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15 personnalités planchent pour une réponse européenne à la crise

Actualité 12.03.2012

Discipline budgétaire, gouvernance économique, croissance… Quelle réponse européenne peut-on apporter à la crise ? Le 6 mars 2012, 15 personnalités se sont réunies pour tirer un bilan des cinq dernières années de crise économique et proposer des mesures pour relancer la croissance. Organisé par la Représentation en France de la Commission européenne avec l'appui de huit partenaires, ce débat a permis un échange constructif  en présence du ministre des Affaires européennes, d’Olli Rehn et de Michel Barnier, commissaires européens, mais également de plusieurs députés européens, députés et sénateurs français et de prestigieux économistes.

Face à la crise, un désir d'Europe

Après quelques mots d’accueil d’Anne Houtman, chef de la Représentation en France de la Commission européenne, la conférence a débuté par une présentation détaillée des résultats d’un sondage réalisé pour l’occasion par TNS Opinion/TNS Sofres sur l’opinion des Français face à la crise.

Selon cet Eurobaromètre Flash intitulé "Face à la crise, un désir d'Europe", 52% des Français estiment que c'est surtout au niveau européen que devraient être apportées les réponses à la crise, contre 38% qui privilégient le niveau national.

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Une majorité très nette estime que l'impact ressenti et pressenti de la crise sur la vie quotidienne est important. Pour les Français, la construction européenne continue de bénéficier d'une image largement favorable  et reste un facteur de paix et de prospérité mais le manque d’information sur l’Union européenne est très net. Seuls 33% d'entre eux se sentent bien informés sur la vie politique de l'Union européenne. 76% aimeraient que les politiques leur parlent davantage de l'UE et la même proportion souhaiterait que les médias leur en parlent davantage.

Face à la crise, la discipline budgétaire et la croissance ne s'opposent pas. 79% des personnes interrogées se prononcent pour un plus grand contrôle de l'Union européenne sur les budgets des Etats membres et 88% sont favorables à un programme pour relancer la croissance en Europe.

Une architecture de l'Union économique et monétaire suffisamment solide pour soutenir les chocs

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Tout en rappelant que la crise n’était pas terminée, le ministre des Affaires européennes a affiché un optimisme sur les perspectives à venir. "Jamais l'Europe n'a été aussi loin, aussi fort dans le sens du fédéralisme", a déclaré Jean Leonetti, en référence aux instruments de surveillance et de coordination des politiques économiques dont est désormais dotée l'Union européenne.

Le commissaire européen chargé de l'Union économique et monétaire, Olli Rehn, a dressé quant à lui un bilan très positif des décisions adoptées par les Etats membres. "J'ai la conviction que les réformes entreprises (..) constituent des bases solides pour la croissance et des emplois plus nombreux et de meilleure qualité en Europe", a déclaré le commissaire. "L'architecture de l'Union économique et monétaire sera suffisamment solide pour soutenir les chocs", estime-t-il. "Quand nous aurons fini de jouer aux pompiers, nous pourrons relever d'autres défis", comme celui de la croissance, a-t-il ajouté.

Un optimisme qui n’a pas été partagé par tous les participants présents. Certes, Elizabeth Guigou, ancienne ministre socialiste des Affaires européennes et de la Justice, a reconnu que "nous avons évité le cataclysme systémique sur la crise financière". Mais ni la Grèce, ni l'Espagne, ni l'Italie ne sont "sorties d'affaire" et la crise économique n'a pas été solutionnée. Selon l’ancienne députée européenne, "Il n'y a aucun acte européen pour relancer la croissance". Jean-François Jamet, économiste, a souligné que l’on « [avait] partagé la dette mais que l’on ne [avait] pas réduite.

En amont des débats, Michel Barnier, commissaire européen chargé du Marché intérieur et des services est revenu, à l’instar de son collègue Olli Rehn, sur les "bonnes décisions" prises selon lui par les dirigeants européens face à la crise en matière de régulation, d'assainissement des finances publiques et de gouvernance collective. Toutefois ce dispositif mis en place « ne suffit pas ». "Le moment est urgent d'une initiative européenne de croissance", a déclaré le commissaire. Une initiative  qui viendrait s'ajouter au nouveau traité de discipline budgétaire.

Le pacte budgétaire est "un élément clé de la confiance, des Européens entre eux et des autres régions du monde dans l'Europe" mais "ça n'interdit pas d'ajouter à ce traité quelque chose de plus", a-t-il ajouté.

Le commissaire chargé du Marché intérieur a mis en garde contre le "risque de fracture sociale" si la population souffre trop et rejette des plans de rigueur intenables : "ce serait la fin du projet européen".

L'eurodéputé Daniel Cohn-Bendit (Verts/ALE) a souligné "l'absence de transparence des décisions" et a appelé à "un plan d'investissement pour ramener la croissance, en commençant par la Grèce".

 

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