Italie

Italie

Capitale : Rome
Population : 60,67 millions - (Eurostat - 2016)
Superficie : 302 073 km² - (Eurostat - 2013)
Date d'adhésion : 1957-01-01
Taux de croissance du PIB : 0,8 % - (Eurostat - 2015)
Taux de chômage : 11.9 % - (Eurostat - 2015)
Dette publique : 132.7 % - (Eurostat - 2015)
Déficit public en % du PIB : -2.6 % - (Eurostat - 2015)
Inflation : 0.1 % - (Eurostat - 2015)
Monnaie : Euro
Découpage administratif : 20 régions, 103 provinces, 8 103 communes
Hymne national : Il Canto degli Italiani (le Chant des Italiens)
Indicatif téléphonique : 39
Code ISO : IT
Système politique : République parlementaire bicamérale
Espérance de vie : 83,2 ans - (Eurostat - 2014)
drapeau Italie

Politique

L’Italie est une république parlementaire bicamérale.

Le président de la République, Sergio Mattarella, qui a succédé à Giorgio Napolitano, jouit de pouvoirs relativement limités. Il a été élu au suffrage indirect le 31 janvier 2015, avec 665 voix sur 995 votants, pour un mandat de sept ans. Giorgio Napolitano avait été réélu pour un second mandat en 2013 afin de sortir de la crise politique, mais a choisi de démissionner le 14 janvier 2015 en raison de son âge. 

Silvio Berlusconi, qui avait succédé à Romano Prodi à la tête du gouvernement italien le 8 mai 2008, a été contraint de présenter sa démission le 12 novembre 2011, après l'adoption des mesures de rigueur promises à l'Union européenne. Accusé d'avoir miné la crédibilité de son pays, il a été remplacé par Mario Monti, ancien commissaire européen (en charge du Marché intérieur, puis de la Concurrence), qui a pris sa place en tant que président du Conseil des ministres (l'équivalent du poste de Premier ministre en France). Le gouvernement Monti a été remplacé par celui d'Enrico Letta le 28 avril 2013 suite aux nouvelles élections.

Devant la persistance de la crise économique en Italie, le Parti Démocrate avait voté en février 2014 pour la formation d'un nouveau gouvernement. Le secrétaire général du parti, Matteo Renzi, alors maire de Florence, était à l'origine de cette motion de défiance contre le président du Conseil Enrico Letta. Devant ce désaveu de son propre parti, Enrico Letta a présenté sa démission au président Giorgio Napolitano le 13 février 2014.

Le 17 février 2014, Matteo Renzi est chargé de former un nouveau gouvernement. Il s'agit alors d'une équipe relativement jeune - la moyenne d'âge est de 48 ans - et restreinte puisque seulement 16 personnes la composent (dont la moitié de femmes).

A la suite de l'échec de son référendum constitutionnel (59,11% de "non") le 4 décembre 2016, pour lequel il avait engagé son mandat, Matteo Renzi démissionne. Le président Sergio Mattarella, chargé de trouver une solution à la crise politique connue par le pays après la démission du président du Conseil, nomme Paolo Gentiloni en tant que chef du gouvernement. Ce dernier, fidèle soutien de Matteo Renzi et ministre des Affaires étrangères de son gouvernement, entend notamment trouver un accord avec le Parlement quant à la réforme de la loi électorale, avant la tenue de nouvelles élections législatives en 2018.

Le pays et l'UE

L’Italie est l’un des six pays à l'origine des Communautés européennes. Parmi les fondateurs de l'Union européenne, de célèbres Italiens, tels qu'Alcide de Gasperi ou Altiero Spinelli.

L'Italie a fêté ses cent-cinquante ans en 2011. Cette "jeunesse" et le sentiment nationaliste faible qui en résulte ont notamment participé à un sentiment pro-européen très fort pendant plusieurs années.

En 2003, l'Italie s'est déclaré en faveur de l'intervention américaine en Irak. Une position qui n'a pas manqué de choquer d'autres membres de l'UE défavorables à une telle intervention. L'américanisme de l'Italie n'est pas nouveau et s'est manifesté dès la fin de la guerre. Il s'est développé au sein de l'Union européenne en réaction à un couple franco-allemand de plus en plus influent, auquel il a fallu trouver d'autres alliances. L'Italie s'est ainsi tournée vers l'Espagne, le Royaume-Uni et, à l'extérieur de l'UE, les Etats Unis.

En mars 2017, à l'occasion des 60 ans du traité de Rome, les dirigeants européens se sont retrouvés à Rome afin de redonner une ligne conductrice à la poursuite de la construction de l'Union européenne. Le gouvernement italien a fait savoir son attachement à un renforcement et à un approfondissement de la construction européenne.

L'Italie fait face à une crise migratoire et humanitaire de grande ampleur. Des milliers de migrants débarquent sur ses côtes, en provenance de Libye. Afin de soutenir l'Italie, l'Union européenne a mis en place un plan de relocalisation des réfugiés. Mais cette solution s'est avérée être un échec, certains pays de l'UE, comme la Hongrie ou la République Tchèque, refusant de l'appliquer. En juin 2017, l'Italie a menacé de fermer ses ports si les autres pays de l'UE ne se montraient pas plus solidaires.

L’Italie compte 73 députés au Parlement européen et possède 29 voix au Conseil de l'UE, ce qui lui donne autant de poids que l'Allemagne, la France et le Royaume-Uni. Depuis 1958, deux Italiens ont occupé le poste de président de la Commission européenne : Franco Maria Malfatti de 1967 à 1970 et Romano Prodi de 1999 à 2004. L'actuel président du Parlement européen, Antonio Tajani, est un italien, à l'instar de la Haute représentante de l'Union pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité, Federica Mogherini.

Histoire

Périodes dorées pour l'Italie

  • VIIIe siècle avant notre ère : fondation de la cité de Rome qui accroît peu à peu sa zone d’influence à l’ensemble de l’Europe.
  • 476 : chute de l’Empire romain d’Occident.
  • 1122-1250 : les puissantes cités du Nord de l’Italie sont contraintes à prendre part à la lutte entre la papauté et l’empereur ; elles se divisent en une lutte fratricide entre guelfes et gibelins. Les cités rivales de Venise, Gênes, Florence,  prospèrent grâce au commerce avec l’Orient.
  • XIVème-XVème siècles : renaissance littéraire, artistique et scientifique dans le nord de l’Italie. C’est l’apogée des cités-Etats comme Florence, qui devient le centre culturel de l’Europe sous le règne des Médicis.

Des relations tendues avec l'Autriche et la France  

  • 1494-1559 : les guerres d’Italie opposent la France à l’Empire des Habsbourg. La victoire finale des Habsbourg marque le début de la domination espagnole sur la péninsule.
  • 1713 : par le Traité d’Utrecht, l’Autriche hérite des possessions espagnoles en Italie.
  • 1796 : début de la campagne d’Italie. Bonaparte y fonde une République-sœur, qui sera plus tard incorporée à son Empire.

Après l'unification et Mussolini, l'Italie retrouve la stabilité

  • 1870 : la prise de Rome par les troupes du roi Victor Emmanuel II marque l’achèvement de l’unification italienne, commencée en 1848 avec l’essor du mouvement nationaliste (Risorgimento) jusqu’à la proclamation du Royaume en 1861.
  • 29 octobre 1922 : Benito Mussolini accède au pouvoir après la Marche sur Rome. Il met en place une dictature fasciste et entre en guerre en 1940 aux côtés de l’Allemagne nazie. La résistance armée des partisans s’accroît.
  • 2 juin 1946 : proclamation de la République. Depuis cette date, la vie politique italienne est restée longtemps marquée par une certaine instabilité gouvernementale. Les années 70 ("années de plomb") sont troublées par des violences terroristes d’extrême-gauche et d’extrême-droite.

Géographie

Péninsule de l'Europe méridionale baignée par la mer Méditerranée, l'Italie partage ses frontières continentales au nord avec la France, la Suisse, l'Autriche et la Slovénie. Elle est composée de 20 régions dont deux îles principales : la Sicile et la Sardaigne.

Le pays est montagneux : les Apennins forment comme une épine dorsale du nord au sud. Au sud-ouest, plusieurs volcans sont toujours en activité : le Vésuve (près de Naples) et l'Etna (en Sicile).

Economie

Même si les différences sont aujourd’hui moins frappantes, l’Italie présente toujours deux profils contrastés : le Nord industriel et dynamique (notamment grâce à de grandes firmes comme FIAT ou Pirelli), tranche avec le Sud (Mezzogiorno) plus rural, aux taux de chômage plus élevés.

Le tourisme occupe une place importante dans l'économie italienne. Grâce à son riche passé historique et culturel, à ses nombreuses stations balnéaires ainsi qu’à la présence des Alpes, l'Italie est la cinquième destination touristique mondiale.

Plus grand producteur européen de riz, de fruits et de végétaux et également plus grand producteur et exportateur mondial de vin, l'Italie est l'une des puissances agricoles majeures de l'Union européenne. Second exportateur mondial de produits de luxe, le pays dispose de grandes industries dans les secteurs de l'automobile, de la mode ou encore des produits chimiques.

L’Italie connaît depuis 2004 d’importantes difficultés économiques qui font d’elle le "grand malade" de l’Europe occidentale. Ses nombreuses PME souffrent de la compétition internationale et le pouvoir d’achat est au mieux stagnant. Tout de même soutenue par une augmentation de la consommation privée, la croissance du PIB est de nouveau positive mais proche de 0%, après deux phases de récessions entre 2009 et 2013.

Plusieurs plans d'austérité, notamment en 2011, d'un montant de 60 milliards d'euros, n'ont pas permis au pays de réduire sa dette publique, qui atteint 157% du PIB en 2016 (+40 points depuis le début de la crise), notamment face à la contraction du PIB en 2012 (-2,8%). Le déficit public reste inférieur mais proche de 3% en 2016. Le secteur bancaire est toujours fragilisé, ce qui ne consolide pas la confiance des investisseurs dans les banques italiennes.

Le chômage commence à diminuer en 2014, année durant laquelle il a atteint un pic à 12,68% (au sens de l'OIT), pour atteindre 11,7% en 2016. Toutefois, le taux de chômage des jeunes est le troisième plus élevé de l'UE derrière l'Espagne et la Grèce, avec 37,8% en 2016. Le Jobs Act adopté en janvier 2014 et entré en vigueur début 2015 a répondu aux incitations de la Commission européenne à mettre en œuvre des réformes structurelles dans le pays, notamment sur le marché du travail.

CDI à protection croissante, création d'une agence nationale pour l'emploi, justification non nécessaire de l'employeur pour rompre un CDI, période d'essai de trois ans ou encore non réintégration des salariés licenciés abusivement sont quelques exemples de mesures mises en œuvre par le gouvernement Renzi. Bien que le chômage au sens de l'OIT ait diminué, le taux d'emploi reste relativement constant et toujours inférieur de près de 10 points à la moyenne de l'OCDE. Les effets de la réforme restent par ailleurs difficiles à anticiper.

Hymne et drapeau

L’origine du drapeau italien est liée à l’épopée napoléonienne en territoire transalpin. Les Républiques du Nord de l’Italie, fondées à partir de 1796, choisissent les couleurs actuelles vert-blanc-rouge pour composer un étendard. À cette époque, la première campagne d’Italie, lancée de France par le Directoire en 1796, est menée par le Général Bonaparte, au prix de batailles célèbres comme Arcole ou Rivoli. Cet emblème s’inspire du drapeau français. Couleur de référence de l’Émilie-Romagne, le vert remplace le bleu pour diverses raisons : teinte de base des uniformes de la Garde nationale lombarde, ou de la cocarde que cette milice portait auparavant.

L'hymne italien est composé en 1847 et adopté en 1946. Le Chant des Italiens est associé à la période trouble des années du Risorgimento à partir de 1820, date des premières émeutes, durant lesquelles des personnages tels Giuseppe Mazzini ou encore Camillo Cavour mènent, depuis le royaume de Piémont-Sardaigne de Victor Emmanuel II, une lutte qui aboutira à l’unité de la péninsule italienne.

Voir l'étude de Notre Europe - Institut Jacques Delors

Culture

21-8-2013 Michel-Ange (1475-1564)

La culture italienne, foisonnante et riche, constitue l’un des fleurons et des aiguillons de la culture mondiale depuis la Renaissance, lorsque la prospérité des cités-Etats, jointe à la redécouverte du patrimoine antique, suscitèrent parmi les plus grands chefs-d’œuvre de tous les temps. Parmi ces génies, Michel-Ange, sculpteur du David de Florence et peintre de la chapelle Sixtine, rend au modelé du corps humain une force et une perfection splendide.

La litanie des grands peintres et sculpteurs italiens, Piero della Francesca, Botticelli, Raphaël, Caravage, Léonard de Vinci, semble presque infinie. Mais cet héritage pictural ne se limite pas aux siècles passés. Plus près de nous, le XXème siècle a fait surgir de grands artistes comme Modigliani (1884-1920) ou Giorgio de Chirico.

Du côté de la littérature, la richesse est la même, de Dante à Buzzati ou Sciascia. Elle est illustrée par de grands hommes politiques : César, Cicéron, Sénèque, Marco Polo, Machiavel. Carlo Goldoni (1707-1793) modernise la commedia dell’arte ; deux siècles plus tard, Pirandello engage une nouvelle révolution théâtrale ; la musique italienne franchit les frontières avec Vivaldi, Bellini, Verdi.

Pier Paolo Pasolini (1922-1975)

Depuis cinquante ans, l’Italie a apporté une contribution très importante au cinéma mondial, à partir du réalisme italien de Rosselini. Fidèle à la tradition d’un art à la fois populaire et exigeant, le cinéma italien a trouvé en Fellini un esthète incomparable.

Quant au cinéma italien, on ne présente plus Visconti et plus récemment Bertolucci. L’œuvre originale et complexe du poète et cinéaste Pier Paolo Pasolini, au destin tragique, est à la fois marqué par la convergence de traditions culturelles artistiques et populaires spécifiquement italiennes et d’un engagement politique et artistique qui était attaché à décrire, représenter et modifier l’Italie en cours de modernisation des années 1970.