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Biographie : Robert Schuman, père de la construction européenne (1886-1963)

Synthèse 14.09.2013

Robert Schuman est du nombre des fondateurs de la construction européenne. Au lendemain de la guerre, il a su convaincre l’Europe de la nécessité vitale de s’unir dans la prospérité, la paix et la démocratie.

Robert Schuman

Sa vie

Robert Schuman est né en 1886 au Luxembourg. Après ses études de droit, il s'installe comme avocat à Metz en 1912. Il est élu député de la Moselle en 1919. Arrêté par les nazis pendant la Seconde Guerre mondiale, il parvient à s'évader et entre dans la clandestinité. Il entre au gouvernement en 1946, comme ministre des Finances. En 1947, il est président du Conseil, puis ministre des Affaires étrangères de 1948 à 1952 et garde des sceaux en 1955.

Propos choisis

"Une fois le nationalisme vaincu, il faudra imaginer des formes nouvelles pour unir l'Europe, car dans le passé, certains l'avaient tenté par la force. Sans une réconciliation sincère et définitive entre Français et Allemands, une Europe pacifique n'est pas pensable."

"L’Europe, avant d’être une alliance militaire ou une entité économique, doit être une communauté culturelle dans le sens le plus élevé de ce terme." in Pour l’Europe.

"Les dures leçons de l'histoire ont appris à l'homme de la frontière que je suis à se méfier des improvisations hâtives, des projets trop ambitieux, mais elles m'ont appris également que lorsqu'un jugement objectif, mûrement réfléchi, basé sur la réalité des faits et l'intérêt supérieur des hommes, nous conduit à des initiatives nouvelles, voire révolutionnaires, il importe de nous y tenir fermement et de persévérer." Eté 1963, peu avant sa mort le 4 septembre, in Pour l'Europe.

"L'Europe se cherche. Elle sait qu'elle a en ses mains son propre avenir. Jamais elle n'a été si près du but. Qu'elle ne laisse pas passer l'heure de son destin, l'unique chance de son salut."

"Nous devons faire l’Europe non seulement dans l’intérêt des peuples libres, mais aussi pour pouvoir y accueillir les peuples de l’Est qui, délivrés des sujétions qu’ils ont subies jusqu’à présent, nous demanderaient leur adhésion et notre appui moral." 1963.

Le plan Schuman

Face à l’écheveau diplomatique de l’Europe après la guerre, entre 1945-1950, Robert Schuman estime qu au-delà du démantèlement du militarisme allemand, il faut établir et fortifier de véritables liens européens pour qu’une paix durable soit possible. Il recherche donc une solution qui unisse la France et l'Allemagne non seulement en parole, mais aussi en intérêts.

Il saisit au vol l'idée prometteuse que lui soumet Jean Monnet: unifier la production du charbon et de l'acier sous une Haute Autorité supranationale. Le projet est annoncé en grande pompe le 9 mai 1950 par Robert Schuman lui-même, au cours d’une grande conférence de presse au Quai d’Orsay.

Cette volonté sera concrétisée par la signature du premier traité entre l'Allemagne, l'Italie, les Pays-Bas, la Belgique, le Luxembourg et la France, le 18 avril 1951. L’association s’enracine dans des réalisations concrètes. La Communauté Européenne du Charbon et de l’Acier (CECA) n’est pas seulement une union douanière, le volume de la production et les prix de vente sont fixés par une Haute Autorité dont le pouvoir est contrebalancé par une Assemblée de la CECA et une Cour de Justice. 

Désormais, avec 160 millions d’habitants, 210 millions de tonnes de charbon et 33 millions de tonnes d’acier produites, la CECA devient un interlocuteur de poids dans les relations économiques internationales. Konrad Adenauer, Alcide de Gasperi, Paul-Henri Spaak sont les soutiens indéfectibles de l’entreprise dans leurs pays respectifs.

L’artisan de la construction européenne

Il reste ministre des Affaires Etrangères quatre ans durant, malgré l’instabilité gouvernementale qui caractérise alors la IVème République. Il quitte ce portefeuille pour assumer, de 1958 à 1960, les fonctions de président de l’Assemblée européenne, appelée à devenir par la suite le Parlement européen. Il s’agit, certes, d’un organe exclusivement consultatif, mais ce poste honorifique convient à la stature d’infatigable promoteur de l’idée européenne. A la fin de son mandat lui est décerné le titre de "Père de l’Europe". De 1955 à 1961, il est élu Président du Mouvement Européen International.

Pour être concrète et proche, l’Europe qu’envisage Robert Schuman doit trouver à s’incarner dans des personnes qui représenteraient les aspirations collectives européennes. L’objectif ultime du processus est la concrétisation d’une communauté supranationale, administrée par une autorité suprême unique, dont la légitimité découlerait de la capacité à garantir la paix, de la recherche de prospérité commune à travers une croissance et un développement harmonieux. Cependant, l’Europe qu’il imagine est aussi un espace de culture et de partage qui assurerait l’épanouissement de la création artistique européenne, l’échange des richesses nationales et l’élévation du niveau scolaire.

Après s’être retiré de la vie publique en 1962, Robert Schuman meurt le 4 septembre 1963.