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"30 jours pour comprendre l'Europe" : La montée des populismes [n°29]

Synthèse 13.07.2018 Jules Lastennet

Vous n'êtes pas spécialiste des questions européennes ? Toute l'Europe vous explique l'essentiel ! Brexit, zone euro, populismes…découvrez ou redécouvrez l'Union européenne avec un article par jour, du lundi au samedi. Aujourd'hui : la montée des populismes.

Viktor Orban, Premier ministre hongrois

Viktor Orban, Premier ministre hongrois - Crédits : Parti populaire européen

Le populisme : mal politique du XXIe siècle ? Le phénomène existe depuis l'Antiquité, mais ce courant a en effet le vent en poupe depuis plusieurs années, notamment en Europe.

Nationalisme et euroscepticisme

Donner une définition unique et convaincante au populisme se révèle en revanche difficile. Pêle-mêle, les partis qui s'en réclament prônent le protectionnisme, le nationalisme, la démocratie directe, ainsi que la "défense du peuple contre les élites". Par conséquent, ces partis se retrouvent autour d'une critique plus ou moins violente de la construction européenne, qu'ils présentent souvent comme un projet antidémocratique et ultra-libéral.

La plupart des mouvements populistes européens ont également en commun de rejeter les schémas politiques traditionnels. La radicalité de leurs discours fait qu'ils se situent plutôt aux extrêmes gauche et droite des paysages politiques, même si certains partis aux positions ambivalentes sont plus difficilement classables.

Michel Wieviorka : Le populisme est "un discours qui prétend parler d'en bas pour dénoncer le monde d'en haut"

France, Italie, Allemagne…

Et rares sont les pays européens à échapper à leur progression. La France peut à cet égard être vue comme un précurseur. Le Front national, qui vient de changer de nom, réalise en effet des scores élevés depuis maintenant 30 ans.

L'Italie se trouve dans une situation similaire avec plusieurs partis désormais bien enracinés pouvant être qualifiés de populistes. C'est le cas de la Ligue, située à l'extrême droite. Cette dernière formation est d'ailleurs aujourd'hui au pouvoir aux côtés d'un "ovni" politique et également populiste, le Mouvement 5 étoiles.

Plus récemment, d'autres pays d'Europe occidentale ont à leur tour connu une poussée du populisme : l'Allemagne, les Pays-Bas, la Suède ou encore le Danemark. Des Etats qui figurent parmi les plus prospères du continent et du monde et réputés pour leur grande stabilité. Le lien fréquemment évoqué entre vigueur du populisme et difficultés économiques et sociales n'est donc que partiel.

Ainsi, si le déclassement ou la peur du déclassement sont bien des facteurs incontournables dans la progression des mouvements populistes, c'est également (et surtout) le cas des enjeux de souveraineté et d'identité. Les idées de "société fermée" et de "nation homogène" font partie des argumentaires de nombreux leaders populistes.

Groupe de Visegrad

C'est le cas notamment à l'est de l'Europe, dans des pays tels que la Hongrie, la Pologne, la République tchèque ou la Slovaquie, qui forment à eux quatre le groupe de Visegrad. Ces Etats, longtemps sous la domination de l'Union soviétique, défendent leur indépendance vis-à-vis de Bruxelles et rejettent farouchement l'idée de solidarité européenne dans la crise migratoire.

Qu'est-ce que le groupe de Visegrad ?

En Hongrie, en Pologne ou encore en Roumanie, l'arrivée au pouvoir de dirigeants populistes proches de la droite radicale entraîne même des mesures visant à réduire l'Etat de droit. L'indépendance de la justice ou la liberté de la presse sont par exemple remises en cause. Dans ces pays, le principe contradictoire de "démocratie illibérale" accompagne donc le populisme.

En Hongrie, le populiste de droite radicale Viktor Orban est au pouvoir depuis 2010. Au niveau européen, il est toutefois membre du Parti populaire européen, qui regroupe les principaux partis conservateurs, comme Les Républicains.