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"30 jours pour comprendre l'Europe" : Protéger l'Union européenne [n°26]

Synthèse 10.07.2018 Isaure Magnien

Vous n'êtes pas spécialiste des questions européennes ? Toute l'Europe vous explique l'essentiel ! Brexit, zone euro, populismes... découvrez ou redécouvrez l'Union européenne avec un article par jour, du lundi au samedi. Aujourd'hui : protéger l'Union européenne.

Policiers Istock

Si les dirigeants européens restent divisés sur de nombreux sujets, un semble faire consensus : la sécurité. En effet, la sécurité intérieure de l'Union européenne est aujourd'hui ressentie comme une priorité, tant par l'opinion publique que les gouvernements.

Lutte contre le terrorisme, crime organisé, cybercriminalité, trafic de drogue, délinquance économique, trafic d'armes, catastrophes d'origines naturelle ou humaine… autant de sujets qui évoluent rapidement et sont aujourd'hui globalisés. Une action supranationale est alors d'autant plus efficace et importante.

En 2016, au sein de l'Union européenne, on compte 142 attentats avortés, déjoués ou réussis et 1 002 personnes arrêtées pour infractions terroristes. Le Royaume-Uni est le pays qui a été le plus touché par les attaques terroristes cette même année (76 attaques), devant la France (23) et l'Italie (17).

Compétence avant tout nationale, la sécurité est aussi un enjeu européen. L'Union européenne met donc à disposition des outils pour permettre aux autorités de se coordonner en la matière.

Coopération policière et judiciaire

Le plus connu d'entre eux est certainement l'agence Europol, créée en 1999. Elle peut, depuis 2002, participer à des enquêtes, sans toutefois effectuer d'arrestations ou de perquisitions. Ses 1 000 agents sont basés à La Haye, aux Pays-Bas. Eurojust, autre agence européenne basée à La Haye, permet, elle, de coordonner les autorités judiciaires.

Le mandat d'arrêt européen, créé en 2002, a été une grande avancée en matière de coopération. Opérationnel depuis 2007, il permet à l'autorité judiciaire d'un État membre de demander à un autre Etat l'arrestation d'une personne sur son territoire. Cette demande est valable dans tous les pays de l'UE et induit la remise de la personne arrêtée au premier Etat, pour qu'il puisse exercer des poursuites pénales, l’exécution d’une peine ou d’une mesure de sûreté privatives de liberté. Ainsi, en 2015, 16 144 mandats d'arrêt européens ont été émis, et 5 304 ont été exécutés.

Surveillance des frontières

Autre outil central de la politique de sécurité de l'Union européenne, le Système d'information Schengen permet aux autorités de partager des informations sur les entrées dans l'espace Schengen.

Bien connu sous le nom de "Frontex", le corps européen de garde-frontières et de garde-côtes permet à ce propos d'envoyer des agents européens dans des régions sous tension pour soutenir les pays aux frontières de l'Union européenne.

Enfin, le "passenger name record" (PNR) permet de garder une trace des passagers de vols aériens dans le cadre de la lutte contre le terrorisme et le crime organisé.

Cybersécurité et protection civile

L'Union européenne est également active en matière de cybersécurité. Elle lutte contre le cybercrime grâce à une agence spécialisée et a renforcé les capacités d'Europol en la matière.

En matière de sécurité civile, l'Union européenne dispose du mécanisme de sécurité civile. Celui-ci permet, par exemple, d'envoyer des canadairs français en cas de grands feux de forêts au Portugal, comme cela a été le cas pendant l'été 2017.