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AOP, IGP, STG : à quoi servent les indications géographiques européennes ?

Actualité 01.08.2018 Sophie Brocard et Wilfried Puisset (avec la rédaction)

Certifications alimentaires garanties par l'UE, les indications géographiques permettent aux producteurs de défendre leurs produits contre les contrefaçons et de valoriser leur savoir-faire à travers l'Europe et même au-delà. La multitude des produits reconnus est à l'image de l'Union européenne : riche de diversité.

Plus de 1600 produits alimentaires identifiables par un label d'indication géographique : c'est ce que propose aujourd'hui l'Union européenne aux consommateurs, afin d'en garantir l'authenticité. Pour obtenir le label de reconnaissance, les producteurs doivent présenter un cahier des charges précis, qui doit être validé par la Commission. Si la demande est acceptée, le producteur devra alors le respecter scrupuleusement, au risque de perdre le label en cas de manquement.

Il existe plusieurs indications géographiques reconnues par l'UE :

  • L'appellation d’origine protégée (AOP) désigne des produits dont la production, la transformation et l'élaboration s'est faite au sein d'une aire géographique déterminée, en mettant en œuvre le savoir-faire des producteurs locaux et des ingrédients provenant de la région concernée.
  • L'indication géographique protégée (IGP) désigne des produits dont la qualité ou la réputation est liée au lieu de production, de transformation ou d'élaboration, mais dont les ingrédients ne proviennent pas nécessairement de cette aire géographique.
  • La spécialité traditionnelle garantie (STG) désigne des produits dont la composition ou les moyens de production présentent un caractère traditionnel sans avoir de lien particulier avec une aire géographique déterminée.

Etablir un droit des indications géographiques européennes permet de se prémunir contre la contrefaçon abusive : les producteurs peuvent au besoin compter sur un recours devant les institutions européennes pour protéger leur monopole. Au sein de l'Union européenne, les indications géographiques permettent d'avoir des conditions de concurrence égales entre les producteurs de biens portant ces mentions.

La reconnaissance des indications géographiques européennes est également un enjeu de commerce extérieur. Celles-ci représentent 15 % des exportations agricoles de l’UE. Dans les négociations commerciales bilatérales, la Commission inclut désormais des clauses de reconnaissance des indications géographiques afin de prémunir les producteurs européens contre la concurrence extérieure. Ainsi les accords avec le Canada (CETA) et le Japon (JEFTA) reconnaissent chacun plusieurs centaines d'indications géographiques européennes.

Afin de donner un aperçu de la diversité des produits, Toute l'Europe a sélectionné les plus anciennes indications géographiques européennes reconnues. Seuls trois pays (Estonie, Luxembourg et Malte) n'ont pas encore d'indications géographiques reconnues par l'UE.

Cliquez sur un pays pour découvrir ses plus anciennes indications géographiques.