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Accord historique sur le programme nucléaire iranien

Actualité 25.11.2013

"Nous sommes parvenus à un accord". C'est par ce court message, posté dans la nuit sur Twitter, que Michael Mann, le porte-parole de la diplomate en chef de l'Union Européenne, Catherine Ashton et le ministre iranien des Affaires étrangères Mohammad Javad Zarif, ont annoncé la fin des négociations avec l'Iran. Après quatre jours de discussions "difficiles" sur le programme nucléaire iranien, les grandes puissances et Téhéran sont parvenus à un accord au milieu de la nuit de samedi à dimanche 24 novembre à Genève.

Ashton & Mohammad Javad Zarif

Il ne s’agit certes que d’un accord provisoire. Mais le compromis négocié à Genève entre les représentants des "5 +1"(les cinq membres du Conseil de sécurité (Etats-Unis, Russie, Chine, France, Royaume-Uni) plus l’Allemagne) et l’Iran n’en est pas moins historique.



Catherine Ashton, Haute représentante de l'Union européenne pour les affaires étrangères, est la négociatrice mandatée par les grandes puissances sur le dossier du nucléaire iranien.

Du nucléaire civil, pas militaire

L'accord "confirme le droit de l'Iran à l'énergie nucléaire civile, mais exclut de sa part tout accès à l'arme nucléaire", a précisé le ministre français des Affaires étrangères, Laurent Fabius. Concrètement, l'Iran n'aura plus le droit d'enrichir l'uranium au-delà de 5% et devra neutraliser ses réserves enrichies à 20%. Téhéran s'engage aussi à stopper le projet de réacteur à eau lourde d'Arak.

L'allégement des sanctions existantes

En échange, les six grandes puissances s'engagent à ne pas imposer de nouvelles sanctions à Téhéran au cours des six prochains mois. Et les sanctions existantes devraient être allégées, permettant à l'Iran d'accéder à des milliards de dollars de revenus liés au pétrole, aux produits pétrochimiques, à l'or et au secteur automobile.

L'Union européenne lèvera ses premières sanctions "en décembre", a indiqué, lundi 25 novembre, Laurent Fabius, pour qui l'accord sur le nucléaire empêchera Téhéran de "faire tout et n'importe quoi" en matière d'enrichissement d'uranium.

Une réunion de l'Union européenne entre les ministres des Affaires étrangères est "prévue dans quelques semaines", a indiqué le ministre des Affaires étrangères. Cette levée des sanctions sera "limitée, ciblée et réversible", a-t-il ajouté, sans préciser les domaines concernés.

Le président de l'Union européenne Herman Van Rompuy a souligné pour sa part qu'il était "maintenant crucial de s'assurer de la mise en oeuvre dans les temps de l'accord et de continuer à travailler, sur la base de la confiance déjà construite, vers un règlement définitif de cette question".

Le texte signé dans la nuit du 23 au 24 novembre sera valable 6 mois. Pendant ce laps de temps, des inspections auront lieu en Iran, tandis qu'une "solution complète" sera négociée.

Toutes les parties satisfaites sauf Israël

 "Pour la première fois en presque une décennie, nous avons arrêté les progrès du programme nucléaire iranien", s’est félicité le président des Etats-Unis.

Barack Obama a toujours déclaré qu’il ferait tout - y compris recourir à la force - pour empêcher l’Iran de se doter d’armes nucléaires. Les Occidentaux et Israël soupçonnent Téhéran de dissimuler un volet militaire derrière son programme civil, ce qu’il nie.

Son homologue iranien Hassan Rohani, réputé modéré et qui a lancé une politique d’ouverture vers l’Occident depuis son élection en juin 2013, a salué une entente qui allait "ouvrir de nouveaux horizons".

Son ministre des Affaires étrangères, Mohammad Javad Zarif, a salué "un résultat important mais (qui) est seulement un premier pas". Il a également réaffirmé le "droit inaliénable" de son pays à l’enrichissement d’uranium. Le texte de Genève contient une "référence claire selon laquelle l’enrichissement va continuer", a-t-il martelé. Le droit à l’enrichissement d’uranium n’est pas mentionné dans le Traité de non-prolifération nucléaire (TNP) dont l’Iran est signataire.

Des propos qui ont suscité l'inquiétude du gouvernement israélien. Le Premier ministre Benjamin Netanyahou a qualifié l'accord de Genève "d'erreur historique" qui "rendra le monde plus dangereux ". De son côté, le ministre de l'Économie Naftali Bennett a assuré qu'Israël n'était pas lié par l'accord de Genève et avait le droit de se défendre. "L'accord laisse intacte la machine nucléaire iranienne et pourrait permettre à l'Iran de produire une bombe dans une période de six à sept semaines. Israël est prêt à toute éventualité", a déclaré le ministre israélien à la radio militaire.