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Activité physique en Europe : un bilan préoccupant

Actualité 03.06.2016 sport, spportif

Remettre les Français et les Européens en mouvement. C'est autour de ce thème que s'est tenue au Sénat, mercredi 1er juin, une conférence organisée par le think tank Sport et Citoyenneté, en présence notamment de Najat Vallaud-Belkacem, ministre de l'Education. A notamment été dévoilée une étude portant sur l'activité des Européens, élaborée dans le cadre du projet PASS – Physical Activity Serving Society et conduite par Sport et Citoyenneté avec l'aide de ses partenaires européens.

 

Partenaire de l'événement, Toute l'Europe revient sur les principaux résultats du rapport et a pu interroger l'ancien rugbyman Sébastien Chabal, aujourd'hui à la tête de Chabal Sport Citoyen, un projet destiné aux jeunes.

"Remettre les Français en mouvement" … risque de prendre du temps

À quelques jours de l'Euro 2016 de football, à deux ans des Championnats du monde de handball et en pleine candidature de la ville de Paris aux Jeux Olympiques d'été de 2024, la France multiplie comme rarement auparavant les initiatives sportives de dimension internationale. Un engouement pour les grandes compétitions devant néanmoins être tempérées, comme le souligne Najat Vallaud-Belkacem : "les Français ont bien trop tendance à être plus spectateurs qu'acteurs dans la pratique du sport".

Cette réalité dépasse d'ailleurs très largement nos frontières et se vérifie chez nos voisins européens qui font face aux mêmes problématiques. De fait, plus de 210 millions d'Européens ne pratiquent aucune activité physique. Une "crise de l'inactivité" des populations européennes alarmante selon les experts de la santé et un phénomène bien souvent ignoré par les décideurs politiques partout en Europe.

L'enquête conduite par Sport et Citoyenneté et ses partenaires à travers l'Europe révèle que 84% des dirigeants méconnaissent les chiffres du surpoids et ses conséquences sur la santé publique. L'ampleur de cette ignorance dans les cercles du pouvoir indique par conséquent que le rapport entre activité physique et bonne santé n'est toujours pas systématique alors que de nombreuses études ont déjà apporté les preuves d'une réduction significative du risque de maladie grave en cas de pratique régulière du sport tout au long de la vie.

Or plus un Européen vieillit, plus il diminue son temps de dépense physique. En effet, Martine Duclos, médecin et spécialiste Sport-Santé, rappelle ainsi que l'activité physique doit être pratiquée dès le plus jeune âge pour inculquer sur le long-terme une culture du sport – tant pour la pratique que pour les valeurs qu'il véhicule. Un manque aujourd'hui abyssal en Europe où les nouvelles générations souffrent toutes du mal de la sédentarité. "Il suffit pour un enfant de marcher 200 mètres par jour pour se rendre à l'école pour diminuer significativement le risque de d'obésité", précise Mme Duclos. Sans ce travail, qui doit être impulsé et soutenu par les pouvoirs publics, il est évident que l'Europe ne sortira pas facilement de ce cercle vicieux et que les conséquences malheureuses déjà constatées ne feront que s'aggraver.

Chaque année pourtant, 80 milliards d'euros sont dépensés par les Etats européens pour couvrir les coûts médicaux liés au manque d'activité (maladies cardiovasculaires, diabète de type II) mais aussi ceux directement liés à la baisse de productivité au travail induite par une mauvaise qualité de vie. Le monde de l'entreprise n'est lui aussi pas assez sensibilisé aux bienfaits du sport sur les employés. Martine Duclos rappelle à ce sujet qu'une récente étude américaine a prouvé qu'un dollar investi par l'entreprise pour aider un employé à pratiquer une activité physique lui permettait en contrepartie d'économiser six dollars de perte.

Dans ce contexte, l'heure est désormais à l'urgence pour remettre, non pas seulement les Français, mais l'ensemble des Européens en mouvement. Aujourd'hui, alors que la perte d'autonomie se fait de plus en plus jeune malgré une espérance de vie plus longue, Philippe Dejardin, médecin du sport et directeur adjoint chargé des projets de santé chez Malakoff Médéric, souligne que "le sport a une fonction médicale et d'intégration sociale" qui assurera aux prochaines générations de vivre plus longtemps en meilleure santé. Des solutions simples et réalisables par tous existent pour, qu'à l'école, au travail et même dans le métro, l'activité physique se fasse quotidiennement.

"Faire du sport peut être simple et efficace"

Ce discours est aussi celui de l'ancien rugbyman Sébastien Chabal, invité de la conférence du 1er juin, et aujourd'hui encore impliqué dans le milieu sportif.

Reconnaissant que le "problème de l'activité/inactivité physique était [son] quotidien" du fait de sa carrière professionnelle, l'ancien joueur de l'équipe de France de rugby a créé en 2013 Chabal Sport Citoyen, un projet en premier lieu destiné aux jeunes et une initiative visant à aider les collectivités territoriales à se doter de complexes multisports incitant les jeunes à pratiquer une activité physique. Au-delà de l'aspect sportif, il s'agit pour lui "d'aborder un grand nombre de thèmes de la vie de tous les jours à travers des jeux", explique-t-il.

Pour l'heure, concentré sur le territoire français, Sébastien Chabal ne ferme cependant pas la porte à l'idée d'exporter cette initiative en Europe puisque "les peuples européens sont partout confrontés à ces mêmes problématiques". C'est pourquoi l'ancien deuxième et troisième ligne apporte tout son soutien aux ambitions sportives internationales que la France affiche régulièrement, et insiste sur le caractère important de ces futurs évènements pour "inviter les gens à pratiquer", pariant sur le fait que "les enfants vont submerger les clubs de nouvelles demandes de licence la saison prochaine".