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A Athènes, la CES change de visage

Actualité 17.05.2011

Ce n'est pas un hasard si la Confédération européenne des Syndicats (CES) a choisi Athènes pour tenir son 12ème congrès qui s'est ouvert ce lundi. En cure de rigueur ininterrompue depuis des mois, la Grèce symbolise tout ce que combat l'organisation, qui veut faire passer l'Europe de "l'austérité à la prospérité". L'occasion aussi pour John Monks de passer le flambeau, après deux mandats comme secrétaire de la CES. Il est remplacé par la française Bernadette Ségol, familière des arcanes bruxelloises.

Secrétaire générale de la Fédération européenne des services "UNI-Europa", Bernadette Ségol n’a jamais milité dans un syndicat français. L'accueil aura été mouvementée pour la Française, puisque le congrès a débuté sous les huées du syndicat grec PAME dont les tracts affichaient le mot d'ordre "ETUC-CES bureaucrats go home". La branche syndicale du Parti communiste grec accuse l'organisation européenne d'être "un instrument du capital", au lieu de défendre les intérêts des travailleurs.

Un incident qui n'a pas tempéré les ardeurs du sortant John Monks, qui a fustigé dans son discours les politiques d'austérité qui se répandent dans toute l'Union : "ce que nous voulons, c'est donner une chance à la croissance. Les gouvernements européens doivent maintenir leurs dépenses et […] éviter de paniquer face aux marchés". Un contexte délicat donc pour la prise de fonction de la syndicaliste, active au niveau européen depuis plusieurs dizaines d'années.

En 2005, Bernadette Ségol appelait à voter oui lors du referendum sur le traité constitutionnel. C'est donc le choix de la continuité qu'a fait la CES, puisque la direction sortante avait également soutenu le TCE, et John Monks n'a pas manqué de rappeler hier qu'une "intégration européenne plus poussée pourrait permettre de sortir de la crise".

Comme les syndicats nationaux, la CES devra faire face au défi du renouvellement générationnel. Les travailleurs jeunes ne sont pas légion à être syndiqués, un fait qui s'explique par une précarisation plus grande leurs ainés, explique Bernadette Ségol. Un paradoxe alors même qu'en Grèce où se tient le congrès, c'est la jeunesse qui est en première ligne du mouvement social.



Source

Interview de Bernadette Ségol – Metis, correspondances européennes du travail

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Site de la confédération européenne des syndicats