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Au sommet de Weimar, Merkel, Sarkozy et Komorowski ont tenté d'arrondir les angles

Actualité 08.02.2011

C'est dans une ambiance peu enjouée que le triangle de Weimar s'est réuni hier à Varsovie pour son vingtième anniversaire. Plus que la pluie battante, ce sont les souvenirs encore vifs du Conseil européen qui ont dissous l'enthousiasme du trio Merkel, Sarkozy et Komorowski. En conférence de presse, ils ont préféré insister sur les points consensuels (la coopération culturelle ou leur convergence de vues sur la défense) que sur celui qui fâche : le pacte de compétitivité proposé par l'Allemagne et la France et mal vécu par leurs partenaires.

Qu'est ce que le triangle de Weimar ?

"Le triangle de Weimar, ça n'est pas seulement des réunions politiques au sommet, c'est aussi une coopération au niveau de la société civile", ont souligné MM. Merkel, Sarkozy et Komorowski, comme pour faire oublier que, sur la coopération politique justement, l'ambiance n'était pas au beau fixe. Ils ont préféré s'étendre sur la déclinaison des échanges entre la France, l'Allemagne et la Pologne dans les domaines de la politique sociale, la jeunesse, la coopération scientifique ou encore la culture. Ils ont notamment parlé de relancer le partenariat entre la chaîne franco-allemande ARTE et la télévision publique polonaise, qui avait été interrompu il y a quelques années.

Autre sujet de convergence, qui a été, à ce titre, largement évoqué : l'Europe de la défense. Le Président Sarkozy s'est réjoui de la place que cette priorité française de longue date occupe sur l'agenda de la présidence Polonaise du Conseil de l'UE, prévue pour le second semestre 2011. Angela Merkel a confirmé que l'Allemagne s'y ralliait pleinement.

Mais l'ombre du Conseil européen est revenue avec les questions des journalistes. Paris et Berlin ont présenté la semaine dernière à Bruxelles à leurs partenaires européens un "pacte de compétitivité", démarche que la Pologne n'avait pas vue d'un très bon œil. Le Premier ministre Donald Tusk s'était indigné de la façon dont les autres Etats se faisaient traiter par le couple franco-allemand, qui pour la seconde fois, avait imposé aux Vingt-Sept leur solution. L'ambiance était donc tendue à Varsovie.

Pourtant, M. Sarkozy et Mme Merkel ont fermement encouragé la Pologne à se joindre à ce pacte, avec l'idée qu'elle rejoigne prochainement la zone euro. La Chancelière l'a dépeinte comme un pays "sérieux", qui a su "mettre en place des réformes difficiles en dépit des résistances".

Quant à l'idée, évoquée elle aussi par un journaliste, d'associer plus étroitement la Russie aux relations franco-germano-polonaises, elle a reçu un accueil nettement plus mitigé de la part de Bronisław Komorowski, qui a exprimé son adhésion à demi-mot, la où Nicolas Sarkozy souhaiterait encourager "tout ce qui pourra faire comprendre que la guerre froide est derrière nous". A ce titre, il a félicité son homologue polonais pour son rapprochement avec la Russie, "conforme aux décisions prises avec la Chancelière Merkel à Deauville". Quant à une rencontre quadripartite, c'est "avec plaisir" que la France y participerait, si la Pologne, hôte des sommets de Weimar cette année, devait l'organiser.


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