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Biographie : Harold MacMillan (1894-1986)

Synthèse 14.09.2013

Premier ministre de la Grande-Bretagne et chef du parti conservateur pendant les années 1950, Harold Mac Millan fut le promoteur de la première candidature du Royaume-Uni à la Communauté économique européenne.

Harold Macmillan

Harold Macmillan - Crédits : Commission européenne

Sa vie

Propos choisis

"Dans ma longue expérience de la politique, je n’ai jamais constaté que l’ignorance fût un obstacle à la politique."

"Quand vous êtes à l’étranger, vous êtes un homme d’Etat. Quand vous êtes dans votre pays, vous êtes un homme politique."

"Un ministre est toujours en équilibre entre un cliché et une indiscrétion."

Né en 1894 d'un père écossais et d'une mère américaine, il grandit dans un milieu londonien modeste, et  étudie à Eton puis au Balliol College d'Oxford.

Après  l’armistice de la Première guerre mondiale, au cours de laquelle il a servi comme grenadier, il part pour le Canada comme aide de camp du Gouverneur général. De retour en Angleterre, il est élu député conservateur à la Chambre des Communes en 1924.

Pendant l'entre-deux-guerres, il est écarté du pouvoir en partie en raison de ses opinions corporatistes et collectivistes exprimées dans une série de pamphlets et dans son livre The middle way (1938). Il sera cependant régulièrement réélu député à la Chambre des Communes.

A la suite de l'entrée en guerre de la Grande-Bretagne, Harold Mac Millan devient sous-secrétaire parlementaire au Ministère du ravitaillement au sein du gouvernement Churchill de 1940, puis il est nommé ministre résident britannique au Quartier général des Forces alliées à Alger, de 1942 à 1945.

Lors de la libération de l'Europe continentale par les Alliés, il exerce de hautes responsabilités. Il devient, entre autres, président de la Commission alliée en Italie.

Au lendemain de la Seconde guerre mondiale

Au lendemain de la Seconde guerre mondiale, Harold Mac Millan oeuvre pour le maintien de la paix en Europe. Il rejoint l'"United Europe Movement", une organisation qui milite pour une union politique d'Etats souverains. Très actif au sein du Mouvement européen international, il représente la Grande-Bretagne lors des rencontres mondiales. Le 23 mars 1950, il réclame à la Chambre des Communes un contrôle communautaire des industries sidérurgiques et minières de l'Europe occidentale, y compris celles de Grande-Bretagne.

Dès lors sa carrière politique s'accélère. Après avoir été nommé ministre du Logement et du Gouvernement local en 1951, il devient secrétaire d'Etat aux Affaires étrangères en 1955  et participe aux négociations d'adhésion à l'Union de l'Europe occidentale (UEO).

Nommé chancelier de l'Echiquier de 1955 à 1957, il est à la tête, en 1956, du Conseil des Ministres de l'Organisation européenne de coopération économique (OECE) qui répartit les fonds américains du plan Marshall d'aide à la reconstruction de l'Europe. Il propose, à cette occasion, la création d'une zone de libre-échange industriel entre les pays de l'OECE, ce qui constitue un revirement dans la politique commerciale britannique, jusqu'alors très protectionniste.

Les tentatives d’adhésion à la CEE

En 1957, l'année de la signature du Traité de Rome qui crée la Communauté économique européenne (CEE), il succède, à l'issue de la crise de Suez, à Anthony Eden au poste de chef du gouvernement. Face à une opposition travailliste proeuropéenne, Mac Millan choisit d'amorcer les négociations d'adhésion du Royaume-Uni à la CEE.

En juin 1962, Mac Millan fait part à Charles de Gaulle de son désir de participer à une Europe conforme à la conception gaullienne, de type confédéral. Il se heurte cependant en 1963 au veto du Président français qui soupçonne le Royaume-Uni d'allégeance aux Etats-Unis.

Le dessein de Mac Millan de faire entrer la Grande-Bretagne dans la Communauté européenne sera poursuivi par les chefs de gouvernement ultérieurs : le travailliste Harold Wilson de 1964 à 1970 et le conservateur Edward Heath de 1970 à 1974.

Après avoir de nouveau essuyé un refus de la part de Charles de Gaulle à la suite de sa deuxième candidature en 1967, la Grande-Bretagne fera son entrée dans la CEE, en partie grâce au soutien de Georges Pompidou, le 1er janvier 1973.

Le retrait de la vie politique

En dehors de son engagement européen, Harold Mac Millan participe activement à la détente entre les Etats-Unis et l'URSS et à la paix internationale en signant, en 1963, le traité d'interdiction des essais nucléaires atmosphériques.

La même année, à la suite d’une série de scandales, Mac Millan est contraint de quitter le poste de chef de gouvernement. En 1964, il quitte le Parlement et se place en retrait de la vie politique.

Sélection d'ouvrages de Harold MacMillan

  • Peter Catterall éd., The Macmillan diaries : the cabinet years, 1950-1957, Macmilland, Londres, 2002.
  • At the end of the day (1961-1963) [A la fin de la journée], Macmillan, Londres, 1973, 572p.
  • Pointing the way (1959-1961) [Montrer la voie], Macmillan, Londres, 1972, 504 p.
  • Riding the storm (1956-1959) [Chevaucher la tempête], Macmillan, Londres, 1971, 786 p.
  • Tides of fortune (1945-1955) [Les Marées de la fortune], Macmillan, Londres, 1969, 729 p.