Collection Réflexe Europe - La Documentation française
Portugal

Portugal

Capitale : Lisbonne
Population : 10,34 millions - (Eurostat - 2016)
Superficie : 92 212 km² - (Eurostat - 2013)
Date d'adhésion : 1986-01-01
Taux de croissance du PIB : 1,5 % - (Eurostat - 2015)
Taux de chômage : 12,6 % - (Eurostat - 2016)
Dette publique : 129 % - (Eurostat - 2015)
Déficit public en % du PIB : -4,4 % - (Eurostat - 2015)
Inflation : 0,5 % - (Eurostat - 2015)
Monnaie : Euro
Découpage administratif : 5 régions, 2 régions autonomes, 18 disctricts, 308 communes
Hymne national : A Portuguesa (la Portugaise)
Indicatif téléphonique : 351
Code ISO : PT
Système politique : République de type semi présidentiel
Espérance de vie : 81,3 ans - (Eurostat - 2014)
drapeau Portugal

Politique

Le Portugal est une république de type semi-présidentiel, régie par la Constitution de 1976. Le pouvoir législatif est exercé par un parlement à chambre unique, l’Assembleia da Républica, élue pour quatre ans au scrutin proportionnel à un seul tour. L’Assemblée de la République compte 230 députés, dont 4 représentants des Portugais de l’étranger.

Le 4 octobre 2015, Pedro Passos Coelho, Premier ministre sortant, est arrivé en tête des élections législatives avec le Parti social-démocrate (PSD), mais a été déposé à la suite d'un vote de confiance du Parlement. Antonio Costa et le Parti socialiste, deuxièmes de l'élection, ont été amenés au pouvoir. Le président de la République est Marcelo Rebelo de Sousa (conservateur), qui a succédé en janvier 2016 à Anibal Cavaco Silva (également conservateur), non rééligible après deux mandats successifs.

L'instabilité politique liée à cet exécutif issus de deux partis opposés vient donc s'ajouter aux difficultés économiques du pays.

Auparavant, lors des élections de 2011, le Parti social-démocrate (PSD) avait largement remporté les élections législatives. Pedro Passos Coelho était devenu le chef du gouvernement, remplaçant M. Socrates (Parti socialiste).

Le pays et l'UE

Le Portugal est entré dans la Communauté économique européenne le 1er janvier 1986, avec l’Espagne. Cette adhésion a permis à la jeune démocratie de se consolider et au Portugal de connaître un développement économique fulgurant. L’apport massif de capitaux étrangers, aussi bien grâce aux aides communautaires des fonds structurels que grâce aux investissements favorisés par l’ouverture au marché unique, ont permis une modernisation rapide de sa structure économique.

Le Portugal élit 21 députés au Parlement européen.

La ville de Guimarãesa été élue capitale européenne de la culture 2012.

Géographie

Large bande côtière à l’extrémité occidentale de la péninsule ibérique et de l’Europe, le Portugal compte 840 km de côtes sur l’Océan Atlantique, outre les archipels de Madère et des Açores. Le territoire de 92 000 km2 est constitué de plateaux descendant en gradins vers l’Atlantique. Le Nord, plus montagneux et traditionnellement dévolu aux activités industrielles et à une économie agropastorale de petites exploitations se différencie nettement du Sud où les cultures extensives prennent davantage d’importance, en particulier les céréales, les oliviers et les agrumes.

La vaste agglomération de Lisbonne réunit 2, 7 millions des près de 10 millions de Portugais, manifestant une macrocéphalie importante du réseau urbain portugais. Porto, au nord, à l’embouchure du Douro, avec un million d’habitants, constitue le seul contrepoids réel à la capitale et à la forte centralisation administrative.

La concentration de l’activité économique dans les métropoles, au détriment de zones rurales largement délaissées n’est que partiellement compensée par la littoralisation accrue de l’économie portugaise et en particulier le développement très dynamique de l’Algarve, traditionnellement déshéritée. Après avoir longtemps été une terre d’émigration massive, le succès économique des dernières décennies en a fait un foyer d’immigration.

Economie

Le Portugal est passé d’une économie rurale (l’agriculture représente 5,5% de la population active) à une économie plus industrielle puis à une économie de services. Dans le secteur industriel, le textile, la chaussure et l’automobile prédominent. Le pays possède également de nombreuses ressources naturelles, comme le cuivre et l'étain, et est l'un des principaux exportateurs de liège et de marbre.

Les infrastructures portugaises se sont considérablement modernisées depuis les années 1980 et les investissements nationaux et étrangers sont très élevés. Un programme de privatisation a démarré en 1989. Malgré les aides européennes, le pays n’a cependant pas entièrement comblé son retard, notamment en matière d’éducation et de formation professionnelle.

Fortement touchée par la crise de 2008, la situation économique récente du pays est critique. Le pays est actuellement en période de faible croissance. En 2003, le Portugal a été le premier Etat membre à être soumis à une procédure pour déficit excessif. Les politiques économiques sont placées sous le signe de l’austérité, avec une baisse des dépenses de fonctionnement des ministères et une diminution de l’investissement public. Les réformes entreprises par le gouvernement actuel ne produiront leurs effets qu’à moyen terme, ne laissant pas entrevoir de reprise forte avant quelques années.

En avril 2011, le Portugal a demandé une aide à l’Union européenne, se traduisant par l'adoption en mai 2011 d'un programme d’assistance financière d'un montant de 78 milliards d'euros sur 3 ans. En 2012, l'adoption d'un budget draconien ainsi que les nombreuses réformes structurelles (touchant principalement les fonctionnaires) entreprises par le pays ont entrainé de nombreuses grèves et manifestations dans le pays.

Après 11 mois de récession, le pays a renoué avec une croissance positive au premier trimestre 2013, et s'est passé de l'assistance financière européenne en mai 2014. Le taux de croissance s'est élevé à 1,5% en 2015, le taux de chômage reste élevé à 14,1%.

Avec l'Espagne, le Portugal avait jusqu'à 2016 pour faire passer son déficit public sous la barre des 3 % du PIB, un objectif non atteint dans les deux pays. La Commission européenne a toutefois accordé un sursis a ces pays et ne les a pas sanctionnés.

Histoire

Conquêtes romaine et arabe

  • 147 : la conquête romaine de l’extrémité de la péninsule ibérique donne naissance à la province de Lusitanie, de dimensions plus importantes que le Portugal actuel.
  • 711 : le Royaume wisigoth est conquis par les Arabes et passe sous leur domination pour plusieurs siècles.

Le royaume portugais et les grandes découvertes

  • 1139 : après la victoire d’Ourique sur les souverains musulmans, Alphonse Ier prend le titre de roi et place son royaume sous la protection directe du Saint Siège pour le mettre à l’abri des prétentions castillanes. En 1383, l’accession au trône de la dynastie d’Aviz contre le candidat des Castillans manifeste l’essor et l’identité de la bourgeoisie du royaume.
  • 1497 : L’expédition de Vasco de Gama vers les Indes Orientales en passant par le Cap de Bonne Espérance signale l’apogée du rôle du Portugal dans les grandes découvertes. Le royaume se constitue un important empire colonial, constitué en particulier du Brésil et de comptoirs de l’Afrique à la Chine.
  • 1580-1640 : le Portugal est occupé par le duc d’Albe et réduit en union personnelle avec le souverain d’Espagne Philippe II qui cherche à incorporer l’administration du royaume à l’ensemble de la monarchie. L’union est rompue par la révolte de 1640, qui voit accéder au trône Jean IV de la dynastie de Bragance. L’alliance avec la Grande Bretagne, scellée en 1703, afin de contrecarrer les projets de l’Espagne, devient une ligne directrice de la diplomatie portugaise des trois siècles suivants.

Occupation française et tensions intérieures 

  • 1807 : l’occupation du Portugal par le général Junot au nom de la France napoléonienne suscite l’hostilité de la population portugaise mais aussi l’émergence de l’opinion publique éclairée aux positions libérales.
  • 1820-1826 : le retour de Jean VI de l’exil brésilien est émaillé de conflits politiques successifs. Après la révolte de Porto (1820), le Portugal obtient une constitution libérale (1822). Les tensions politiques entre libéraux et conservateurs perdurent jusqu’en 1853. Le Brésil est devenu indépendant en 1825, gouverné par l’empereur Pierre Ier.

De la république à la révolution, en passant par la dictature 

  • 1910 : la république est proclamée, en même temps que la séparation de l’Eglise et de l’Etat. La période qui suit est marquée par une grande instabilité politique, avec 16 coups d’Etat entre 1919 et 1926.
  • 1928-1968 : Salazar instaure progressivement une dictature autoritaire et corporatiste, l’ "Estado Novo", jusqu’à sa mort en 1968. Le régime est fragilisé par les guérillas coloniales en Afrique, à partir de 1961.
  • 1974 : le 25 avril, un coup d’Etat de l’armée soutenu par le mouvement populaire de la "Révolution des Oeillets" met en place un processus démocratique durable, sous la présidence du socialiste Mario Soares.

Drapeau et hymne

Le drapeau du Portugal a été créé en 1910, à la suite d’une rébellion civile et militaire qui a débouché sur l’instauration de la République portugaise. Les couleurs rouge et vert symbolisent l’espoir et le courage au combat. Sa curiosité principale réside dans le blason en son cœur, qui dévoile le plus de renseignements sur l’histoire du Portugal, révélant à la fois l’héritage religieux et colonialiste de ce pays. Cinq boucliers bleus y figurent, le nombre représentant les plaies du Christ, tandis que le bouclier symbolise les victoires militaires passées.

L’hymne national portugais A portuguesa ("La Portugaise"), a été écrit par Henrique Lopes de Medonça en 1891, dans un contexte difficile pour le peuple portugais. C'est en effet l'année où l’Angleterre, traditionnelle alliée, s’oppose à ses prétentions territoriales en Afrique, supposées compenser la perte du Brésil. C’est pourquoi l’hymne exhorte le peuple de marins au réveil, à l’insurrection. Chanté dès la tentative de révolution de janvier de 1891, il sera officiellement adopté en même temps que le drapeau officiel le 31 janvier 1911. Il en existe plusieurs versions, et la nouvelle Constitution de 1976, adoptée immédiatement après la chute de Salazar, achèvera de préciser sa forme définitive.

Culture

Luis de Camões (1524-1580)

Le plus grand poète portugais du XVIème siècle incarne l’âge d’or de la littérature et de la civilisation portugaises, civilisation dont il se fait d’ailleurs la voix dans la vaste épopée historique des Lusiades, qui s’inspire de l’histoire du pays jusqu’à la découverte des Indes par Vasco de Gama (1469-1524). Celui-ci manifeste l’élan scientifique, commercial et politique des grandes découvertes, mais aussi la mue progressive en une entreprise coloniale qui laisse une profonde empreinte sur la société portugaise, puisqu’il devient à la fin de sa vie vice-roi des Indes.

L’administration portugaise de l’Angola et du Mozambique, parmi les dernières colonies européennes à accéder à l’indépendance, était connue pour sa dureté. Les liens privilégiés entre le Portugal et le Brésil, indépendant depuis 1825, créent un espace lusophone d’échanges et de création artistique, au sein duquel s’intègre de plus en plus le Cap Vert.

Manoel de Oliveira (1908-)

La perte de l’Empire, loin de signifier l’extinction de la culture portugaise, en a assuré le renouveau et le rajeunissement, en parallèle des espoirs politiques nés de la "Révolution des Oeillets". Le réalisateur portugais de Oliveira, né à Porto, compte plus d’une trentaine de films à son actif. Sa carrière cinématographique a commencé dès le début des années 1930, où il a débuté comme acteur, mais sa percée dans le cinéma international est relativement tardive. Les cannibales, fable ironique, est présentée à Cannes en 1988.

La consécration suit avec Val Abraham, ce qui lui permet de tourner ensuite avec des stars européennes et américaines (John Malkovitch, Catherine Deneuve, Marcello Mastroianni). Il appartient aux figures de la transition culturelle, au même titre que l’écrivain José Saramago qui assume la difficile succession du grand poète Fernando Pessoa. Dans chacun de ces domaines, la culture ne se départit jamais de ses attaches populaires et épouse bien plutôt la poésie nostalgique du peuple portugais, qui se traduit dans le "fado", chant traditionnel dans lequel excelle Amalia Rodrigues.