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"30 jours pour comprendre l'Europe" : Partir avec Erasmus+ [n°18]

Synthèse 30.06.2018 Isaure Magnien

Vous n'êtes pas spécialiste des questions européennes ? Toute l'Europe vous explique l'essentiel ! Brexit, zone euro, populismes... découvrez ou redécouvrez l'Union européenne avec un article par jour, du lundi au samedi. Aujourd'hui : partir avec Erasmus +.

Erasmus Istock

Parmi toutes les politiques de l'Union européenne, le programme Erasmus est certainement la plus populaire. Synonyme de voyages, de découvertes et d'apprentissage, il permet chaque année à des milliers d'étudiants, d'apprentis et de professionnels d'aller vivre et travailler en Europe et même au-delà.

Pourtant, lors du lancement de la construction européenne, aucune compétence ne lui est attribuée en matière d'éducation et de formation. Ce n'est qu'en 1992 que les termes d'éducation, d'étudiants ou de formation professionnelle font leur apparition dans les traités européens, avec toutefois des possibilités réduites, qui laissent aux Etats l'essentiel de la souveraineté dans ces domaines.

Cependant, le projet Erasmus n'a pas attendu les années 90 pour voir le jour. En effet, dès 1983, les ministres européens de l'Education définissent les principes de la coopération entre les établissements d'enseignement supérieur en Europe. Ensuite, avec l'arrivée de Jacques Delors à la tête de la Commission européenne en 1985 et le lobbying intensif des étudiants européens, une nouvelle impulsion est donnée au projet qui finit par voir le jour en 1987.

Quelques chiffres

Depuis 1987, ce sont des millions d'étudiants, d'apprentis et de professionnels qui ont pu bénéficier du programme.

En 2015 (derniers chiffres disponibles), la destination favorite des Européens était l'Espagne, suivie de l'Allemagne, du Royaume-Uni et de la France. Les Français privilégient quant à eux le Royaume-Uni et l'Espagne n'arrive qu'en quatrième position des destinations préférées, après l'Allemagne et l'Autriche. La France est par ailleurs le pays d'où partent le plus d'étudiants, avant l'Allemagne, l'Espagne et l'Italie.

Ainsi, en 30 ans, 1 million de Français ont profité du programme. Un véritable atout pour leur futur. En effet, d'après l'Agence Erasmus+, les jeunes qui étudient ou se forment à l'étranger ont deux fois moins de chance de devenir chômeur de longue durée. Malheureusement, le programme ne touche encore que 3% d'une classe d'âge.

C'est pour cela que l'UE investit de plus en plus dans le programme : dans sa proposition de budget pour la période 2021-2027, la Commission européenne propose de doubler le montant dédié à Erasmus+, qui s'élèverait alors à 30 milliards d'euros.

Erasmus+ : permettre à tous de faire des échanges

Depuis 2014, le programme Erasmus est intégré à Erasmus+. Plus vaste, il rassemble plusieurs initiatives, qui étaient auparavant disctinctes :  Leonardo (apprentis), Gruntvig (formation), Comenius (écoles primaires et secondaires), Erasmus (enseignement supérieur), Transversal (professionnels) et Jean Monnet (recherche).

Ainsi, collégiens, lycéens, étudiants, apprentis, formateurs, jeunes diplômés ou demandeurs d'emploi, jeunes avec ou sans diplôme, personnels éducatifs ou associatifs peuvent effectuer un séjour à l'étranger (études, stages, volontariat, etc.) pour améliorer leurs compétences.

Le nom "Erasmus" vient du philosophe humaniste hollandais du XVIème siècle, Erasme. Cosmopolite et défenseur de la paix européenne, sa vie est jalonnée de longs voyages en Europe : en Allemagne, en Angleterre, en France, en Suisse, en Italie… Le prénom "Erasmos" signifie "aimé, aimable" en grec.