Elargissement

De 6 à 28 : histoire des élargissements

Elargissement (Roumanie) (c) Parlement européen

La construction européenne est née de la volonté d'hommes politiques visionnaires - Jean Monnet, Robert Schuman, Konrad Adenauer, pour ne citer qu'eux - dont l'ambition était de préserver la paix en Europe et d'en assurer la prospérité économique. En 1951, 6 pays décident de se constituer en Communauté européenne du charbon et de l’acier (CECA) : la RFA, la France, la Belgique, l'Italie, le Luxembourg et les Pays-Bas.

En 1957, ils fondent la Communauté économique européenne (CEE) et la Communauté européenne de l'énergie atomique (CEEA), à l'origine de l'Union européenne telle que nous la connaissons aujourd'hui.

De 6 pays en 1957 à 28 aujourd'hui, l'UE a connu sept vagues d'adhésion de nouveaux pays, communément appelées "élargissements".

1er élargissement : Royaume-Uni, Irlande, Danemark (1973)

Six élargissements

1973 : Royaume-Uni, Irlande, Danemark
1981: Grèce
1986 : Espagne et Portugal
1995 : Autriche, Finlande, Suède
2004 : Chypre, Malte, Estonie, Hongrie, Lettonie, Lituanie, Pologne, République tchèque, Slovaquie, Slovénie
2007 : Roumanie et Bulgarie
2013 : Croatie

Carte des élargissements de l'Union européenne

Au cours des années 50, le Royaume-Uni s’était tenu à l’écart de toutes les tentatives d’intégration européenne susceptibles de remettre en cause sa souveraineté, ses rapports avec son ancien Empire et sa relation privilégiée avec les Etats-Unis. Mais durant les années 60, les Britanniques réorientent leur politique étrangère vers une Europe continentale de plus en plus prospère.

En 1971, après deux refus de la France, qui redoute un affaiblissement des Communautés, le Royaume-Uni voit s’ouvrir les portes du marché commun. Il y est officiellement admis le 1er janvier 1973, en compagnie de l’Irlande et du Danemark. Les Communautés (CECA, CEE, CEEA) passent ainsi de 6 à 9 membres.

2ème élargissement : Grèce (1981)

Associée aux Communautés depuis 1961, la Grèce s’était retrouvée isolée diplomatiquement à la suite du coup d’Etat militaire de 1967. En 1974, la chute du régime des colonels et le retour à la démocratie rapprochent la République hellénique de l’Europe occidentale. La Grèce dépose sa candidature en 1975, mais elle doit rattraper son retard économique avant de devenir le 1er janvier 1981 le dixième membre des Communautés européennes.

3ème élargissement : Espagne, Portugal (1986)

Leurs régimes dictatoriaux avaient tenu l’Espagne et le Portugal éloignés de la construction européenne. Après la mort de Franco et la chute de Salazar, ces deux pays en voie de démocratisation peuvent désormais prétendre à faire partie de la famille européenne. A la suite de longues négociations, dues aux craintes économiques suscitées par cette adhésion, l’Espagne et le Portugal rejoignent les Communautés européennes le 1er janvier 1986, portant à douze le nombre de leurs membres.

4ème élargissement : Autriche, Suède, Finlande (1995)

En raison de leur neutralité militaire, une partie des pays européens était restée à l’écart de la construction communautaire, préférant adhérer à l’AELE (Association européenne de libre-échange). En 1991, la création de l’EEE (Espace économique européen) étendait les règles du marché commun aux pays de l’AELE.

Entretemps, la disparition de l’Union soviétique rendait pratiquement caduc le statut de pays neutre. Dès lors qu’il s’agissait d’appliquer les règles européennes, les pays de l’AELE avaient tout intérêt à intégrer les Communautés.

C’est ainsi que l’Autriche, la Suède, la Finlande, la Suisse et la Norvège (qui l'avait déjà fait au début des années 70) déposent tour à tour leur candidature à l’adhésion. En 1995, seuls les trois premiers pays rejoignent finalement ce qui deviendra l’Union européenne, portant à quinze le nombre de ses membres. La Norvège et la Suisse rejettent l'adhésion par référendum. 

5ème et 6ème élargissements : Chypre, République tchèque, Estonie, Hongrie, Lettonie, Lituanie, Malte, Pologne, Slovaquie, Slovénie, Bulgarie, Roumanie (2004 et 2007)

La disparition progressive du bloc de l'Est, avec la chute du mur de Berlin en 1989, a permis au continent européen de se réunifier.

Treize pays se sont ainsi lancés dans les années 90 dans un processus d’adhésion à l'Union européenne : Chypre, Malte, dix pays d'Europe centrale et orientale (Bulgarie, Estonie, Hongrie, Lettonie, Lituanie, Pologne, République tchèque, Roumanie, Slovaquie, Slovénie) et la Turquie.

Le 31 mars 1998, les négociations d'adhésion ont démarré avec les six pays les mieux préparés : Chypre, Estonie, Hongrie, Pologne, République tchèque et Slovénie.

Puis, le 15 février 2000, six autres pays ont suivi : la Bulgarie, la Lettonie, la Lituanie, Malte, la Roumanie et la Slovaquie.

Les chefs d'Etat ou de gouvernement ont décidé, lors du Conseil européen de Copenhague de décembre 2002, que Chypre, la République tchèque, l'Estonie, la Hongrie, la Lettonie, la Lituanie, Malte, la Pologne, la République slovaque et la Slovénie respectaient les critères pour entrer dans l'Union européenne. Ils leur ont alors proposé d'intégrer l'Union européenne le 1er mai 2004. Le 16 avril 2003, le traité d’adhésion de ces 10 pays a ainsi été signé à Athènes.

L'UE a ensuite signé un traité d'adhésion avec la Roumanie et la Bulgarie le 25 avril 2005. Le Conseil européen des 14 et 15 décembre 2006 a entériné l'avis favorable rendu par la Commission européenne au sujet de l'entrée de ces deux pays dans l'Union.

Le 1er janvier 2007, la 6e vague d'élargissement a ainsi été clôturée par l'adhésion de la Bulgarie et la Roumanie.

7ème élargissement : Croatie (2013)

Les négociations d’adhésion avec la Croatie ont démarré le 3 octobre 2005 et le dernier chapitre a été refermé le 30 juin 2011.

La Croatie est devenue le 28e État de l'Union européenne le 1er juillet 2013, après ratification du traité d'adhésion signé le 9 décembre 2011, et le référendum national du 22 janvier 2012 qui a obtenu 66,27 % de "oui".