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1985-1991, la relance européenne

Synthèse 14.09.2013

C'est en 1985 que l'un des avancements européens les plus importants est réalisé. Dans la petite ville luxembourgeoise de Schengen, un accord est signé entre les trois pays du Benelux, l'Allemagne et la France. Quelques ans plus tard l'Allemagne retrouve son unité suite à la chute du mur de Berlin.

1985-1991, la relance européenne

La porte de Brandebourg à Berlin

14 juin 1985 : signature de l’accord de Schengen

Le marché commun européen a progressivement mis fin aux contrôles des marchandises aux frontières des pays membres. Mais pour les personnes, les contrôles douaniers demeurent. Au début des années 80, les pays du Bénélux, où les déplacements sont déjà libres, proposent à la France et à l’Allemagne de mettre en place graduellement un espace de libre circulation des personnes. L’accord entre les cinq pays est conclu le 14 juin 1985 dans la petite ville luxembourgeoise de Schengen. Il sera par la suite intégré aux traités communautaires et étendu aux autres Etats membres.

14 juin 1985 : présentation du Livre blanc de Jacques Delors

Tout juste nommé président de la Commission européenne, Jacques Delors présente aux dirigeants des Etats membres 310 mesures destinées à achever le marché unique. En effet, malgré l’ouverture des frontières, de nombreux obstacles administratifs et réglementaires empêchent encore une totale liberté de circulation des marchandises. Delors est convaincu que la disparition des dernières barrières aux échanges relancera la croissance économique en Europe. Il se fixe jusqu’au 31 décembre 1992 pour y parvenir. La Communauté vivra désormais au rythme de "l’objectif 92".

1er janvier 1986 : élargissement des Communautés à l’Espagne et au Portugal

Leur régime dictatorial avait tenu l’Espagne et le Portugal éloignés de la construction européenne. Après la mort de Franco et la chute de Salazar, ces deux pays en voie de démocratisation peuvent désormais prétendre à faire partie de la famille européenne. A la suite de longues négociations, dues aux craintes économiques suscitées par cette adhésion, l’Espagne et le Portugal rejoignent les Communautés européennes le 1er janvier 1986, portant à douze le nombre de leurs membres.

17 février 1986 : signature de l’Acte unique européen

Pour la première fois depuis l’entrée en vigueur du Traité de Rome établissant la Communauté économique européenne, les Douze décident de le réviser. Le fonctionnement des institutions est modifié : le vote à la majorité qualifiée au Conseil de l’UE est généralisé pour toutes les questions touchant au marché intérieur. Le Parlement européen voit son rôle renforcé. Ces modifications sont en partie destinées à achever le marché unique, conformément au programme présenté par Jacques Delors.

L’Acte unique porte ce nom parce qu’il réunit dans un même texte les modifications apportées aux traités communautaires et la formalisation de la coopération européenne en matière de politique étrangère.

15 juin 1987 : lancement du programme Erasmus

En 1987, la Commission européenne lance des mesures destinées à faciliter les échanges d’étudiants entre les universités européennes. L’action est baptisée du nom d’un humaniste de la Renaissance, célèbre pour ses voyages et son esprit d’ouverture : Erasme de Rotterdam. Depuis la création d’Erasmus, 1,2 million d'étudiants ont accompli une période d'études à l'étranger grâce à cette action. Véritable phénomène culturel, Erasmus est devenu l’étendard de l’esprit européen.

3 octobre 1990 : l’Allemagne réunifiée au sein des Communautés européennes

En 1989, la chute inattendue du Mur de Berlin a mis à mal l’ordre international issu de la Seconde Guerre mondiale. Un an plus tard, l’Allemagne est réunifiée. Pour les Communautés européennes, il ne s’agit pas d’un nouvel élargissement, mais d’une extension de la République fédérale allemande. Aucune procédure d’adhésion n’est nécessaire, simplement quelques modifications institutionnelles pour tenir compte du poids nouveau de l’Allemagne.

Parmi les pays européens, cette réunification suscite des craintes : l’Allemagne réunifiée ne risque-t-elle pas de délaisser les Communautés au profit d’une politique solitaire de neutralité, voire de puissance? Par la suite, Helmut Kohl donnera des gages de son engagement européen en acceptant l’approfondissement de l’intégration politique concrétisée par le traité de Maastricht.