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"30 jours pour comprendre l'Europe" : Le Brexit [n°10]

Synthèse 21.06.2018 Vincent Lequeux

Vous n'êtes pas spécialiste des questions européennes ? Toute l'Europe vous explique l'essentiel ! Brexit, zone euro, populismes... découvrez ou redécouvrez l'Union européenne avec un article par jour, du lundi au samedi. Aujourd'hui : "Le Brexit".

Le Brexit

Le 23 juin 2016, 52% des électeurs britanniques ont dit "Oui" au "Brexit". C'est la première fois qu'un pays entier s'apprête à quitter l'Union européenne. Mais beaucoup de points restent à négocier avant le divorce effectif…

Quitter l'Union européenne

"Brexit", pour "British exit", ou "sortie du Royaume-Uni" en français… c'est bien ce qu'ont décidé les Britanniques le 23 juin 2016. A la question : "Le Royaume-Uni doit-il rester un membre de l'Union européenne ou quitter l'Union européenne ?", 51,9% d'entre eux ont choisi la 2e option. Restait ensuite à régler quelques détails, car on n'efface pas 45 ans de vie commune en un trait de plume !

En déclenchant, en mars 2017, la procédure prévue par l'article 50 du traité sur l'Union européenne (UE), le pays s'est donné jusqu'en mars 2019 pour préparer sa sortie... Deux ans pour préciser le statut des 3 millions d'Européens et du million de Britanniques expatriés de part et d'autre de la frontière. Pour calculer le "solde de tout compte" à verser à l'UE avant son départ. Pour imaginer la libre-circulation entre l'Irlande du Nord (membre du Royaume-Uni) et la République d'Irlande (qui reste membre de l'UE). Et pour définir sa nouvelle relation commerciale avec l'UE, qui accueille près de la moitié des exportations britanniques. Sans oublier les autres secteurs comme la recherche, l'espace, l'économie, l'agriculture…

Et les discussions perdurent... En se basant sur les positions communes des 27, le négociateur en chef de l'UE Michel Barnier tente d'aboutir à des compromis avec le Royaume-Uni. C'est par exemple le cas du "chèque britannique" : même si l'on ne connait pas encore son montant exact (probablement entre 40 et 45 milliards d'euros), le Royaume-Uni s'est engagé à contribuer au budget européen jusqu'en 2020.

- Janvier 2013 : Le Premier ministre britannique David Cameron annonce qu'il organisera un référendum sur la sortie de l'UE s'il remporte les élections de 2015.
- 23 juin 2016 : 51,9% des Britanniques votent pour le "Brexit".
- 29 mars 2017 : Le gouvernement britannique déclenche l'article 50 : le pays a alors 2 ans pour négocier sa sortie avec les 27 autres Etats membres.
- 29 mars 2019 : A moins d'un accord à 28 pour repousser l'échéance, le Royaume-Uni quittera l'UE.

De longues négociations

Malgré quelques avancées, il reste cependant beaucoup à faire. Au sujet des expatriés par exemple : les Européens résidant aujourd'hui au Royaume-Uni et les Britanniques actuellement installés dans un autre pays de l'UE pourraient conserver leur statut. Mais aucun arrangement n'a été trouvé pour ceux qui s'installeraient après le 29 mars 2018. Quant à la frontière irlandaise, le gouvernement britannique n'a pas du tout apprécié la proposition européenne de maintenir la seule Irlande du Nord dans l'union douanière…

Un accord a toutefois eu lieu pour mettre en place une période de transition : elle s'étalerait de mars 2019 (date effective du départ de l'UE) à décembre 2020, pour permettre aux deux parties de préparer leurs futures relations commerciales. Pendant cette période, le Royaume-Uni ne participerait plus aux décisions de l'UE mais en garderait les avantages et les devoirs, et pourrait signer des accords commerciaux avec d'autres pays.

Un an et demi après le référendum, une étude a montré que l'opinion britannique n'avait pratiquement pas changé au sujet du Brexit. En octobre 2017, un peu plus de la moitié des électeurs considérait toujours que la Grande-Bretagne avait eu raison de quitter l'UE.