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Biographie : Federica Mogherini, Haute représentante de l'Union pour les affaires étrangères et la politique de sécurité

Synthèse 17.11.2014

L'italienne Federica Mogherini est depuis le 1er novembre 2014, la haute-représentante de l'UE pour les Affaires étrangères et la politique de sécurité, pour un mandat de 5 ans. Désignée le 30 août 2014 à ce poste par les chefs d'Etat et de gouvernement de l'Union, elle succède à la Britannique Catherine Ashton. Elle occupe également la fonction de vice-présidente de la Commission européenne.

Federica Mogherini

Mme Mogherini est membre du Parti démocrate italien (PD), au sein duquel elle a exercé plusieurs responsabilités concernant essentiellement les questions internationales.

Diplômée de sciences politiques à l'université de Sapienza (Rome) après un séjour Erasmus à Aix-en-Provence, elle parle aujourd'hui couramment l'anglais, le français et l'espagnol. Elle est l'auteure d'un mémoire sur les rapports entre religion et politique dans les pays islamiques.

Mme Mogherini est, entre autres, membre de l'Institut des Affaires internationales (IAI) italien, du Conseil Etats-Unis - Italie (CONSIUSA), du German Marshall Fund of the United States, du Réseau du leadership européen pour le désarmement nucléaire multilatéral (ELN) et du groupe de personnalités éminentes (GEM) de la Commission préparatoire de l’Organisation du Traité d’interdiction complète des essais nucléaires.

Née le 16 juin 1973 à Rome, elle est la fille du réalisateur, scénariste et costumier Flavio Mogherini.

Sa carrière politique

L'engagement politique de Federica Mogherini débute en 1988, lorsqu'elle adhère aux jeunesses communistes (FGCI). Elle rejoint ensuite l'organisation de jeunesse du Parti démocrate de la gauche (PDS, tendance social-démocrate majoritaire issue de la dissolution du Parti communiste en 1991, qui devient les Démocrates de gauche – DS - en 1998).

En 2001, elle intègre les instances dirigeantes du parti des Démocrates de gauche : le Conseil national, puis le Bureau exécutif et le comité politique.

C'est en 2003 qu'elle commence à travailler pour le département des affaires étrangères du parti, dont elle devient ensuite coordinatrice. Puis elle se voit confier la responsabilité des questions internationales au cabinet de Piero Fassino, alors président des Démocrates de gauche.

Après la création du Parti démocrate italien (PD) en 2007, elle rejoint le cabinet de son nouveau président Walter Veltroni (dont elle était déjà l'assistante lorsque ce dernier était maire de Rome).

A 35 ans, en 2008, elle est élue pour la première fois à la Chambre des députés. Elle siège à la commission des Affaires étrangères, accède au poste de secrétaire de la commission de la Défense et prend place au sein des délégations italiennes pour l'assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe et l'Union de l'Europe occidentale (UEO).

En février 2009, elle devient responsable de la politique d'égalité des chances ("Pari Opportunità") au bureau exécutif du parti démocrate, sous la direction de son président Dario Franceschini.

La même année, elle œuvre à la l'adhésion du parti au groupe des sociaux-démocrates au Parlement européen (le PD était précédemment affilié aux libéraux).

Réélue en 2013, elle continue de siéger dans les commissions des Affaires étrangères et de la Défense, mais également au sein de la délégation italienne auprès de l'assemblée parlementaire de l'OTAN, dont elle obtiendra la présidence. Elle coordonne par ailleurs le groupe interparlementaire pour la coopération au développement.

En décembre 2013, le nouveau président du parti Matteo Renzi confie à Federica Mogherini la responsabilité des questions européennes au sein du bureau exécutif national. Devenu président du Conseil, il la propulse au poste de ministre des Affaires étrangères le 22 février 2014, où elle succède à Emma Bonino.

Fort de son succès aux élections européennes de mai 2014, le jeune chef de l'exécutif italien pousse alors la candidature de Mme Mogherini à la tête de la diplomatie européenne. Un choix finalement approuvé par le Conseil européen du 30 août 2014, malgré les réticences de plusieurs pays d'Europe de l'Est qui craignent de sa part un manque de fermeté vis-à-vis de la Russie.

Une ministre russophile ? 

Mme Mogherini s'est en effet forgé malgré elle une réputation de "russophile" (la présidente de Lituanie a employé le terme de "pro-Kremlin"), notamment après sa visite en juillet à Moscou, la publication sur son blog d'une photo avec Vladimir Poutine et l'invitation faite à ce dernier de participer à un sommet économique à Milan en octobre.

Mais d'autres analystes considèrent que les positions "conciliantes" de Mme Mogherini vis-à-vis de la Russie correspondent avant tout aux intérêts de l'Italie, très dépendante du gaz russe, et devraient évoluer différemment au poste de haut-représentant de l'Union.

D'autres critiques ont pu souligner son manque d'expérience, Mme Mogherini n'ayant été ministre que six mois. Une accusation dont elle s'est défendue, en soulignant qu'elle s'était occupée des questions internationales pendant 20 ans. Il reste toutefois difficile aujourd'hui de définir les principes qui guideront sa future politique européenne.

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