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Biographie : Joseph Bech (1887-1975)

Synthèse 14.09.2013

Homme d'Etat luxembourgeois à classer parmi les pères fondateurs des Communautés européennes, Joseph Bech a joué un rôle essentiel dans la "relance de Messine" débouchant sur la signature du Traité de Rome en 1957.

Joseph Bech

Joseph Bech - Crédits : Commission européenne

Sa vie

Propos choisis

"La primauté, la prééminence même intégrale du juridique sur le politique, tel est l'axe directeur de la politique extérieure des petits pays."

"Il importe de ne pas créer de peuples parias (...) il est nécessaire de faire sortir l'Allemagne de son tragique et inhumain isolement moral pour l'intégrer dans l'ensemble de la collaboration européenne (...) cela doit être le but primordial, supérieur de toute politique visant à la reconstruction de l'Europe et à la paix du monde".

"Il y aura toujours, une Angleterre, une France, une Allemagne, une Italie, même dans une Europe anarchique.

Joseph Bech est né en 1887 à Diekirch (Luxembourg).

Issu d'une famille de notables, il fait des études de droit et s'établit à Luxembourg comme avocat-avoué. En 1914, à l'âge de 27 ans, il est élu au Parlement luxembourgeois en tant que député de la droite.

En 1921, Joseph Bech est nommé ministre de l'Intérieur et de l'Instruction publique. De 1926 à 1937, il occupe le poste de président du gouvernement tout en gérant le portefeuille des Affaires étrangères. Il s'exile à Londres durant l'occupation allemande (1940-1944).

Tirant les leçons des deux guerres mondiales, Joseph Bech est le principal artisan de la redéfinition de la politique étrangère du Luxembourg à travers l'abandon de la neutralité et l'adhésion à l'OTAN.

En 1953, Joseph Bech reprend la présidence du gouvernement jusqu'en 1958. En 1959, il abandonne définitivement le portefeuille des Affaires étrangères. De 1959 à 1964, il préside la Chambre des députés avant de quitter la scène politique à l'âge de 77 ans.

Il meurt 11 ans plus tard, en 1975. 

De la CECA à la Conférence de Messine

Après avoir notamment obtenu que le siège de la Haute Autorité de la Communauté européenne du charbon et de l’acier (CECA) s’installe à Luxembourg, Joseph Bech préside du 1er au 3 juin 1955 la Conférence de Messine à laquelle participent Antoine Pinay pour la France, Walter Hallstein pour l'Allemagne, Paul-Henri Spaak pour la Belgique, Jan Willem Beyen pour les Pays-Bas et Gaetano Martino pour l’Italie.

Après l'échec, en août 1954, du projet de Communauté européenne de défense (CED), cette rencontre permit de redynamiser l’intégration européenne. 

De la Conférence de Messine au Traité de Rome

La conférence de Messine porte essentiellement sur la note présentée par les pays du Benelux, dont Joseph Bech est le représentant luxembourgeois.

Celle-ci fait la synthèse du projet de Jean Monnet proposant à la fois d’entreprendre des actions nouvelles dans les domaines des transports et de l’énergie, plus particulièrement nucléaire, et un Marché commun général. L’accent est mis surtout sur la nécessité d’une autorité commune ayant des pouvoirs réels.

Le comité remplace le mot "intégration" européenne par celui de "construction", ce qui tend à inquiéter les partisans de la coopération intergouvernementale.

Les Six demandent à un comité d'experts d’étudier, sous la présidence de Paul-Henri Spaak, les potentialités d'une union économique générale et d'une union dans le domaine nucléaire.

Ils affirment reconnaître "que la construction d’un Marché commun européen exclusif de tout droit de douane et de toute restriction quantitative est l’objet de leur action […]".

La relance de Messine débouche sur la signature du Traité de Rome en 1957 par les six États membres de la CECA.