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Espagne

Espagne

Capitale : Madrid
Population : 46,44 millions - (Eurostat - 2016)
Superficie : 505 991 km² - (Eurostat - 2013)
Date d'adhésion : 1986-01-01
Taux de croissance du PIB : 3,2 % - (Eurostat - 2015)
Taux de chômage : 22.1 % - (Eurostat - 2015)
Dette publique : 99.2 % - (Eurostat - 2015)
Déficit public en % du PIB : -5,1 % - (Eurostat - 2015)
Inflation : -0,6 % - (Eurostat - 2015)
Monnaie : Euro
Découpage administratif : 17 communautés autonomes, 50 provinces, 8092 municipalités
Hymne national : Marcha Real (Marche Royale)
Indicatif téléphonique : 34
Code ISO : ES
Système politique : Monarchie parlementaire
Espérance de vie : 83,3 ans - (Eurostat - 2014)
drapeau Espagne

Politique

L’Espagne est une monarchie parlementaire instaurée après la transition démocratique de la fin des années 70.

Le pays est composé de 17 communautés autonomes qui disposent chacune de leurs propres institutions et d'importantes compétences. Si le système espagnol est proche du fédéralisme, il est important de noter que les communautés autonomes n'influent que peu la politique nationale. A la différence de systèmes adoptés dans les Etats fédérés, le sénat espagnol ne représente pas les régions.

Le roi Juan Carlos Ier, qui a accédé au trône en 1975, a abdiqué le 2 juin 2014, laissant ainsi la place à son fils, le prince Felipe de Bourbon, désormais Felipe VI.

Les années qui suivent la mort du dictateur Francisco Franco en 1974 permettent la transition vers la démocratie. Le paysage politique est alors marqué de 1982 à 1996 par le règne du PSOE et du Premier ministre Felipe Gonzalez. La droite revient finalement au pouvoir avec José Maria Aznar (Parti populaire, PP), auquel lui succède à nouveau un socialiste, José Luis Zapatero de 2004 à 2011, qui sera confronté aux premiers effets de la violente crise économique et monétaire qui touche l'Espagne encore aujourd'hui. Vivement critiqué suite à la présentation de son plan d'austérité, José Luis Zapatero a annoncé le 2 avril 2011 qu'il ne serait pas candidat à sa succession.

Le PSOE essuie alors une lourde défaite aux élections générales de novembre et laisse la place à Mariano Rajoy du PP. Son mandat est marqué par l'austérité et la gestion de la crise, ainsi que la naissance du mouvement des indignés.

Après deux décennies de stabilité politique post-franquiste, marquée par le bipartisme entre le Parti socialiste ouvrier espagnol (PSOE) et le Parti populaire (PP), l'Espagne est confrontée à une refonte du paysage politique et à l'émergence rapide de nouveaux partis à partir de 2014 : Podemos à gauche, issu du mouvement des indignés, et Ciudadanos au centre.

Les  élections générales du 20 décembre 2015 illustrent ce bouleversement politique sans précédent. Au Congrès des députés, le Parti Populaire sortant a obtenu 28,72% des voix soit 123 sièges, et le Parti socialiste 22,02% et 90 sièges, un score historiquement bas. Les résultats inédits des nouveaux partis Podemos (20,68%) et Ciudadanos (13,94%) ont mis fin au bipartisme historique et ont empêché la formation d'une majorité. Pendant plusieurs mois, les partis ont sans succès négocié des alliances pour former un gouvernement. Deux tentatives de nomination de gouvernements ont été effectuée par le PSOE en mars 2016. 

Le roi Felipe VI a donc dû convoquer des élections anticipées qui se sont déroulées le 26 juin 2016. Les nouveaux partis n'ont pas renouvelé leur succès électoral de décembre 2015 en raison de leur incapacité à négocier avec les partis historiques. Le PP est arrivé en tête avec 33 % des voix (137 sièges), suivi du PSOE à 22,6% (85 sièges). Podemos récolte 21,1% des voix et 71 sièges, et enfin Ciudadanos 13,05% et 32 sièges.

Ces résultats ne permettent toutefois pas l'émergence d'une majorité claire à la chambre haute espagnole. A ce jour, les négociations pour former un gouvernement de coalition sont toujours en cours.

Le pays et l'UE

La fin du franquisme ouvre les perspectives européennes de l'Espagne

Jusqu’en 1975, le régime franquiste rend inenvisageable l’adhésion de l’Espagne aux Communautés européennes, fondées sur des principes démocratiques et le respect des droits de l’homme. La coopération se limite aux seules questions économiques. La candidature de 1962 est ainsi rejetée.
 
La mort de Franco puis la libéralisation du pays permettent à l’Espagne de déposer sa candidature en 1977. L’Espagne devient membre des Communautés le 1er janvier 1986, en même temps que le Portugal. L’adhésion de l’Espagne (ainsi que celles de la Grèce et du Portugal) est politiquement symbolique : elle montre que la Communauté est ouverte à tous les pays européens dès lors qu’ils respectent ses principes fondamentaux.

L’adhésion aux Communautés européennes a contribué à l’ancrage de la démocratie en Espagne et elle a entraîné un relèvement rapide du niveau de vie des Espagnols, grâce aux échanges commerciaux avec les autres membres, mais aussi à l’aide des fonds de cohésion, dont elle a largement bénéficié. A ce titre, à la suite de l’élargissement de mai 2004, elle paraît décidée à limiter la baisse des aides européennes en faveur de ses régions défavorisées.

D'un gouvernement espagnol à l'autre

Felipe Gonzalez, Premier ministre espagnol de 1982 à 1996, a beaucoup œuvré pour l’ancrage de son pays dans l’Europe communautaire. Il est à l’initiative de la création de fonds de cohésion pour les pays les plus pauvres. Il a également joué un rôle central dans la coopération avec les pays d’Amérique latine et ceux du pourtour méditerranéen.

Lors des négociations sur le traité de Nice, José Maria Aznar parvient à obtenir pour l’Espagne un poids renforcé au Conseil européen. L’élection en mars 2004 de José Luis Rodriguez Zapatero signe le retour à un gouvernement plus favorable à l’intégration européenne et plus proche du couple franco-allemand.

Durement frappée par les attentats terroristes de Madrid en mars 2004 et préoccupée par l’immigration clandestine venue d’Afrique, l’Espagne est à la pointe de la coopération intergouvernementale en matière de justice et d’affaires intérieures.

L’Espagne a donné trois Présidents au Parlement européen : Enrique Baron Crespo (de 1989 à 1992), José Maria Gil Robles (de 1997 à 1999) et Josep Borrell Fontelles (de 2004 à 2006).

De janvier à juin 2010, l’Espagne a assuré la présidence du Conseil de l’UE. Le pays compte 54 députés européens.

Géographie

Baignée par la Méditerranée et l'Atlantique sur 3600 km de côtes, l'Espagne occupe la majeure partie de la péninsule ibérique et comprend également l'archipel des Baléares, les îles Canaries et les enclaves de Ceuta et Melilla sur la côte nord du Maroc.

La meseta, grand plateau central de 600 à 1000 m d'altitude est dominé par des chaînes de montagnes qui atteignent 3478 m dans la Sierra Nevada, au sud, et les Pyrénées au nord.
 

Economie

Grâce à un développement spectaculaire, l’Espagne est devenue une économie moderne en quelques décennies. A partir de son entrée dans la Communauté européenne en 1986, le pays a connu une hausse de la production industrielle dans les secteurs de la métallurgie, de l’agroalimentaire, et plus récemment de la chimie, du textile, de l’électronique. C’est aujourd’hui l’un des premiers constructeurs automobiles d’Europe.

L’agriculture a depuis longtemps perdu sa place de principal secteur d’emploi de la population active, mais elle reste très productive (huile d’olive, vin, fruits et légumes), en particulier dans les huertas andalouses intensives et fortement irriguées, de même que la pêche.

Le secteur des services domine aujourd’hui l’économie espagnole : banque, télécommunications et toutes les activités liées au tourisme. L’Espagne reste encore l’une des destinations touristiques les plus prisées au monde. La hausse de la fréquentation est à l’origine d'un boom de la construction immobilière, surtout sur la côte méditerranéenne.

Avant la crise de 2007-2008, l’Espagne enregistrait de bonnes performances économiques (près de 4% de croissance annuelle de 1997 à 2007), mais conservait une inflation supérieure à celle des autres pays de la zone euro.

Le pays a été particulièrement frappé par la crise des subprimes, qui a touché durement le secteur immobilier (explosion de la bulle en 2007), puis par la crise de la zone euro, entraînant la défiance des marchés à son égard. Le déficit (5,1% en 2015) et la dette (99,2% en 2015) publics se sont particulièrement creusés, et figurent aujourd'hui parmi les plus élevés de l'UE. La Commission européenne a autorisé le pays à attendre 2016 avant de réduire son déficit publique sous les 3% de PIB. Le pays ne parviendra très probablement pas à respecter cet objectif, mais devrait néanmoins éviter de se voir administrer des sanctions de la part de la Commission européenne. Le taux de chômage, qui semble partiellement compensé par une économie parallèle, atteint 26% début 2014. 

En 2015, après plusieurs années de récession, l'Espagne enregistre une croissance de 3,2 %. Le taux de chômage, parmi les plus élevés de la zone euro et de l'UE, est toutefois en baisse (20,9 % en 2015). Le tourisme pousse à nouveau l'économie espagnole et représente 14% du PIB, en faisant la troisième destination touristique mondiale après la France et les Etats-Unis. Madrid table sur une croissance de 2,7% en 2016. 

Pour redresser sa situation, l'Espagne a bénéficié d'aides financières de l'Union européenne, et adopté de vastes plans d'austérité ainsi que des réformes visant à flexibiliser son marché du travail, à réduire les coûts du système de retraite ou encore à mieux contrôler les finances des communautés autonomes.

Histoire

  • 19 avant notre ère : les Celtes de la péninsule ibérique sont totalement soumis à Rome, après deux siècles de luttes.

  • 711 : les Maures commencent la conquête de la péninsule ibérique. Durant 700 ans, une civilisation musulmane raffinée se développe dans l’émirat de Cordoue. Pendant ce temps, les royaumes chrétiens du Nord mènent la reconquête de la péninsule.

  • 1492 : les Rois catholiques Isabelle de Castille et Ferdinand d’Aragon s’emparent de Grenade, chassent de la péninsule le dernier souverain maure et expulsent les Juifs. Cette même année, Christophe Colomb découvre l’Amérique pour le compte de l’Espagne.

  • 1549 : Charles Ier d’Espagne est élu à la tête du Saint Empire Romain Germanique sous le nom de Charles Quint. Grâce aux richesses du Nouveau Monde, les Habsbourg d’Espagne règnent sur une grande partie de l’Europe avant de connaître un lent déclin.

XVIIIe et XIXe siècles : instabilité politique et perte progressive des colonies

  • 1808 : Napoléon Ier impose son frère Joseph comme roi. La révolte du 2 mai donne lieu à une sanglante répression le lendemain, le Tres de mayo immortalisé par Goya. Une guerre de libération adoptant la forme d’une guérilla sanglante, soutenue par les Anglais, met l’armée française en difficultés.

  • 1931 : proclamation de la République.

  • 1936-1939 : guerre civile entre les républicains et les nationalistes espagnols menés par le général Franco. Ce dernier remporte la victoire et met en place une dictature qui isole l’Espagne du reste de l’Europe.

  • 1975 : Franco meurt après avoir désigné comme successeur Juan Carlos. Le pays effectue sa transition démocratique. La société espagnole connaît une modernisation rapide.

  • 1986 : l’Espagne devient membre des Communautés européennes.

L'Espagne confrontée au terrorisme

  • 2004 : attentats terroristes islamistes à Madrid qui provoquent la mort de 191 personnes et élection concomitante de José Luis Rodriguez Zapatero.

  • 2006 : l'organisation séparatiste basque ETA annonce un cessez-le-feu, première étape du processus de paix.

  • 2010 : le 5 septembre l'organisation indépendantiste basque annonce un cessez-le-feu dans une vidéo remise à la chaine d'information anglaise BBC.

  • 2011 : le 10 janvier ETA annonce un cessez-le feu "permanent, général et vérifiable", ce qui correspond à l'appel dit Déclaration de Bruxelles , signée par différentes organisations internationales, et à l'accord de Guernica, signé par les principales forces de la gauche abertzale, qui appelaient ETA à franchir ce pas. Dans ce communiqué, l'organisation se donne pour objectif d'obtenir la "fin de la confrontation armée" au Pays Basque.

Hymne et drapeau

Le drapeau espagnol témoigne de la construction territoriale du royaume, du XIIIe au XVIe siècle. Les couleurs rouge et jaune sont initialement celles de la Castille et du Léon, mais aussi celles des domaines de Navarre et d’Aragon (aujourd'hui Aragon, Valence, Baléares et Catalogne). Les armoiries représentent également ces quatre régions, le symbole de Grenade apparaissant quant à lui en leur base. C’est un décret royal de 1785 qui officialise le choix du drapeau avec ses bandes horizontales.

L'hymne, la Marcha Real ("Marche royale") est le plus ancien des pays européens encore en vigueur de nos jours. La première référence à sa mélodie date de 1761, sous le titre de Marcha Granadera ("Marche des Grenadiers"), mais son auteur est inconnu. Il possède la particularité de ne pas être pourvu de paroles officielles, et ce malgré les diverses tentatives qui semblent avoir échoué par manque d'adhésion populaire et d'unité linguistique.

Voir l'étude de Notre Europe - Institut Jacques Delors

Culture

Cervantes (1547-1616)

Ecrivain du siècle d’or, Cervantes doit sa célébrité à Don Quichotte, qui est une référence incontournable de la littérature espagnole. Le destin de cet auteur engagé dans les armées royales, qui perd une main à la bataille de Lépante, retrace l’épopée du siècle le plus brillant de l’histoire espagnole, le siècle de la richesse et de l’or péruvien. Le Don Quichotte s’attache entre autres à exprimer les tensions entre la modernité et les structures féodales archaïques qui continuent à guider les esprits.

Gaudí (1852-1926)

Antoni Gaudí est le principal représentant de l'Art nouveau catalan, avec un style basé sur l'observation de la nature, et par l'utilisation de surfaces géométriques réglées qui se traduisent souvent pour des réalisations ne possèdant pas d'angles droits, ondulantes et asymétriques.
Sept de ses œuvres ont été classées par l'UNESCO patrimoine mondial de l'Humanité (le parc Güell, le Palais Güell, la Casa Milà, la Casa Vicens, la façade de la Nativité et la crypte de la Sagrada Família, la Casa Batlló et la Crypte de la Colonia Güell).
Doté d'une intuition et d'une capacité créatives hors du commun, Gaudí concevait ses immeubles de manière globale, il s'occupait aussi bien des questions structurales que des aspects fonctionnels et décoratifs.

Picasso (1881-1973)

Le peintre est une figure de proue du cubisme, qui marque la scène artistique internationale. S’il a travaillé pour l’essentiel en France, Picasso n’en est pas moins resté attaché à son hispanité et au destin politique de sa terre natale. Il immortalise des scènes terribles comme dans Guernica (du nom d’un village du Pays Basque bombardé par les Allemands au cours de la guerre civile espagnole). Ses oeuvres mondialement renommées comme Les demoiselles d’Avignon appartiennent désormais incontestablement au patrimoine de l’humanité.

Pedro Almodovar (1949-)

La culture espagnole, loin de s’endormir sur ses gloires passées, a su trouver dans le processus démocratique du dernier quart de siècle, la chance d’une renaissance brillante, qu’incarne en particulier le cinéma de la movida. L’un de ses représentants est Pedro Almodovar. Ce cinéaste talentueux cumule les prix : César, Oscar…

A son actif, Talons aiguilles, Tout sur ma mère, La mauvaise éducation, Parle avec elle, ou dernièrement La piel que habito. Le cinéaste se révèle baroque et adepte du kitsch et de la parodie, mais surtout il développe une vision de l’Espagne contemporaine, de ses contradictions attachantes et de ses évolutions rapides. Le dynamisme de la création espagnole dépasse le cercle du cinéma et s’exprime également en littérature avec des auteurs audacieux tels que Enrique Vila-Matas.