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A J-7 de "l'Election Day", travaillistes et conservateurs sont la tourmente

Actualité 30.04.2015

Retour sur ce qu’il ne fallait pas manquer à une semaine d’un scrutin que personne ne parvient à décrypter. Au menu, un Labour Party évincé de l’Ecosse, des conservateurs abattus par les prévisions de croissance, les raccourcis osés de Nigel Farage et des indépendantistes écossais à la popularité insolente.

Nicola Sturgeon

Coup de tonnerre dans le nord du Royaume-Uni. Un sondage Ipsos MORI paru mercredi 29 avril montre pour la première fois une projection des 59 sièges d’Ecosse pour Westminster entièrement remportés par le Scottish National Party. En 2010, le parti avait remporté seulement six sièges. Cette incroyable victoire aurait pour conséquences de ne laisser aucune place au Labour Party dans cette partie du Royaume-Uni. L’Ecosse a pourtant été historiquement essentielle aux travaillistes pour remporter Westminster. Jim Murphy, le leader de l'antenne écossaise du Labour, lui-même sur le point de perdre son siège, est actuellement dans la ligne de mire du parti. Certains ténors travaillistes, restés anonymes, ont même demandé sa démission. A sept jours du vote, c’est la dynamique de favori qui s’estompe un peu plus au Labour Party.Jim Murphy

La raison du succès du SNP peut en partie se trouver du côté des promesses de campagne du parti indépendantiste. Encore hier Nicola Sturgeon – Première ministre d’Ecosse et leader du parti – défendait l’idée d’une hausse "modeste et responsable" des dépenses publiques et la fin des politiques d’austérité. Une position que peu de partis dits "de gouvernement" peuvent se permettre en ces temps de crise, y compris le Parti travailliste. Or le SNP n’est plus un parti de second ordre. Première formation politique en Ecosse depuis 2007, il revendique aujourd’hui plus de 100 000 membres. Sur l’échiquier politique britannique il est donc le seul à détenir les deux ingrédients miracles pour s’assurer une victoire : des propositions généreuses et la crédibilité d’une influence suffisante pour les mettre en œuvre.

David CameronPas plus qu'au Labour l’humeur n’est à la fête chez les Conservateurs. Hier sont en effet tombés les chiffres de la croissance au dernier trimestre. Contre toute attente et malgré les discours saluant l’efficacité de la politique économique du Premier ministre, la croissance au Royaume-Uni accuse un net ralentissement avec seulement 0,3%. C’est moitié moins que le trimestre précédent et moins bon que la moyenne de la zone euro. Pour David Cameron, qui base toute sa stratégie de campagne sur les bons indicateurs économiques obtenus selon lui par sa politique d’austérité, c’est un coup dur. Ces chiffres appelleront sans doute à être révisés lorsque de plus précises mesures seront disponibles. Cela n'arrivera cependant pas avant l'élection.

 

Nigel FaragePendant ce temps, les tragédies récentes en Méditerranée n’ont pas échappé au leader du parti UKIP. Alors que les instances européennes enchaînent les réunions de crise pour tenter d’apporter les réponses appropriées à un drame humanitaire devenu récurrent, Nigel Farage déploie une toute autre analyse. Selon lui, ces flux de réfugiés risquent de conduire à l’arrivée massive d’extrémistes sur le sol britannique. Arguant des menaces proférées par l’Etat islamique, le député européen et candidat à Westminster a exhorté les deux potentiels "premier ministrables" à se désengager de toute politique commune du droit d’asile en Europe. La sensibilité du sujet est telle en Grande-Bretagne que David Cameron a d’ores et déjà affirmé que le Royaume-Uni n’accueillerait pas plus de réfugiés que les quotas déjà fixés.

A ne pas manquer, ce soir aura lieu le dernier échange télévisé entre les candidats. Seuls David Cameron (conservateur), Ed Miliband (travailliste) et Nick Clegg (libéral-démocrate) participeront à une édition spéciale de l'émission "Question Time" sur BBC One à 20h.

 

* Article écrit dans le cadre d'un partenariat avec notre correspondant en Ecosse Maxime David