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Après la pause estivale, les négociations reprennent pour la Grèce

Actualité 21.08.2012

Le week-end prochain sera classé rouge sur les routes de France et d'Europe, signe d'un retour des Européens chez eux, mais pour le Premier ministre grec les affaires reprendront malheureusement plus tôt. La pause estivale aura en effet été de courte durée pour le chef du gouvernement d'Athènes qui reprendra dès demain les négociations avec ses partenaires européens sur la situation de son pays. Un véritable test pour Antonio Samaras à la tête d'une coalition qui le surveille de près, lui qui doit obtenir un nouveau délai pour mettre en place les réformes nécessaires dans son pays. 

Ballet diplomatique européen pour Antonis Samaras

Antonis Samaras devra faire preuve de persuasion cette semaine pour réussir pour ce qui représente sa première grande épreuve européenne depuis son entrée en fonction en juin dernier. Mercredi, il rencontrera en effet à Athènes le président de l'Eurogroupe Jean-Claude Juncker avant de se rendre à Berlin et Paris vendredi et jeudi. L'objectif de cette tournée européenne : obtenir le déblocage de la nouvelle tranche d'aide européenne, d'un montant de 31,5 milliards d'euros, mais aussi un délai supplémentaire pour réaliser l'ajustement budgétaire prévu par le mémorundum signé en mars dernier par la Grèce avec ses créanciers européens.

La Grèce souhaite en effet qu'un délai de deux ans supplémentaires lui soit accordé afin de réaliser les 11,5 milliards d'économies qui lui permettraient de se remettre "dans les clous". Un programme irréalisable cependant sans un allongement du calendrier selon Andreas Papadopoulos, porte-parole du parti de la gauche démocratique. Le journal Les Echos rapporte ainsi que selon des sources internes au ministère des Finances grec, l'étalement jusqu'en 2016 de la période de rigueur permettrait au pays de renouer avec la croissance dès 2014 (+ 2 %) et d'amortir partiellement la récession en 2013 (- 1,5 %). Le maintien de l'échéancier actuel, en revanche, se solderait par un nouveau repli du PIB de 4,5 % l'an prochain et par une croissance nulle l'année suivante.

C'est donc une lourde tâche qui incombe à l'actuel Premier ministre grec : rassurer mais aussi convaincre ses partenaires européens, et permettre que son programme de coupes budgétaires soit accepté par les membres de la coalition au gouvernement, afin d'éviter une nouvelle crise politique en Grèce. Or la chose est loin d'être acquise : s'il se murmure d'un côté qu'un tel accord a déjà été obtenu, d'autres sources indiquent que l'opposition de gauche radicale Syriza menace de barrer l'application de ces mesures avant même leur annonce.

Pour autant, les rencontres prévues en fin de semaine avec les dirigeants allemand et français ne devraient pas être décisifs. Angela Merkel et François Hollande discuteront jeudi lors d'un diner de la situation grecque afin de tenter de définir une position commune. Mais l'Union européenne devrait dans tous les cas attendre le prochain rapport de la troïka (UE-BCE-FMI) fin août et une demande officielle de la Grèce pour statuer sur ce sursis, a indiqué le ministre français chargé des Affaires européennes, Bernard Cazeneuve.

Un peu de souplesse du côté allemand ?

Plutôt connue pour son intransigeance en matière économique, en particulier sur le dossier grec, l'Allemagne pourrait pour une fois faire preuve d'un peu de souplesse. C'est en tout cas ce qu'ont indiqué plusieurs hauts responsable allemands selon un article publié dans Le Monde ce mardi 21 aout.

En effet, alors que le Spiegel laissait entendre que les économies nécessaires à la Grèce seraient plus de l'ordre de 16 que de 11,5 milliards d'euros, l'un des ténors du FPD a précisé qu'un délai supplémentaire pourrait être accordé à la Grèce. "Il ne faudrait pas que tout échoue à cause de quelques jours [de retard]. Le jeu n'en vaut pas la chandelle" a en effet déclaré Christian Linder. Une tendance confirmée par les propos du spécialiste des questions budgétaires du groupe parlementaire conservateur, Norbert Barthle, qui a déclaré au quotidien Passauer Neuer Presse que si "les conditions posées [à la Grèce] doivent rester inchangées, des modifications sont possibles en touchant à quelques petits rouages, comme le niveau des intérêts [payés par Athènes sur les crédits reçus de ses bailleurs internationaux]. Cela serait envisageable".

Des concessions qui, pour l'Allemagne, ne pourront cependant en aucun cas consister en une augmentation de l'aide, comme l'a affirmé au journal allemand Die Welt Michael Meister, numéro deux du groupe parlementaire des députés conservateurs, le camp d'Angela Merkel.