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Chypre

Chypre

Capitale : Nicosie
Population : 0,85 million - (Eurostat - 2016)
Superficie : 9 251 km² - (Eurostat - 2013)
Date d'adhésion : 2004-05-01
Taux de croissance du PIB : 1,6 % - (Eurostat - 2015)
Taux de chômage : 15 % - (Eurostat - 2015)
Dette publique : 108.9 % - (Eurostat - 2015)
Déficit public en % du PIB : -1 % - (Eurostat - 2015)
Inflation : -1,5 % - (Eurostat - 2015)
Monnaie : Euro
Découpage administratif : 6 districts, 33 villes, 85 communes
Hymne national : Imnos is tin Eleftherian (Hymne à la Liberté)
Indicatif téléphonique : 357
Code ISO : CY
Système politique : République
Espérance de vie : 82,8 ans - (Eurostat - 2014)
drapeau Chypre

Politique

La République de Chypre, indépendante en 1960, est divisée depuis l'intervention turque de 1974. Le nord de l'île échappe au contrôle effectif du gouvernement de la République, seule reconnue par la communauté internationale.

Créée en 1983, la "République turque de Chypre-Nord" n’est reconnue que par Ankara. Les Chypriotes grecs sont regroupés au Sud  (750 000 en 2006) ; au Nord, se trouvent les Chypriotes turcs et de nombreux immigrants de Turquie (sans doute 250 000 en 2006).

Nicos Anastasiades, dirigeant du Rassemblement démocratique (DISY, conservateur), a été élu président de la République de Chypre lors du 2e tour de l'élection présidentielle du 24 février 2013, recueillant 55,7 % des suffrages, contre 42,5 % pour son adversaire, Stavros Malas (Parti progressiste des travailleurs, AKEL). Nicos Anastasiades succède ainsi à Dimítris Christofias.

Les élections législatives de mai 2011 ont renforcé le Rassemblement démocratique (DISY), représentant de la droite libérale, de deux sièges (de 18 à 20), au détriment de l'ancienne coalition au pouvoir depuis 2008. Le parti communiste (AKEL), désormais parti d'opposition, a gagné un siège (de 18 à 19). Le Parti démocratique (DIKO), son partenaire dans la coalition gouvernementale jusqu’en juillet 2011, a vu sa position s’éroder (de 11 à 9 sièges).

En 2016, les élections législatives ont renforcé le président de la République chypriote Nicos Anastasiades avec un taux d’abstention record. Son parti, le DISY a remporté 30,68% des suffrages soit 18 sièges. AKEL arrive en deuxième opposition avec une perte de quatre sièges.
Pour la première fois depuis l’indépendance de l’île, un parti nationaliste ELAM fait son entrée au Parlement avec 3,71% des voix soit 2 sièges.

Quant à la communauté chypriote turque, l'ancien Premier ministre Dervis Eroglu a remplacé Mehmet Ali Talat, élu en 2005, à la tête de l'Etat à la suite de l'élection du 18 avril 2010.

En avril 2015, Mustafa Akinci a été élu président avec 60,3% des voix. Dès le mois suivant, le Président récemment élu entend relancer les négociations de réunification entre les deux territoires bloquées depuis six mois. Plusieurs séries de négociations ont eu lieu, la dernière en date celle de juillet 2017 en Suisse sous l’égide de l’ONU avec la présence des 3 pays « garants » (Royaume-Uni, Grèce et Turquie) s’est soldée par un échec. La mise en place d’un Etat fédéral avec une présidence tournante était en bonne voie mais la présence de l’armée turque dans la partie nord a fini par avoir raison de l’accord.

Le pays et l'Union européenne

En décembre 1972 un accord d'association est signé entre le gouvernement bi-communautaire de Chypre et la Communauté économique européenne. En théorie, les deux parties de l'île (Nord et Sud) auraient dû bénéficier de cet accord, mais avec la partition de l'île et la seule reconnaissance de la partie sud par la communauté internationale et l'Europe, ce ne sera finalement pas le cas.

Chypre dépose sa demande d’adhésion aux Communautés européennes en 1990. L’UE espère que le processus d'adhésion sera l'opportunité d'une réunification des deux parties de l'île, mais ses espoirs seront déçus. En effet, les Chypriotes turcs refusent de participer aux pourparlers, ayant posé comme préalable la reconnaissance de leur Etat. En 1999, la résolution du problème de réunification de Chypre n'est finalement plus considérée comme un préalable à son adhésion.  

Chypre adhère à l’Union européenne en tant que territoire divisé le 1er mai 2004. C'est toutefois l'ensemble de l'île qui fait partie de l'Union européenne. Ainsi, les Chypriotes turcs sont citoyens européens et citoyens d'un pays membre de l'UE (Chypre), bien qu'ils vivent sur un territoire sous contrôle turc. Des négociations sont toujours en cours sur la résolution de la question chypriote, mais elles restent bloquées par le refus de la Turquie de retirer ses troupes militaires du territoire, un préalable pour Nicosie.

Chypre compte 6 représentants au Parlement européen et a exercé la présidence du Conseil de l'UE en 2012 pour la première fois. Le Commissaire européen chypriote actuel est Christos Stylianides, chargé de l'aide humanitaire et de la gestion des crises.

Le 1er janvier 2008, Chypre a adopté l'euro.

Géographie

Au carrefour de trois continents (Europe, Asie, Afrique), Chypre est la troisième grande île de la Méditerranée après la Sicile et la Sardaigne. Son point culminant est le mont Olympe (1952 m), situé dans le massif du Troödos.

La situation géographique de l’île a suscité pendant des siècles de constantes rivalités entre les puissances désireuses de s’en assurer la possession.

Economie

A son entrée dans l'Union européenne en 2004, Chypre était le plus riche des dix nouveaux adhérents. Toutefois, si à l'époque la partie sud de l'île connaissait une réelle prospérité, le Nord, bien que bénéficiant d'une croissance élevée, subissait un retard de développement. La communauté chypriote turque demeurait en effet largement dépendante des échanges avec la Turquie et des subsides d'Ankara.

Au bord de la faillite en 2013 après l'explosion du secteur bancaire du pays, le gouvernement chypriote a été contraint de solliciter en juin 2012 l’assistance financière de l’Union européenne, de la Banque centrale européenne et du Fonds monétaire international, pour faire face aux besoins de ses banques (dont 40% des engagements extérieurs concernent la Grèce) et au financement des dépenses publiques. En contrepartie d'un plan d'aide de 10M€ qui dure jusqu'en 2016, le pays met en œuvre une importante cure d'austérité. Entre 2008 et 2014, le chômage (au sens de l'OIT) est passé de 3,5% à 16% avant d'entamer sa diminution.

L'économie chypriote est largement fondée sur le secteur tertiaire qui emploie 80% de la population. Le tourisme a en effet profité de l'instabilité politique en Turquie ou en Egypte, et l'île a accueilli 3 millions de visiteurs en 2015, pour une population de moins d'un million d'habitants. Troisième flotte européenne, la marine marchande chypriote est également un secteur dynamique puisqu'elle représente près de 5% du PIB.

Outre ces deux secteurs traditionnels, les services non-financiers aux entreprises ont également profité de la dépréciation de l'euro ainsi que des baisses de salaires ces dernières années. Ils ont contribué à soutenir la croissance du PIB, positive depuis 2015 et qui atteint 2,8% en 2016. Le commerce extérieur de l'île se fait à hauteur de 60 % avec l'UE (en 2014). Cependant, la position géographique stratégique de l'île implique que les liens commerciaux avec l'Europe centrale, l'Europe de l'Est ou le Moyen-Orient sont également importants. Le pays offre par ailleurs un environnement fiscal très favorable.

Enfin, des réserves de gaz naturel ont été découvertes en 2011 dans la zone économique exclusive (ZEE) de Chypre, à l'est de la Méditerranée, ce qui pourrait bénéficier à l'économie du pays dès 2022. La campagne d’exploration menée par la société américaine Noble Energy a estimé les ressources à 127,4 milliards de mètres cubes. Ces découvertes font toutefois l'objet d'un contentieux toujours en cours avec la Turquie.

Histoire

Chypre a connu une série d’influences, mycénienne, phénicienne, grecque, romaine, byzantine...

  • 1191 : en route pour Jérusalem, Richard Cœur de Lion s’empare de Chypre. Le pouvoir est confié aux Templiers puis à la dynastie poitevine des Lusignan pendant trois siècles. L’île est conquise par les Vénitiens en 1489, puis par les Turcs en 1571.
  • 1878 : Chypre passe sous tutelle britannique. Elle devient colonie de la Couronne en 1925. Alors que les communautés grecque et turque cohabitaient tant bien que mal sous la domination ottomane, les rivalités sont exacerbées par la lutte anti-coloniale.
  • 1960 : proclamation, le 16 août, de l’indépendance de Chypre. Les tensions entre les communautés grecque et turque croissent. Après les événements de Noël 1963, l’ONU doit intervenir pour mettre fin aux violences (création de la FNUCHYP en 1964). Le conflit entre la Grèce et la Turquie est évité de justesse.
  • 1974 : les militaires au pouvoir en Grèce organisent un coup d’Etat contre le président chypriote Makarios. Des troupes turques débarquent dans le nord de l’île pour protéger les intérêts de la communauté turque. L’île se retrouve divisée.
  • 2004 : rejet du plan des Nations unies pour la réunification de l’île. Chypre entre divisée dans l’Union européenne.
  • Le 3 avril 2008, la rue Ledra, coupée en deux par un mur, rue piétonne et commerçante du Vieux-Nicosie, est rouverte après 40 ans de séparation. On peut y voir là un premier pas symbolique vers la réunification de l'île.

Drapeau et hymne

Créé et adopté à l’occasion de l’indépendance du pays en 1960, le drapeau chypriote est le seul, avec celui du Kosovo, à dessiner la carte de son territoire. Il apparaît en couleur dorée, symbolisant le cuivre, richesse principale de l’île. Le fond blanc et le rameau d’olivier signifient quant à eux à la paix et la sérénité, qui prévalaient à cette date. Depuis, la division du pays a entaché cette idée première. Dans le cas d’une réunification, le choix d’un nouveau drapeau pourrait être fait.

L’hymne chypriote, intitulé en français "Ode à la liberté", a été écrit en 1823 par le poète Dionysios Solomos et composé en 1844 par Nikolaos Mantzaros. Adopté unilatéralement par la communauté grecque de l’île en 1966, l’hymne n’est pas reconnu par la communauté turque.

Lire l'étude
de Notre Europe - Institut Jacques Delors

Culture

Chypre est depuis la haute antiquité d’abord une terre de culture grecque, puisque la mythologie y fait naître Aphrodite, quelque part entre Limassol et Paphos.

La culture chypriote est le reflet des influences culturelles variées qui ont marqué l'île. Si elle a su garder intacte sa double identité hellénique et turque, elle a assimilé des éléments d’autres cultures jusqu’à devenir une véritable mosaïque culturelle. Ainsi les églises byzantines et les mosquées côtoient-elles les vestiges de l’époque néolithique, les temples de style gréco-romain, les châteaux ou églises franques et les forteresses vénitiennes. Le dialecte chypriote et la gastronomie gardent encore les traces du passage des Lusignan et des Vénitiens.

Par ailleurs, ses vins figurent parmi les plus vieux du monde : de nombreuses appellations que l’on retrouve dans beaucoup de pays européens proviennent d’ailleurs de cépages importés de Chypre après les croisades.

Aujourd’hui, l’île présente les deux visages contrastés de la tradition et de la modernité. Tous les domaines culturels sont représentés, avec une propension manifeste pour les arts plastiques. Chypre s’est doté d’un orchestre symphonique et de plusieurs festivals de niveau international : le festival Kypria (pluridisciplinaire), un festival européen de danse, le festival de Paphos (opéra), le festival de Bellapaïs (musique classique), un festival de théâtre antique. Et les producteurs privés sont toujours plus nombreux à organiser de grands concerts avec les plus grands noms de la chanson ou de l’opéra.

Léonce Machairas (XVe siècle)

Sa chronique, avec la chanson chypriote "Arodaphnousa", ont inspiré "Pisanella" et d’autres pièces poétiques à Gabriele d’Annunzio.

Gustav Lafont (XIXe siècle)

Poète romantique, il a vécu au XIXème siècle. Il a notamment réalisé la traduction en français de l'"Hymne à la liberté" du poète national grec Dionisios Solomos.

Charalambos R. Lipsos

A la fois peintre et poète, il est un des rares à avoir rencontré un succès égal dans les deux domaines. Il publie ses premiers poèmes dès l’âge de seize ans. Quatre de ses recueils ont été publiés en français : "Philosophiques apothéoses", "Ruines grecques", "Non-être", "Fausse île". Il a réalisé plus de trente-cinq expositions en France, en Belgique et aux Etats-Unis.