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Après les déclarations de Nicolas Sarkozy, quel avenir pour les relations entre l’OTAN et l’Union européenne ?

Actualité 21.04.2008

Peu après son élection à la Présidence de la République, Nicolas Sarkozy a annoncé son souhait de voir la France réintégrer le commandement militaire de l’OTAN. Selon lui, la France doit renouveler sa relation avec l’Alliance atlantique, pour mieux  approfondir la Politique européenne de sécurité et de défense. La voie pour une amélioration de la coopération entre l’UE et l’OTAN est donc ouverte, comme le montre une étude de Tomas Valasek pour le think tank britannique Centre for European Reform.

Peu après son élection à la Présidence de la République, Nicolas Sarkozy a annoncé son souhait de voir la France réintégrer le commandement militaire de l’OTAN. Selon lui, la France doit renouveler sa relation avec l’Alliance atlantique, pour mieux  approfondir la Politique européenne de sécurité et de défense. La voie pour une amélioration de la coopération entre l’UE et l’OTAN est donc ouverte, comme le montre une étude de Tomas Valasek pour le think tank britannique Centre for European Reform.

 

La France et l’OTAN ont une relation compliquée. En 1966, le Général de Gaulle a retiré les officiers français du commandement militaire intégré de l’OTAN. Jacques Chirac, quant à lui, a cherché à construire la PESD et s’est battu pour que l'Alliance atlantique ne s’occupe pas des nouvelles menaces sécuritaires. L’UE était à ses yeux une alternative à l’OTAN. Or, selon Tomas Valasek, cette politique a surtout affaibli et divisé l’Europe. La position de Nicolas Sarkozy laisse à penser que la querelle ruineuse entre les deux organisations de sécurité en Europe pourrait bientôt prendre fin.

 

Pour atteindre cet objectif, un certain nombre de conditions devront être réunies. La France devra d’abord combattre les résistances de sa haute administration et éviter que les objectifs ambitieux qu’elle affiche en matière de PESD ne fassent échouer le rapprochement avec l’OTAN. Le Royaume-Uni accueillerait avec bienveillance un plein retour de la France au sein de cette organisation, mais reste mitigé sur les idées françaises concernant la PESD. Les deux pays devront trouver un compromis qui permette à la fois à la France de revendiquer un progrès en matière de PESD et de répondre au désir britannique de renforcer la coopération entre l’UE et l’OTAN.

 

Pour Tomas Valasek, la possibilité devrait être donnée à l’OTAN de mener des missions planifiées conjointement avec des organisations non militaires, dont l’UE, les Nations Unies voire des organisations non gouvernementales. L’OTAN et l’UE devraient travailler ensemble le plus tôt possible sur les opérations pour lesquelles elles sont susceptibles d’intervenir.

 

Les Etats-Unis devront s’accorder avec la France sur les postes du commandement de l’OTAN qui seront attribués aux officiers français. Pour l'auteur, Paris ne pourrait pas trouver de meilleur moyen de prouver son intérêt renouvelé pour l’OTAN qu’en envoyant de nouvelles troupes dans le sud de l’Afghanistan. Une autre question à aborder entre Paris et Washington est celle de la place de l’UE au sein de l’OTAN. Les Américains sont réticents à l’idée de ne plus pouvoir parler individuellement avec chacun des Etats européens. L’UE doit donc prouver à ses alliés extra européens qu’il y a un intérêt à traiter directement avec l’Union plutôt qu’avec ses Etats membres.

 

Autre constat fait par Tomas Valasek : la Turquie est opposée au rapprochement entre l’UE et l’OTAN. C’est une façon pour elle de "punir" l’UE d’avoir accueilli Chypre en son sein et de traîner les pieds sur sa propre procédure d’adhésion. Ankara se trouve maintenant isolée, puisque la France ne bloque plus les liens entre l’UE et l’OTAN. Une des possibilités évoquées serait un partenariat Turquie-UE sur la PESD, qui permettrait à l’UE d’accéder aux ressources militaires de la Turquie et à la Turquie d’avoir son mot à dire dans la politique européenne de défense. Paris aura certainement un rôle à jouer pour convaincre Chypre et la Grèce d’accepter un tel rapprochement.

 

 Tomas Valasek, France, NATO and European defence, Centre for European Reform, March 2008.