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Biographie : Etienne Davignon

Synthèse 14.09.2013

Etienne Davignon a contribué à la construction européenne par son rapport sur le rapprochement des politiques étrangères européennes.

Etienne Davignon

Etienne Davignon - Crédits : Commission européenne

Sa vie

Propos choisis

"C'est dans le domaine de la concertation des politiques étrangères qu'il convient de faire porter concrètement les premiers efforts pour manifester aux yeux de tous que l'Europe a une vocation spécifique."
in Rapport Davignon, 1970.

"[Je] suis toujours plus convaincu que sans industrie il n'y a pas de grande économie et que l'industrie ne peut se développer et accepter les dures règles de la compétitivité que dans la mesure où le pouvoir public veille à ce que l'environnement lui demeure favorable."
in Les nouvelles frontières de l'Europe, de Louis Jung, Raymond Barre et Pascal Lorot, Fondation Robert Schuman, Economica, Paris, 1993, p. 112.

Etienne Davignon, de nationalité belge, est né à Budapest (Hongrie) le 4 octobre 1932.

Après avoir obtenu un doctorat de droit, il entre au ministère des Affaires Etrangères de Belgique où il devient chef de cabinet des ministres Paul-Henri Spaak et Pierre Harmel.

En 1969, il est nommé au poste de ministre des Affaires étrangères de Belgique, qu'il conserve jusqu'en 1976. Etienne Davignon est alors très étroitement associé à la politique africaine de la Belgique et au processus de décolonisation du Congo belge.

Il participe également à l'élaboration du rapport Harmel sur l'avenir de l'Organisation du Traité de l'Atlantique Nord (OTAN).   

1970 : le rapport Davignon

A la suite du Sommet de La Haye, Etienne Davignon est nommé à la tête d'un comité de hauts fonctionnaires, chargé d'élaborer des propositions et dont le but est de relancer la politique étrangère commune européenne.

Le 27 octobre 1970, le Conseil des ministres de la Communauté européenne approuve le "Rapport Davignon" qui prévoit la mise en place d'un mécanisme d'information et de consultation dans le domaine de la politique étrangère.

Ce texte préconise l'organisation de réunions semestrielles des ministres des Affaires étrangères des pays de la communauté économique européenne (CEE), ainsi que des rencontres trimestrielles d'un Comité politique.

Ce dernier, composé des directeurs des affaires politiques des ministères des Affaires étrangères, aurait pour mission de préparer les réunions et d'en assurer l'exécution. En outre, il prévoit la mise en place dans chaque ministère d'un correspondant européen, afin de faciliter l'information entre les administrations des pays de la Communauté. Enfin, le rapport spécifie que le président du Conseil des ministres a l'obligation de transmettre chaque année une communication au Parlement européen sur l'état de la coopération politique.

La "méthode" Davignon repose sur la souplesse, car elle n’impose ni cadre juridique ni obligation contraignante, mais consiste en un simple engagement des gouvernements à se consulter régulièrement. Ce mécanisme est renforcé à deux reprises, lors des Sommets de Paris et de Copenhague, par la définition d’une procédure d'urgence et une intensification des consultations.

Un second "Rapport Davignon", adopté en juillet 1973, vise à renforcer la coopération en prévoyant que "sur les questions de politique étrangère, chaque Etat s'engage en règle générale à ne pas fixer définitivement sa propre position sans avoir consulté ses partenaires."   

1981-1985 : le plan de restructuration de l'industrie européenne

La fin des années 1970 marque une nouvelle étape dans sa carrière. C’est dans un tout autre domaine de la construction communautaire qu’Etienne Davignon laisse son empreinte dans les années suivantes.

Entre 1973 et 1977, Etienne Davignon préside le Comité exécutif de l'Agence internationale de l'énergie nouvellement créée. L'année 1977 marque son retour aux affaires communautaires en tant que commissaire européen chargé du marché intérieur et des affaires industrielles, de l'énergie et de la recherche.

Il occupe ensuite le poste de vice-président de la Commission européenne, de 1981 à 1985. Son passage dans cette institution est marqué par l'élaboration d'un plan de grande envergure qui vise à remédier à la surproduction dans le domaine de l'acier et à la spirale de baisse des prix dans laquelle se sont engagés les industriels, soucieux de préserver leurs parts de marché.

Ce plan prévoit, entre autres, le contingentement des livraisons d'acier, la fixation de prix minima, l'instauration d'un système de licences d'importation et enfin la restructuration des sidérurgies nationales afin de réduire la capacité de production communautaire.

Etienne Davignon négocie d'importants accords commerciaux et industriels avec les Etats-Unis, le Japon et la Chine, qui confirment sa conviction qu’il est nécessaire que l’Europe parvienne à parler d’une seule voix sur ces sujets.

Au début des années 1980, il définit au niveau européen une nouvelle stratégie en matière de recherche et de développement, en mettant en place un premier programme-cadre de recherche et de développement technologique.

Au titre de commissaire à la recherche, il s'efforce de coordonner et de cibler les efforts de la communauté scientifique européenne et de dégager des moyens financiers supplémentaires afin d'assurer un développement rapide tant qualitatif que quantitatif de la recherche européenne.

Des actions concrètes sont mises en oeuvre au travers de programmes horizontaux afin de jeter les premières fondations d'un Espace européen de la recherche et de programmes spécifiques, notamment dans les domaines des technologies de l'information, des télécommunications, de l'environnement, ainsi que de projets de démonstration dans le domaine énergétique.

En 1983, il devient président de la fondation Paul-Henri Spaak. Il préside également l'Institut Catholique des Hautes Etudes Commerciales et l'Institut Royal des Relations Internationales.

Parallèlement, il continue de siéger au sein de plusieurs conseils de grandes entreprises.

Sélection d’ouvrages d’Etienne Davignon

  • "La Commission face à de nouveaux défis", in Quel avenir pour la Commission européenne? The Philip Morris Institute for public policy research, Bruxelles, 1995, 93 p.
  • "Communauté européenne et industrie" in Louis Jung, Raymond Barre, Pascal Lorot, Les nouvelles frontières de l'Europe, Fondation Robert Schuman, Economica, Paris, 1993, 216 p.
  • Rapport sur les problèmes de l'unification politique adopté par les ministres des Affaires étrangères des Six, dit "Rapport Davignon", Luxembourg, 27 octobre 1970 (des extraits sont consultables dans L'Union politique de l'Europe, Jalons et textes, Pierre Gerbet, Françoise de La Serre et Gérard Nafilyan, La Documentation française, Paris, 1998, 498 p.)