Dossier Traité transatlantique de libre-échange

Affaire Prism et manifestations contre l'austérité en Italie et au Portugal

[Revue de presse] Italiens et Portugais manifestent contre l'austérité

À l’appel des syndicats, des dizaines de milliers de manifestants ont défilé au Portugal et en Italie samedi 19 octobre pour protester contre les nouvelles mesures d'austérité annoncées par leurs gouvernements afin de maîtriser les déficits publics.

manifestant

La préparation des budgets nationaux pour 2014, avec leurs lots de mesures d’économies, suscite immanquablement des réactions de protestation : "ras-le-bol fiscal "en France, défilés dans les rues italiennes et portugaises.

À Rome, ce sont 70 000 personnes selon les syndicats, 50 000 selon les autorités, qui ont protesté dans les rues, samedi 19 octobre, alors que le parlement italien a entamé l’examen du budget pour l’an prochain, qui comporte des coupes dans les prestations sociales. 
Selon La Croix, le projet de budget, prévoit un gel des salaires dans la fonction publique pour l’année prochaine, le blocage de l’indexation des pensions au-delà de 3 000 euros par mois et une contribution sociale pour les retraites supérieures à 100 000 euros par an. Le président du Conseil, Enrico Letta, s'est pourtant félicité de ce que, "pour la première fois, le pays allait "faire tourner ses comptes sans augmenter les impôts et sans tailler dans la santé". De fait, il a renoncé au dernier moment à des réductions de dépenses de santé de 2,6  milliards d’euros sur trois ans, sous la pression syndicale.
Les syndicats, eux, continuent à dénoncer "une austérité qui met le pays à genoux", selon les mots, samedi, de Piero Bernocchi, du syndicat autonome Cobas. A ses yeux, cette politique économique "n’a pas atteint son but, qui était de réduire la dette, pendant que la classe politique continue avec ses privilèges". [La Croix]

"Menteurs", "Dehors", "Le peuple est en colère", pouvait-on lire sur les banderoles déployées à Porto et Lisbonne où les manifestants ont défilés sur les deux plus grands ponts du pays, à l’appel de la CGTP, la principale centrale syndicale de ce pays, proche du Parti communiste. Des centaines de personnes ont également manifesté sur l’île de Madère.
Il s'agissait de la première grande mobilisation au Portugal après l'annonce mardi d'une nouvelle cure d'austérité dévoilée dans le projet de budget pour 2014 qui touchera de plein fouet le pouvoir d'achat des fonctionnaires et des retraités. Parmi les mesures les plus contestées figurent des réductions des salaires des fonctionnaires allant de 2,5% à 12%, ainsi que des coupes de près de 10% dans les retraites des anciens salariés du secteur public. [Le Monde]

[Revue de presse] Affaire PRISM : l'UE peine à protéger ses données

La protection des données à l'ère numérique est un véritable nœud gordien européen. Après des mois d'intenses débats, les eurodéputés réunis lundi 21 octobre à Strasbourg, vont tenter de franchir une première étape sur la réforme du cadre européen en matière de données personnelles. Un vote est prévu en commission parlementaire des Libertés civiles, qui pourrait déboucher sur une limitation plus stricte des transferts de données de l'Europe vers les Etats-Unis.

logo NSA

"Le plus vaste programme de surveillance arbitraire de l'histoire humaine". C'est ainsi qu'Edward Snowden, ex-employé de l'agence de surveillance américaine (NSA), qualifie le programme Prism, qui permet aux services secrets américains d'accéder de manière privilégiée, depuis 2007, aux données de neuf grandes entreprises d'Internet, dont Google, Facebook et Microsoft. Les documents que Snowden a fournis cet été  au Guardian et au Washington Post ont contribué à lever le voile sur l'ampleur de la surveillance et de l'espionnage menés par la NSA et ses alliés.
[Le Monde]

Et la France n'est pas en reste. Selon les documents de la NSA obtenus par Le Monde, les communications téléphoniques des citoyens français sont interceptées de façon massive. Sur une période de trente jours, du 10 décembre 2012 au 8 janvier 2013, 70,3 millions d'enregistrements de données téléphoniques des Français ont été effectués par l'agence américaine. [L'Express]. Suite à ces révélations, le ministre français des Affaires étrangères a exigé ce matin la convocation immédiate de l'ambassadeur américain à Paris, qui sera réçu dès aujourd'hui au Quai d'Orsay [Les Echos]
Du côté de l'Union européenne, le quotidien allemand Der Spiegel révèle que la NSA a installé des mouchards dans les locaux de la représentation de l'Union à Washington, dans sa délégation auprès de l'ONU, à New York et jusque dans le bâtiment du Conseil de l'Union européenne à Bruxelles.

Selon les Echos, ces révélations soulignent de façon criante le besoin d'avancer rapidement sur une modernisation du cadre réglementaire européen, qui date de 1995, soit le tout début de l'ère internet. Il s'agit de renforcer les règles du jeu, et surtout de les harmoniser à l'échelle des 28 alors que chaque pays a bricolé son propre système.
Ce maelström législatif pourrait déboucher sur le vote aujourd'hui au Parlement européen  de mesures  renforçant le contrôle sur les transferts de données vers les pays tiers. Plus question que Google ou Yahoo puissent encore le faire facilement sauf si ce transfert repose sur une base juridique européenne ou si le pays tiers a une loi équivalente à celle en vigueur en Europe. Autres mesures envisagées : le droit à l'oubli (le fait de pouvoir demander que ses données personnelles soient effacées par Facebook par exemple) devrait être institué, ainsi que l'obligation d'un consentement explicite des internautes pour l'exploitation commerciale de leurs données.

Ce vote doit encore être confirmé, car le Parlement doit s'entendre avec les Etats membres qui, très divisés, n'ont toujours pas arrêté de position commune. Mais le compromis final sur cette législation avant la fin de la législature au printemps 2014 paraît difficile.