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"30 jours pour comprendre l'Europe" : Les transports [n°27]

Synthèse 11.07.2018 Jules Lastennet

Vous n'êtes pas spécialiste des questions européennes ? Toute l'Europe vous explique l'essentiel ! Brexit, zone euro, populismes…découvrez ou redécouvrez l'Union européenne avec un article par jour, du lundi au samedi. Aujourd'hui : les transports.

Transports

Routes, rails, airs et mers. Les transports européens se caractérisent à la fois par leur diversité et leur densité. Si le transport routier représente encore 80% des trajets de passagers, 210 000 kilomètres de voies ferrées sillonnent l'Union européenne, ainsi que 52 000 kilomètres de voies navigables. Les lignes à grande vitesse continuent de se multiplier. Et le transport aérien n'a jamais concerné autant de passagers : 49 aéroports européens accueillent chacun plus de 10 millions de passagers par an !

De plus, les villes européennes disposent généralement de réseaux parmi les plus développés du monde. Bus, métros, tramways : si elles sont parfois engorgées, des options alternatives à la voiture existent le plus souvent pour les citadins de l'UE. D'autant que des offres de vélos voire de voitures en libre-service ont été mises en place dans un nombre croissant de villes.

Les transports dans l'Union européenne

Libéralisme

Dans une large mesure, et assez logiquement, la politique des transports se décide au niveau européen. Il s'agit même d'un élément incontournable pour le bon fonctionnement du marché unique. Car sans stratégie commune pour les transports, difficile de mettre en œuvre les quatre libertés de circulation de l'UE (personnes, marchandises, services et capitaux).

En la matière, la Commission européenne défend une vision libérale, prônant l'ouverture des marchés à la concurrence. Selon Bruxelles, cette libéralisation doit permettre d'accroître la compétitivité des entreprises, d'améliorer la qualité du service fourni aux usagers et de réduire les prix. Et à cela s'ajoute la mise en œuvre d'un réseau transeuropéen de transport, destiné notamment à renforcer les investissements dans les infrastructures et à désenclaver les territoires périphériques.

S'agissant du rail, l'ouverture à la concurrence a été approuvée en 2016. Elle était déjà une réalité depuis plusieurs années en Allemagne, en Italie ou encore au Royaume-Uni. Les résistances sont en revanche fortes en France. De nombreux cheminots s'opposent en effet à la réforme du fonctionnement de la SNCF en vue de la libéralisation du secteur. L'abandon d'un service public historique, non prévu par les textes européens, est une crainte partagée par un nombre important de professionnels et d'usagers.

Réforme de la SNCF : que prévoient les textes européens ?

Environnement

Outre les enjeux économiques, les transports européens sont évidemment concernés par les efforts environnementaux de l'UE et des Etats membres. D'ici à 2050, les Européens ont ainsi pour objectif de réduire de 60% les émissions de gaz à effet de serre issues des transports. Une ambition forte qui suggère notamment l'abandon progressif du diesel et de l'essence pour les véhicules en ville.

L'amélioration de la qualité de l'air est à cet égard une préoccupation croissante des pouvoirs publics en raison de la dangerosité de ce type de pollution pour la santé. Un scandale comme celui du Dieselgate, qui a révélé les pratiques frauduleuses de nombreux constructeurs automobiles européens comme Volkswagen, Audi ou Renault dans l'évaluation de leurs émissions de gaz à effet de serre, a fortement contribué à placer ce sujet sur le devant de la scène.

Avec plus de 200 millions de passagers par an, la gare du Nord à Paris est la plus fréquentée d'Europe. Dans le monde, elle n'est devancée "que" par 23 gares japonaises.