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COP21 : les médias européens reviennent sur un accord "historique"

[Revue de presse] COP21 : les médias européens reviennent sur un accord "historique"

Samedi 12 décembre à midi, Laurent Fabius prenait le micro pour annoncer la version finale du texte issu de 12 jours de négociations sur le climat. Exténué, la voix tremblante, le président de la COP21 a été néanmoins applaudi tout au long de son discours par une assemblée tout aussi ravie d'être arrivée à un point d'entente. A ce moment-là, le texte n'est pas encore accessible, il ne sera voté qu'à 18h. Depuis, les journalistes français et européens ont pu y accéder et analysent cet accord d'ores et déjà annoncé comme "historique". Tour d'Europe des réactions.

Clôture de la #COP21

La Croix revient sur les principaux points de l'accord de Paris : "cet accord est universel, il s’efforce d’être équilibré entre pays en développement et pays développés. Il se fixe comme objectif de rester 'bien en dessous' de 2 degrés". De quoi satisfaire "la Chine et l'Inde [qui] saluent un accord différencié" [RFI].

"Un cap de bonne espérance" pour Libération, qui souligne "un élan sans précédent [dans] la lutte contre le réchauffement". Une vision qui se retrouve en Espagne, selon l'espagnol El Mundo : "La COP 21 s'est achevée sur un ton solennel et historique, contrastant avec le fiasco du sommet de Copenhague d'il y a six ans". "Un miracle diplomatique", confirment les italiens de la Repubblica.

Mais Le Monde s'interroge : "l’accord obtenu à la COP21 est-il vraiment juridiquement contraignant ?" Et précise que sans l'être "à strictement parler", ce traité international devra néanmoins "'être exécuté de bonne foi par les parties', comme le prévoit la Convention de Vienne sur le droit des traités de 1969". Une bonne foi qu'un "mécanisme de transparence [mettant] en jeu la réputation des pays" permettra de vérifier.

Cependant cet accord ne fait pas l'unanimité. Pour Swissinfo, "l'euphorie ne sauvera pas le climat". Dans le même temps, Le Point estime que cette COP a été "un immense succès diplomatique, mais un échec climatique".

Le journal allemand Taz estime que " le changement climatique est un problème pour le monde de la finance. Les hommes d'argent ont décidé d'y remédier – à leur façon". Tandis que le quotidien britannique The Guardian rapporte l'opinion de James Hansen, "père de la prise de conscience autour du changement climatique", qui critique les négociations : "pas d'action, que des promesses".

L'accord a néanmoins été adopté. Pour l'Irish Times, "La situation du monde s'est améliorée suite à la COP21". Suffisamment pour que les différents Etats veuillent se prévaloir du bon déroulé d'une semaine diplomatique chargée en émotions comme en nuits blanches.

Ainsi, d'après Il Sole 24 Ore (Italie), l'Italie était "en tête de file de la COP21 à Paris". Pourtant, selon Le Temps, un journal suisse, les Etats-Unis ont pesé sur les négociations : "le texte final répond à la volonté de Barack Obama d’imposer son agenda climatique tout en évitant le Congrès". En effet, de par sa nature, le texte n'aura pas à être ratifié par le Congrès américain. De quoi éviter un nouveau Kyoto.

Les négociations sont terminées, l'accord est signé, les dirigeants ont laissé la place aux organisateurs pour nettoyer le Bourget. Pourtant, certains journalistes avancent que "la COP21 commence aujourd'hui" [Les Echos]. Il faut "transformer l'essai de la COP21" [Le Temps]. Plus précisément, maintenant que les diplomates en ont terminé, pour les autres, "le travail ne fait que commencer" [Zeit Online - Allemagne].