Derniers articles publiés

Au-delà du traité modificatif, quelles priorités pour l’Union européenne ?

Actualité 06.09.2007

Jeacques Barrot et Philippe Herzog © Fondapol"A quoi sert la nouvelle Europe ?" A l'occasion de la publication d'une nouvelle note, les invités de la Fondapol (Jacques Barrot, vice-président de la Commission européenne en charge des transports, Sir Stuart Bell, député britannique, Francis Mer, ancien ministre de l’Economie et Philippe Herzog, président de Confrontations Europe) ont débattu, des grands objectifs que devrait se fixer l'Union une fois le Traité modificatif entré en vigueur.

Les quatre personnalités s'accordent sur certains objectifs prioritaires pour l'Union. La politique de l'énergie, couplée avec celle de l'environnement sera l'un des grands chantiers de l'Union pour les prochaines décennies. Francis Mer a souligné ici l'exceptionnelle convergence des inquiétudes des Européens sur le changement climatique, qu'il ne faudra pas décevoir. L"Europe de l'Intelligence", de la formation à l'innovation, a également suscité de nombreux commentaires. Jacques Barrot a souligné combien il était crucial d'adopter une "vraie stratégie du partage et du développement du savoir", appuyé par Philippe Herzog qui a insisté sur l'importance de créer une "émulation européenne" dans les écoles, en favorisant l'acculturation des élèves.

Philippe Herzog et Jacques Barrot se sont rejoints sur l'enjeu des négociations commerciales, le vice-président désirant ainsi assurer une "Europe protectrice" dans la mondialisation, le président de Confrontation Europe soulignant l'importance d'une Europe unie à l'OMC, face aux pays émergeants. Quant à Sir Stuart Bell, il a porté une attention particulière à l'élaboration d'une politique étrangère. Nicolas Sarkozy se rapprochant des Etats-Unis quand la Grande-Bretagne s'en éloigne, il considère qu'il y a là une véritable fenêtre d'opportunité pour l'Union.

Si la plupart des intervenants paraissaient tous très confiants sur l'avenir de l'Union européenne, Francis Mer a adopté un ton nettement plus pessimiste. Il est pour lui plus que nécessaire de gagner l'adhésion des Européens à la Construction européenne. La mémoire de la première moitié du XXème siècle, sur laquelle s'est fondée l'Europe, est en train de se perdre. Il faut à présent expliquer aux citoyens "à quoi sert la nouvelle Europe". Il a ainsi encouragé la Commission européenne à engager une "vraie" politique de communication, d'après lui jusqu'à présent timide, malgré des intentions louables. Tous s'accordaient d'ailleurs à dire que l'Union devait faire renaître "désir" et "espoir" chez ses citoyens, mais aussi auprès de la société civile et des entreprises.

Enfin, tous les intervenants ont exprimé le souhait de voir le pouvoir de la Commission se renforcer et surtout gagner en ascendant sur le Conseil. C'est selon eux la seule voie possible pour que les futures grandes priorités de l'Union puissent aboutir à des résultats tangibles. Philippe Herzog a d'ailleurs saisi cette occasion pour expliciter son projet de nouvel Acte unique européen, souvent mal compris. Il s'agit pour lui de définir un agenda strict, précis et cohérent d'objectifs politiques soutenus par les citoyens européens et donnant un mandat fort à la Commission.