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581 000 nouveaux demandeurs d'asile dans l'Union européenne en 2018

Carte et comparatif 04.04.2019 La Rédaction

En 2018, 580 800 primo-demandeurs d'asile ont introduit une demande de protection internationale dans les Etats membres de l'Union européenne. Un chiffre en baisse de 11% par rapport à 2017.


Majorité des demandes effectuées en Allemagne, en France et en Grèce

L'asile est une protection internationale garantie par un Etat sur son territoire. Il peut être demandé par un individu parce qu'il craint d'être persécuté du fait de sa race, de sa religion, de sa nationalité, de son appartenance à un certain groupe social ou de ses opinions politiques. Toutes les demandes d'asile ne sont cependant pas automatiquement acceptées et ne le sont pas forcément dans les pays dans lesquels elles sont formulées, car la demande doit être formulée dans le premier pays de l'UE dans lequel le migrant arrive.

Il convient de différentier le chiffre des primo-demandeurs d'asile et le chiffre, plus général, des demandeurs d'asiles.

Les primo-demandeurs d'asile représentent les personnes qui font une demande de protection internationale pour la première fois. Le nombre de demandeurs d'asile comprend les primo-demandeurs et les personnes qui ont fait plusieurs demandes ou qui ont fait appel de la décision. De plus, les demandes ne sont pas toutes acceptées, le nombre de réfugiés acceptés et encore différent.

En 2018, le plus grand nombre de nouvelles demandes a été enregistré en Allemagne avec 161 900 primo-demandeurs, soit 28 % du total. La France arrive en deuxième position avec 110 500 nouveaux demandeurs, (19 %), suivie de la Grèce avec 65 000, (11 %) et de l'Espagne  (52 700, soit 9 %).

Parmi les États membres comptant plus de 5 000 nouveaux demandeurs d'asile enregistrés en 2018, c'est en Italie (-61%), en Autriche (-49%), en Suède (-19%) et en Allemagne (-18%) que le nombre de nouveaux demandeurs d'asile a le plus diminué par rapport au trimestre précédent. En revanche, des hausses ont été enregistrées à Chypre (+70%) et en Espagne (+60%) et en Belgique (+29%).

 

Augmentation des acceptations en période de crise migratoire

Dans l'ensemble de l'Union européenne, la crise migratoire qui a débuté en 2015 a entraîné une très forte augmentation des acceptations de demandes d'asile la même année, où plus d'un million de demandes ont été enregistrées.

Les 28 ne sont toutefois pas parvenus à s'entendre sur la répartition des réfugiés. En septembre 2015, la chancelière allemande Angela Merkel décide en effet d'accorder l'asile à tous les réfugiés syriens arrivés sur le sol allemand. Mais la même année, la Hongrie ferme l'accès à son territoire par une clôture barbelée. Le système des hotspots, centres d'enregistrement des migrants destinés à répartir les nouveaux arrivants, n'a pas fonctionné. Face à l'afflux de migrants et de critiques européennes, l'Allemagne a rétabli le contrôle aux frontières, comme d'autres pays européens.

 

Syrie, Irak et Afghanistan : principaux pays d'origine des demandeurs

Comme en 2016 et 2017, les citoyens de Syrie sont les plus nombreux à demander une protection internationale, ils étaient 80 900 primo-demandeurs en 2018. Les Syriens devançaient les Afghans (41 000) et les Irakiens (39 600). En 2018, les demandeurs originaires de ces pays représentaient 28 % des primo-demandeurs d'asile.

Source : Eurostat mars 2019.

 

Moins de 900 000 demandes d'asile encore en suspens

Le nombre de demandes en instance reste considérable : à la fin de l'année 2018, 878 600 demandes d'asile dans les États membres de l'UE (à l'exception de la Finlande dont les données ne sont pas disponibles) étaient en cours d'examen par les autorités nationales. Ce chiffre est néanmoins en baisse par rapport à la fin de l'année 2017 (927 000 demandes). Avec 384 800 demandes en attente à la fin mars 2018, soit 44 % du total de l'UE, l'Allemagne détenait la part la plus importante, devant l'Italie (103 000 soit 12 %), l'Espagne (78 700 soit 9%) et la Grèce (76 300 soit 9 %).

Cependant ces chiffres sont à relativiser lorsque l'on s'intéresse au pourcentage de nouvelles demandes par rapport à la population totale du pays. Ainsi, en 2018, le taux le plus élevé de nouvelles demandes a été enregistré à Chypre avec 8 805 nouveaux demandeurs par million d'habitants. La Grèce suit avec 6 051 pour 1 million, puis Malte (4 276) et le Luxembourg (3 694). En revanche, les taux les plus bas ont été observés en Slovaquie (28 demandeurs par million d'habitants), en Pologne (63), en Hongrie (65), en Estonie (68) et en Lettonie (91). En 2018, on comptait au total 1 133 nouveaux demandeurs d'asile par million d'habitants dans l'ensemble de l'UE.