestifs et radicaux sur des questions aussi essentielles que la sortie de son pays de l'Union européenne, ou des arguments mensongers qu'il a utilisés durant la campagne de 2016. L'homme politique de 55 ans n'hésite pas à multiplier les provocations, menaçant l'UE de ne pas régler la facture du Brexit si celle-ci ne renégociait pas l'accord de sortie aujourd'hui sur la table.

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S'il apparaît toujours grand favori, l'ex-ministre des Affaires étrangères est concurrencé par le modéré Jeremy Hunt, qui défend de son côté une approche plus flexible du Brexit. Fort d'une longue carrière politique, l'ancien ministre de la Santé et successeur de Boris Johnson au Foreign Office souhaite la négociation d'un nouvel accord avec l'UE, bien qu'il ait fait campagne contre le Brexit en 2016. M. Hunt cherche à éviter un no deal, quitte à proposer à l'UE de repousser la date du Brexit, pour l'instant fixée au 31 octobre, afin de rouvrir les négociations.

Le président du Conseil européen Donald Tusk a toutefois rappelé à l'issue du sommet européen du 20 juin que l'accord de retrait tel qu'il a été négocié jusqu'à novembre 2018 avec Theresa May n'était "pas renégociable", les Européens souhaitant pouvoir se débarrasser le plus rapidement possible du fastidieux dossier du Brexit. M. Tusk s'est toutefois dit "ouvert à des discussions en ce qui concerne la future relation".

Dernière étape : le vote des militants

Dernière étape pour départager les deux finalistes : le vote des militants conservateurs. Les 160 000 adhérents du parti auront jusqu'à mi-juillet pour voter par correspondance, et les résultats seront connus le 22 juillet. Le vainqueur de ce scrutin interne prendra la tête du parti conservateur et s'installera par conséquent au 10 Downing Street.

Les deux derniers prétendants en lice vont donc sillonner le pays pour s'affronter au cours de seize débats dans les prochaines semaines et tenter de convaincre les votants.

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