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Les transports (3 minutes pour comprendre l'Europe - n°27)

Synthèse 16.09.2019 Jules Lastennet

Vous n'êtes pas spécialiste des questions européennes ? Toute l'Europe vous explique l'essentiel en 30 épisodes de 3 minutes ! Institutions, espace Schengen, Brexit... redécouvrez "l'UE" simplement. Aujourd'hui : la politique européenne des transports.

Les transports (3 minutes pour comprendre l'Europe - n°27)

Routes, rails, airs et mers. Les transports européens se caractérisent à la fois par leur diversité et leur densité.

Si le transport routier représente encore 80% des trajets de passagers, 210 000 kilomètres de voies ferrées sillonnent l'Union européenne, ainsi que 52 000 kilomètres de voies navigables. Les lignes à grande vitesse continuent de se multiplier. Et le transport aérien n'a jamais concerné autant de passagers : 49 aéroports européens accueillent chacun plus de 10 millions de passagers par an !

De plus, les villes européennes disposent généralement de réseaux parmi les plus développés du monde. Bus, métros, tramways : si elles sont parfois engorgées, des options alternatives à la voiture existent le plus souvent pour les citadins de l'UE. D'autant que des offres de vélos voire de voitures en libre-service ont été mises en place dans un nombre croissant de villes.

Les transports dans l'Union européenne

Libéralisme

Dans une large mesure, et assez logiquement, la politique des transports se décide au niveau européen. Il s'agit même d'un élément incontournable pour le bon fonctionnement du marché unique. Car sans stratégie commune pour les transports, difficile de mettre en œuvre les quatre libertés de circulation de l'UE (personnes, marchandises, services et capitaux).

En la matière, la Commission européenne défend une vision libérale, prônant l'ouverture des marchés à la concurrence. Selon Bruxelles, cette libéralisation doit permettre d'accroître la compétitivité des entreprises, d'améliorer la qualité du service fourni aux usagers et de réduire les prix. A cela s'ajoute la mise en œuvre d'un réseau transeuropéen de transport, destiné notamment à renforcer les investissements dans les infrastructures et à désenclaver les territoires périphériques. Enfin, le thème de la mobilité durable devrait gagner en importance.

S'agissant du rail, l'ouverture à la concurrence a été mise en place pour le transport des marchandises en 2007, puis des voyageurs en 2016. Elle était déjà une réalité depuis plusieurs années en Allemagne, en Italie ou encore au Royaume-Uni. Les résistances de cheminots face à la libéralisation du secteur ont été fortes en France, mais la réforme a été adoptée en 2018. L'abandon d'un service public historique, non prévu par les textes européens, est une crainte partagée par un nombre important de professionnels et d'usagers.

Réforme de la SNCF : que prévoient les textes européens ?

Environnement

Outre les enjeux économiques, les transports européens sont évidemment concernés par les efforts environnementaux de l'UE et des Etats membres. D'ici à 2050, la Commission européenne s'est ainsi donnée pour objectif de réduire de 60% les émissions de gaz à effet de serre issues des transports européens par rapport aux années 1990. Une ambition forte, qui suggère notamment l'abandon progressif du diesel et de l'essence pour les véhicules en ville.

L'amélioration de la qualité de l'air est à cet égard une préoccupation croissante des pouvoirs publics en raison de la dangerosité de ce type de pollution pour la santé. Un scandale comme celui du Dieselgate, qui a révélé les pratiques frauduleuses de nombreux constructeurs automobiles européens comme Volkswagen, Audi ou Renault dans l'évaluation de leurs émissions de gaz à effet de serre, a fortement contribué à placer ce sujet sur le devant de la scène. En 2018, la Commission européenne a par ailleurs décidé de saisir la Cour de justice de l'UE contre six pays, dont la France, pour non respect de la directive de 2008 sur la qualité de l'air.

Autres mesures

Enfin, la politique européenne du transport vise également à harmoniser les règles de sécurité, par exemple dans les domaines aérien, routier et maritime, la fiscalité (encadrement des taxes sur les carburants...) ou encore les conditions de travail (durée du travail à bord des navires ou des camions...) en Europe.

Avec plus de 200 millions de passagers par an, la gare du Nord à Paris est la plus fréquentée d'Europe (en ne comptant que les usagers du train). Dans le monde, elle n'est devancée "que" par 23 gares japonaises.