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Belgique : l'élection de la dernière chance ?

Actualité 13.06.2010

Les Belges sont invités à se rendre aujourd'hui aux urnes afin de désigner 150 députés et 40 sénateurs. Des élections anticipées suite à la démission du Premier ministre Yves Leterme, présentée le 22 avril dernier et acceptée par le roi Albert II quatre jours plus tard, face à l'impossibilité de résoudre les conflits opposant depuis plusieurs années Flamands et Wallons. Un scrutin dont certains espèrent qu'il fera enfin naître un gouvernement de coalition, mais qui semble aux vues des premiers sondages donner vainqueurs les indépendantistes.

Alors que l'avenir de la Belgique se joue dans l'isoloir ...

Vote obligatoire

La Belgique est l'un des derniers pays d'Europe, et même du monde, dans lequel le vote est obligatoire. L'abstention est en effet réprimée d'une amende, voire d'une radiation des listes électorales. Elle a pourtant été très forte ces dernières années, entraînant un relâchement des sanctions. Les bulletins blancs et nuls pourraient à nouveau faire la différence à l'occasion de ces élections législatives.

A la lecture des quotidiens belges ce matin, le doute n'est plus permis : les élections législatives qui se déroulent ce dimanche 13 juin sur l'ensemble du territoire sont d'une importance capitale.

"Les Belges jouent leur avenir" titre La Libre Belgique, pendant que Le Soir rappelle à ses concitoyens qu'ils doivent "Elire une nouvelle Belgique". Mais c'est bel et bien le titre de De Morgen, "Tout le monde a peur de Bart De Wever", qui semble le plus coller à l'enjeu électoral qui se joue dans les urnes.

En effet, un récent sondage publié par NVA donne le leader de la Nouvelle alliance flamande (NVA), un parti qui prône la disparition de l'Etat unitaire, grand vainqueur de ces élections ... bien loin donc des rêves de coalition qui ont suivi la démission d'Yves Leterme.

Si le parti indépendantiste flamand venait à l'emporter, Bart De Wever se retrouverait donc à la tête d'un Etat fédéral ... qu'il souhaite voir disparaître ! Il pourrait alors avoir à travailler, du côté francophone, avec le Parti socialiste que les sondages crédites d'un tiers des voix. Son leader Elio Di Rupo pourrait également prétendre au titre de chef du gouvernement.

Ce dernier a déjà fait savoir qu'il militerait en cas de victoire pour une réforme institutionnelle qui devra être négociée avec les partis flamands, qui pourraient s'aligner sur les positions assez extrêmes de la NVA, ou au contraire adopter une vision plus souple.

En effet, francophones et néerlandophones s'opposent sur la forme même à donner à l'Etat belge : alors que les premier souhaitent maintenir l'Etat fédéral, lles secondes s'orientent désormais vers l'idée d'une "confédération" des deux grands régions, la Flandre et la Wallonie, tout en maintenant un noyau central qui n'aurait plus d'étatique que le nom.

Le score des partis indépendantistes flamands sera donc déterminant ce soir.

... la France appelle à l'unité de l'Etat belge

La crise institutionnelle que traverse la Belgique pourrait affecter toute l'Europe, et les autres Etats membres en ont bien conscience.

Premièrement car en temps de crise financière et économique une séparation de la Wallonie et de la Flandre affaiblirait énormément l'Etat qui figure parmi les fondateurs de l'Europe. Et deuxièmement puisque la Belgique, dont la capitale héberge la quasi-totalité des institutions européennes, doit prendre la présidence de l'Union européenne au 1er juillet prochain.

Interrogé ce matin par la RCJ, le Secrétaire d'Etat français aux Affaires européennes Pierre Lellouche a déclaré que "tout le monde a besoin d'une Belgique unie" et jugé que le point de non retour n'était pas encore atteint entre francophones et néerlandophones, tout en reconnaissant que l'affirmation des régions est inévitable.

Pierre Lellouche a rappelé que d'autres pays, comme le Canada, ont connu des conflits linguistiques mais que, à sa connaissance, "le Québec est toujours à l'intérieur du Canada".

Les premiers résultats, qui devraient être communiqués en début de soirée, devraient donner une bonne idée des enjeux à venir pour la Belgique.



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