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Emplois fictifs : un rapport de l'OLAF met à mal la défense de Marine Le Pen

[Revue de presse] Emplois fictifs : un rapport de l'OLAF met à mal la défense de Marine Le Pen

Révélé le 16 février par Mediapart et Marianne, un rapport de l'OLAF, l'organisme anti-fraude de l'UE, accable la présidente du Front national dans l'affaire des emplois fictifs d'assistants parlementaires à Bruxelles.

Marine Le Pen au Parlement européen

La ligne de défense de Marine Le Pen ébranlée

"On peut critiquer l’Union européenne et vouloir en sortir, et en même temps en profiter allègrement et de façon éhontée", s'indigne Le Monde. Mediapart et Marianne ont en effet révélé, jeudi 16 février, des extraits d'un rapport de l'office antifraude européen OLAF, un "organisme non judiciaire réalisant des enquêtes administratives" [RFI], transmis en juillet 2016 à la justice française. Ce document "de vingt-huit pages, qui prend le temps d'analyser la situation de douze assistants parlementaires" du FN employés entre 2009 et aujourd'hui, accuse la présidente du parti "d'avoir établi un faux contrat de travail pour son garde du corps Thierry Légier" [RFI].

Parallèlement, la France enquête depuis mars 2015 sur des emplois présumés fictifs au sein du parti de Marine Le Pen. Au début, "les soupçons concernaient une quarantaine de personnes", puis "ont été revus très à la baisse" au fil de l'enquête, faute de preuves suffisantes à l'encontre de Florian Philippot, vice-président du FN, et de Louis Aliot, compagnon de Marine le Pen, poursuit Radio France Internationale. Le document "met à mal la défense de Marine Le Pen", qui "s'estime victime d'une procédure politique", analyse L'Obs.

"Deux cas particuliers dans le viseur du Parlement européen"

La candidate frontiste à l'élection présidentielle est en effet soupçonnée d’avoir produit, à l’automne 2011, un contrat de travail "purement fictif", à l'endroit de M. Légier, garde du corps de la famille Le Pen depuis 1992 et de Marine Le Pen depuis 2011 [Libération]. Cependant, selon l'OLAF, il existe "une impossibilité matérielle entre l'activité d'assistant parlementaire et celle de garde du corps", puisque Thierry Légier "était payé par l'Europe alors qu'il exerçait exclusivement des fonctions de garde du corps pour M. Jean-Marie Le Pen" à cette époque [L'Obs]. Après un premier emploi de quatre mois en 2009, M. Légier a en effet signé un second contrat du 1er octobre au 31 décembre 2011. "Il bénéficiait alors d'une rémunération mensuelle de 7 237 euros pour un trois quarts temps". Une somme "extrêmement élevée" qui "a fait tiquer" les enquêteurs de l'OLAF [Le Monde].

Interrogée sur ces trois mois de rémunération le 9 février sur France 2, Marine Le Pen avait déclaré à propos de M. Légier : il "avait travaillé quelques heures pendant quelques mois (...) dans le cadre de mes activités parlementaires" [Libération]. Finalement, le document dévoilé jeudi affirme que la candidate du FN à l’élection présidentielle "a reconnu devant les enquêteurs de l’organisme anti-fraude de l’UE (Olaf) avoir salarié fictivement son garde du corps comme assistant parlementaire pour régulariser des salaires et charges non réglés [Sud Ouest]. Un préjudice financier pour l'UE qui s'élève à "340 000 euros", précise L'Opinion.

Un deuxième cas a été soulevé par les enquêteur de l'OLAF, celui de Catherine Griset, "amie et belle-sœur de Marine Le Pen", employée comme assistante parlementaire "depuis 1993" [L'Obs]. Mme Le Pen l'aurait fait employer par le Parlement européen "sur un poste d’assistante parlementaire accréditée à Bruxelles alors qu’elle était son assistante personnelle au siège de son parti en France depuis décembre 2010" [Libération]. Catherine Griset ne fournissait en réalité "pas d’assistance directe dans les locaux du Parlement européen à sa députée comme requis par les règles en vigueur, mais vivait dans les environs de Paris et exerçait une activité auprès du parti", conclut le journal.