Commission Juncker 2014-2019
Danemark

Danemark

Capitale : Copenhague
Population : 5,62 millions - (Eurostat - 2014)
Superficie : 42 915 km² - (Eurostat - 2013)
Date d'adhésion : 1973-01-01
Taux de croissance du PIB : 0,4 % - (Eurostat - 2013)
Taux de chômage : 7 % - (Eurostat - 2013)
Dette publique : 44,5 % - (Eurostat - 2013)
Inflation : 0,4 % - (Eurostat - 2014)
Monnaie : Couronne danoise
Découpage administratif : 5 régions, 98 communes
Hymne national : Der er et yndigt land (Il est un pays charmant)
Indicatif téléphonique : 45
Code ISO : DK
Système politique : Monarchie constitutionnelle
Espérance de vie : 80,2 ans - (Eurostat - 2012)
drapeau Danemark

Politique

Le Danemark est une monarchie constitutionnelle.

Margrethe II en est la reine depuis 1972. Les élections législatives anticipées du 8 février 2005 ont reconduit le Premier ministre Anders Fogh Rasmussen et la coalition gouvernementale (partis Libéral et Conservateur) soutenue au Folketing (Parlement monocaméral élu pour 4 ans en moyenne) par l'extrême droite représentée par le Parti du Peuple danois (PPD).

Désirant s'affranchir de cette dépendance à l'extrême droite, Anders Fogh Rasmussen a dissous le Folketing deux ans plus tard, donnant lieu à des élections anticipées le 13 novembre 2007, que son parti a de nouveau gagnées. Le 5 avril 2009, il démissionne suite à sa nomination comme secrétaire général de l'OTAN, et laisse la place à son ministre des Finances Lars Løkke Rasmussen. Issu des élections législatives du 15 septembre 2010, le gouvernement est dirigé depuis le 3 octobre 2011 par Helle Thorning-Schmidt, chef du Parti social démocrate.

Le pays et l'UE

Le Danemark se montre attaché à une Europe respectueuse des spécificités nationales et n’accepte pas sans réserves les évolutions de la construction communautaire. Le 2 juin 1992, les Danois ont rejeté le traité de Maastricht à une courte majorité (50,7% de non).

Au mois de décembre suivant, le pays obtient quelques concessions : il ne participera que partiellement à l’Union économique et monétaire, à la citoyenneté européenne, à la coopération policière et judiciaire et à la politique de défense commune. Cette crise au sein de l’Union entraîne l’acceptation collective de l’idée d’une Europe à plusieurs vitesses. C’est ainsi la première fois qu’un Etat obtient le droit de ne pas participer pleinement aux politiques communautaires.

Le traité modifié est adopté le 18 mai 1993. Depuis, l’engagement danois au sein de l’UE, bien qu'actif, est demeuré partiel, si bien que le pays n’a par exemple pas adhéré à la zone euro. Les dérogations concernant la PSDC et la justice/affaires intérieures devaient être soumises à référendum après la présidence danoise du Conseil (janvier-juin 2012) mais le projet a été reporté.

En juillet 2011, le pays a rétabli temporairement les contrôles douaniers permanents à ses frontières intérieures avec la Suède et l’Allemagne, une mesure ensuite abrogée par le gouvernement de Helle Thorning-Schmidt.

Le Danemark dispose de 13 sièges au Parlement européen et de 7 voix au Conseil des ministres.

Géographie

Le Danemark est constitué d’une presqu’île (Jylland) et d’une succession d’îles de dimensions variables (Fyn, Sjaelland). Elle partage sa seule frontière terrestre avec l’Allemagne, au Sud. Le pays compte 7400 km de côtes, et plus de 400 îles. Sa position de verrou à l’entrée de la Baltique lui donne une place commerciale stratégique entre Mer du Nord et Mer Baltique, avec le contrôle de l’Oresund qui sépare Copenhague de la Suède. L’ensemble du pays est plat, culminant à 173 m seulement et soumis à un climat frais et humide.

L’agglomération de Copenhague, avec plus d’un million d’habitants, occupe une place importante dans la répartition de la population. Près d’un Danois sur cinq y habite. Århus, Ålborg et Odense sont les trois autres villes de dimensions significative sur le territoire danois. Le Groenland, la plus grande île du monde, et les îles Féroé sont danois, mais bénéficient de statuts d'autonomie. 

Economie

Le Danemark est l’un des pays les plus riches d’Europe en termes de PIB par habitant. Jusqu’à une période récente, le pays avait une activité essentiellement agricole, et ce secteur reste très productif et tourné vers l’exportation. L’essentiel de la richesse provient aujourd’hui des exportations de biens et services (55 % du PIB), le seul secteur des services employant près des ¾ de la population. Mais les industries mécaniques, textiles et navales ne sont pas négligeables. Ces deux activités se concentrent largement dans les villes principales et en particulier dans le bassin d’emploi de la capitale.

Le système économique danois se caractérise par une protection sociale très importante à laquelle les danois sont très attachés en dépit de la forte pression fiscale qu’elle entraîne, un droit du travail extrêmement souple et une main d’œuvre très mobile. Ce système de "flexicurité" a permis au pays de réduire son taux de chômage avant la crise, au point de susciter un vif intérêt dans les grands pays de l’Union européenne. 

Sévèrement touché par la crise de 2008, le Danemark n'a pas retrouvé son dynamisme du début des années 2000. La croissance est restée proche de zéro ces dernières années, mais pourrait repartir à 1,5% en 2014. Le taux de chômage, proche de 3% avant la crise, a bondi mais semble se réduire progressivement pour atteindre les 6,5% au deuxième semestre 2014. Le pays a fait l'objet d'une procédure de la Commission européenne pour déficit excessif, abrogée en juin 2014. 

Histoire

Le royaume du Danemark : de l'apogée aux revendications nationales

  • VIIIème siècle : le Royaume viking du Danemark étend son empire sur le pourtour de la Mer du Nord, conquérant l’Angleterre et la Norvège. Au cours du XIIe siècle s’installe définitivement une monarchie héréditaire soutenue par l’Eglise.
  • 1397 : l’Union de Kalmar instaure l’unification durable des royaumes scandinaves. Si la Suède ne reste attachée au Danemark que jusqu’en 1448, la Norvège demeurera dans le giron danois jusqu’en 1814. L’Islande, acquise en 1380 obtient son indépendance en 1944, tandis que le Groenland est pourvu d’un statut garantissant une très large autonomie.
  • 1536 : le luthéranisme adopté par la dynastie devient religion d’Etat et remodèle profondément les structures politiques, culturelles et administratives du royaume.
  • 1624-1628 : la période moderne reste largement marquée par l’antagonisme entre le Danemark et la Suède, qui est la cause de guerres répétées. Au cours de la Guerre de Trente Ans, le roi Christian IV tente de développer le royaume vers l’Allemagne et vers une unification des régions protestantes, mais il est repoussé par les troupes impériales catholiques.
  • 1665 : une constitution absolutiste du royaume renforce fortement le pouvoir royal et les modalités de son exercice. Au XVIIIème siècle, cette pratique de gouvernement s’inspire du despotisme éclairé, avec le ministère Struensee, dans les années 1780, qui engage un certain nombre de réformes structurelles.
  • 1814 : la Paix de Kiel, dans le sillage des défaites napoléoniennes, aboutit à la cession de la Norvège, qui devient un royaume indépendant.
  • 1849 : à la suite des révoltes du Schleswig germanophone et des séditions dans le royaume, le Danemark adopte une constitution libérale, où l’essentiel du pouvoir est remis au Folketing élu.

Vers la démocratie et la construction européenne

  • 1915 : une nouvelle constitution démocratique introduit le suffrage universel, y compris féminin, ce qui place le Danemark parmi les premiers pays à l’adopter.
  • 1959 : l’adhésion à l’AELE, initiée par la Grande Bretagne contre le modèle politique de la CEE, indique l’interdépendance des économies danoise et britannique.
  • 1972 : en même temps que la Grande Bretagne, le Danemark adhère à la CEE et le corps électoral accepte l’adhésion par référendum.

Drapeau et hymne

Officiellement adopté par la famille royale du Danemark en 1397, le drapeau danois (Dannebrog, "le vêtement rouge") est le plus vieux drapeau du monde. Selon la légende, il serait apparu lors de la croisade de Valdemar II en 1219 contre les Estoniens, soit tombé du ciel, soit pour représenter la tunique du prince tâchée de sang à l’exception de la bandoulière et la ceinture. De nos jours, le Dannebrog est un symbole particulièrement fort d'attachement des Danois à leur pays.

Le Danemark a deux hymnes nationaux officiels. L'hymne royal, (Kong Kristian, "le roi Christian"), utilisé lors de fêtes et de commémorations de la maison royale ou en lien avec les forces danoises, rend hommage au roi Christian IV (1577-1648), à la marine et aux héros de guerre des XVIIe et XVIIIe siècles. Il a été écrit en 1779 par James Ewald, poète et dramaturge danois, la mélodie étant attribuée à Johan Ernst Hartmann. Le second hymne, "Il est un doux pays", fut écrit par le chef de file du romantisme danois Oehlenschläger, en 1819, rend hommage à la beauté des paysages et du pays, et est en usage lors des événements sportifs nationaux et internationaux.

Voir l'étude de Notre Europe - Institut Jacques Delors

Culture

Henrik Ibsen (1828-1906)

La culture danoise a trouvé une expression particulièrement vivante dans la seconde moitié du XIXème siècle. La description et la critique de l’ordre bourgeois et des tendances puritaines de la société danoise font l’objet des pièces noires et féroces d’Hedda Gabler où des personnages inadaptés sont consumés au sein du conformisme étouffant qui les entoure, qu’il s’agisse de la Maison de poupée ou de Hedda Gabler.

La philosophie de Soren Kierkegaard (1813-1855) entretient à certains égards des liens avec cette approche. Tantôt poète, tantôt théologien, tantôt philosophe analytique, le penseur existentialiste construit ses questionnements autour des conditions morales de l’existence humaine. Toute différente est, dans ce contexte, la notoriété de Hans Christian Andersen, dont la petite sirène a trouvé un refuge emblématique dans le port de Copenhague, sous la forme de la statue du sculpteur Eriksen. Karen Blixen a elle aussi largement contribué au XXème siècle a accroître la notoriété littéraire du royaume.

Lars von Trier (1956-)

Mais au-delà d’une certaine tradition de la réflexion et de l’attitude intellectuelle face au monde, il n’est pas excessif de parler d’une école scandinave du cinéma qui a de profondes racines en Suède. Le cinéma exigeant et provocant de Lars von Trier, fondateur du Dogme qu’il s’est efforcé lui-même de dépasser, se réclame d’une filiation avec le Danois C.T.Dreyer, maître du muet, et le Suédois Ingmar Bergman. Les films de Bille August sont issus d’une veine plus attentive à la description psychologique et sociale qu’à l’analyse rigoureuse de la moralité et de l’action humaine.