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2016, année record pour la Banque européenne d'investissement en France

Actualité 17.01.2017

Depuis son augmentation de capital en 2012, et dans le contexte de la montée en puissance du plan Juncker, la Banque européenne d'investissement bat des records de financements, notamment en France. En 2016, 9,3 milliards d'euros ont ainsi été débloqués dans le pays, apportant un soutien décisif à 87 projets.

Banque européenne d'investissement

La satisfaction était de mise lors de la présentation du bilan de la Banque européenne d'investissement (BEI) pour l'année 2016 en France. Au total, 9,3 milliards d'euros ont en effet été débloqués au cours de l'exercice écoulé, dont 2,8 milliards dans le cadre du plan d'investissement européen – également appelé plan Juncker. Sur ce total, 70% des fonds sont à destination du secteur privé et de projets d'innovation ou de soutien à la lutte contre le changement climatique.

Grand Paris, fibre optique, logement, formation…

Parmi les principaux projets financés par la BEI en 2016 figurent le Grand Paris et la construction de la ligne 15 du métro, le déploiement de la fibre d'Orange, ou encore la construction de 13 000 logements intermédiaires en zones tendues. La participation de la Banque pour ces projets s'est élevée à, respectivement, 1 milliard, 750 millions et 500 millions d'euros.

Ambroise Fayolle

Ambroise Fayolle, vice-président de la Banque européenne d'investissement

L'action de la BEI en direction du secteur public a quant à elle mécaniquement diminué, notamment en raison du "retour des financeurs traditionnels", a expliqué Ambroise Fayolle, vice-président de l'institution à l'occasion d'une conférence de presse. Cela n'a toutefois pas empêché la Banque de participer à de nombreux projets cofinancés par l'Etat ou les collectivités, particulièrement en matière de formation des jeunes, un secteur pour lequel 705 millions d'euros ont été investis par la BEI.

D'une manière générale, si l'institution a contribué à plusieurs projets de grande envergure, cette dernière a également multiplié les participations de moindre importance financière et comportant des risques significatifs. Ce qui n'était pas son habitude il y a encore quelques années. A cet égard, le projet Impact Création devant permettre la réouverture de boutiques franchisées dans des territoires difficiles, a ainsi été cité en exemple par Ambroise Fayolle. Participant à hauteur de 10 millions d'euros, la BEI pourrait être sollicitée, en cas de succès pour des projets similaires ailleurs en Europe.

Catalyseur du plan Juncker

S'agissant du déploiement du plan Juncker pour l'investissement en Europe, dont la BEI est le bras armé, Ambroise Fayolle a également dressé un bilan positif. La France, derrière l'Italie et devant l'Espagne, fait partie des trois principaux bénéficiaires et 2,8 milliards d'euros ont été alloués à 37 opérations en 2016 dans le pays.

Comme pour les autres projets financés par la Banque, le principe est celui de "l'additionnalité". L'institution apporte un soutien décisif à une opération qui, sans cela, n'aurait pu voir le jour, ou aurait dû être revue à la baisse. La garantie européenne venant inciter d'autres investisseurs bancaires à participer au financement et servir de "catalyseur".

Au niveau européen, alors que 21 milliards d'euros de fonds européens et 42 milliards d'euros d'apport des Vingt-Huit ont été engagés, l'objectif est de générer un total de 315 milliards d'euros d'ici 2018. Les chiffres globaux pour l'année 2016 doivent être annoncés le 24 janvier, mais les "temps de passage" sont pour l'heure respectés, avec plus de 160 milliards d'euros déjà levés.

De quoi inciter Jean-Claude Juncker, président de la Commission européenne, à proposer une prolongation du plan jusqu'en 2020, faisant passer l'objectif total à 500 milliards d'euros. Approuvée par le Conseil, cette amplification du plan doit maintenant être votée par le Parlement européen.

 

Par Jules Lastennet