Dossier spécial Elections européennes 2014
République tchèque

République tchèque

Capitale : Prague
Population : 10,51 millions - (Eurostat - 2013)
Superficie : 78 866 km² - (Eurostat - 2012)
Date d'adhésion : 2004-01-01
Taux de croissance du PIB : -1,3 % - (Eurostat - 2012)
Taux de chômage : 7 % - (Eurostat - 2012)
Dette publique : 45,8 % - (Eurostat - 2012)
Inflation : 1,6 % - (Eurostat - 2013)
Monnaie : Couronne tchèque
Découpage administratif : 14 provinces, 6 254 communes
Hymne national : Kde Domov Muj (Où est ma maison?)
Indicatif téléphonique : 420
Code ISO : CZ
Système politique : République à caractère mixte
Espérance de vie : 77,2 ans - (Eurostat - 2011)
drapeau République Tchèque

Politique

La République Tchèque (Česká Republika) est une république à caractère mixte, présidentiel et parlementaire.

Sorti vainqueur du second tour d'un scrutin qui l'opposait à Karel Schwarzenberg, chef de la diplomatie du gouvernement de Vaclav Klaus, l'ex-Premier ministre de gauche Milos Zeman a été élu le 27 janvier 2013 président de la République Tchèque avec plus de 55% des suffrages. Il est le premier président tchèque élu au suffrage universel direct. La chambre des députés avait en effet approuvé, le 14 décembre 2011, un amendement à la Constitution qui permettrait une élection du président de la République au suffrage universel direct et non plus par le parlement.

Contrairement au précédent chef de l'Etat eurosceptique, Vaclav Klaus, Milos Zeman, qui a été Premier ministre de 1998 à 2002, s'est prononcé en faveur d'une harmonisation fiscale européenne et de l'entrée de son pays dans la zone euro.

Suite aux législatives anticipées des 25 et 26 octobre 2013, un gouvernement de coalition de centre-gauche, dirigé par le social-démocrate Bohuslav Sobotka, est nommé le 29 janvier 2014. Outre le CSSD social-démocrate, il comprend le parti populiste ANO (Action des citoyens mécontents) et le parti chrétien-démocrate KDU. Le Premier ministre s'est engagé à inverser la tendance eurosceptique des précédents dirigeants.

Le pays et l'UE

Adhésion à l'Union européenne et entrée dans l'OTAN

Après l’effondrement du bloc communiste, la République tchèque s’est fixée, à l’instar de la plupart des pays d’Europe centrale et orientale, un double objectif : s’ancrer dans une Europe synonyme de démocratie et de prospérité et nouer une alliance militaire avec les Etats-Unis, pour se protéger de la Russie. Dès 1999, elle devient membre de l’OTAN. Son appartenance à l’alliance militaire atlantique lui vaut de participer aux missions au Kosovo et en Afghanistan ainsi qu’à l’intervention en Irak de la coalition menée par les Etats-Unis.

La République Tchèque dépose sa candidature à l'entrée dans l’Union européenne en janvier 1996. Les négociations d’adhésion entamées en 1998 ouvrent une période de transformation durant laquelle la République Tchèque adapte son économie et son système politique aux normes européennes. Elle devient membre de l’Union européenne le 1er mai 2004, après un référendum tenu les 13 et 14 juin 2003, révélant près de 77, 3 % de soutien à l'adhésion à l'UE avec une participation électorale de 55 %.


La République Tchèque compte 22 députés au Parlement européen et dispose de 12 voix au Conseil.

Elle a assuré la Présidence du Conseil de l'Union européenne le 1er semestre 2009. Parmi ses priorités figuraient notamment la poursuite de l’élargissement de l’UE aux pays des Balkans occidentaux, ainsi que le renforcement du partenariat oriental avec l’Arménie, l’Azerbaïdjan, le Bélarus, la Géorgie, la Moldavie et l’Ukraine.

Relations avec les pays voisins et querelles sur les questions européennes

La République Tchèque a noué des liens solides avec le grand voisin allemand, malgré un contentieux persistant autour de la région frontalière des Sudètes (3 millions d’Allemands furent expulsés des Sudètes à la suite des décrets Beneš adoptés en 1945). En 1991, elle fonde avec ses autres voisins, la Hongrie, la Pologne et la Slovaquie, le groupe de Visegrad, chargé de défendre les intérêts de ses membres au sein de l’Union européenne.
 
Les questions européennes constituaient un important sujet de discorde entre l'ex-président Vaclav Klaus, hostile à une Europe intégrée.

Milos Zeman, nouveau président de la République Tchèque, est  un européen convaincu, contrairement à Vaclav Klaus qui, lui, n’avait jamais caché son euro-scepticisme. Les relations entre Prague et Bruxelles devront ainsi s'améliorer. Le nouveau président élu s’est dit favorable à l’entrée de son pays dans la zone euro.


Il a également promis de faire ce que son prédécesseur a toujours refusé : hisser le drapeau européen au siège de la présidence.

Nommé le 29 janvier 2014, le chef du gouvernement Bohuslav Sobotka s'est également engagé à rompre avec l'euroscepticisme des années passées, en rejoignant notamment le "paquet fiscal", voire en adoptant la monnaie unique.

Géographie

La République tchèque est limitée au nord-ouest par l'Allemagne, au nord-est par la Pologne, au sud par l'Autriche et au sud-est par la Slovaquie.

Entre le point culminant, le mont Snêzka à 1602 mètres, et le niveau le plus bas, à 115 mètres sur l'Elbe, le relief fait alterner plaines et paysages accidentés. La partie occidentale de la République tchèque, la Bohême, constitue une plaine entourée d’un quadrilatère de montagnes. Prague en occupe le centre la ville est drainée par l’Elbe et ses affluents, comme la Vltava. La Bohème est plus riche en basses montagnes et en plateaux que la Moravie, entourant Brno et limitée à l’est par les Carpates Blanches.

Ce pays aux dimensions relativement modestes (79 000 km2) offre des paysages riches et variés. Les forêts, les réserves naturelles, les sources d'eau minérale sont autant de raisons qui attirent les touristes en République tchèque.

Economie

Rattrapage et ouverture

La République tchèque connaît aujourd’hui le deuxième niveau de développement économique parmi les anciens pays communistes, juste derrière la Slovénie. Le pays rattrape progressivement les standards occidentaux : en 1996, le PNB par habitant équivalait à 50 % de la moyenne européenne ; cinq ans plus tard, la richesse par habitant avait augmenté de 10 %.

L’économie tchèque est une économie très ouverte. Les deux tiers environ de son commerce extérieur sont réalisés avec les pays de l’UE, dont plus de la moitié avec l’Allemagne. La Bohème et la Moravie sont des régions fortement industrialisées, et ce depuis le début du 20ème siècle. L’expérience communiste a accentué cette industrialisation. Depuis les débuts de la transition, ce secteur d’activité est en déclin constant, au profit des services.

Secteur privé, investissements, énergie et réformes structurelles

Au cours des années 90, l’économie tchèque a connu une croissance rapide du secteur privé, qui représente aujourd’hui 80 % du PNB, alors qu’il atteignait à peine 4 % au début de la transition. Cette profonde mutation s’est traduite par une explosion du nombre de petites et moyennes entreprises, en particulier dans le secteur des services.

Depuis 1999, la République tchèque bénéficie de flux élevés d'investissements directs étrangers (IDE), qui lui permet de couvrir son déficit courant. Ainsi, en 2002, les flux d'IDE entrants (13, 4 % du PIB dont 41 % liés aux privatisations) ont suffi à couvrir le déficit courant (6, 4 % du PIB). En revanche, depuis 2003, en l'absence de privatisation majeure, les flux de capitaux étrangers décroissent (1,8 milliard d'euros en 2003, contre 9 milliards en 2002 et 3,6 milliards en 2004) et couvrent le déficit courant beaucoup moins largement que les années précédentes.

En 2010, la balance commerciale était excédentaire de 5 milliards d’euros.

Dans l’absolu, la République tchèque produit plus d’énergie qu’elle n’en consomme, d’où un taux de dépendance énergétique relativement bas (27%) par rapport à la moyenne européenne (plus de 50%). Bien qu’elle soit exportatrice de charbon et d’électricité, elle reste très dépendante de la Russie pour le gaz (67% en 2010), le pétrole (63%) et le combustible nucléaire (100%).

Le gouvernement a pris conscience de l'urgence d'entreprendre des réformes structurelles (réforme fiscale, réforme du système de retraite et de sécurité sociale). Son déficit public inférieur est actuellement à 3,7% du PIB, les Tchèques préconisent ainsi un retour à l’équilibre à l’horizon 2016. Néanmoins, la dette publique est actuellement de 45,5% du PIB.

Notons également le rôle prééminent des entreprises CEZ (électricité), Škoda (automobile), Ceská sporitelna et Komercni Banka (banques), PPF et J&T (capital-investissement) dans l’économie tchèque.

Histoire

Le royaume de Bohême

    • 1355 : le roi de Bohême Charles IV est élu empereur du Saint Empire Romain Germanique. Fondé au IXème siècle, le royaume de Bohême est l’un des grands Etats de l’Occident chrétien.


    • 1526 : le royaume de Bohême tombe sous la domination des Habsbourg. Il est intégré au vaste ensemble qui deviendra l’Empire austro-hongrois.


    • 1618 : La "Défenestration de Prague" déclenche la révolte des Etats de Bohême contre la dynastie des Habsbourg. La défaite à la bataille de la Montagne Blanche (devant Prague) (1620) entraîne la réduction à l’obéissance du royaume de Bohême et le renforcement de l’autorité royale.

    • 1848 : renouveau des aspirations nationales. Les mouvements nationalistes font valoir la spécificité du peuple tchèque au sein du Royaume d’Autriche.

    La Tchécoslovaquie : invasion allemande et emprise soviétique

    • 1918 : naissance, au lendemain de la Première Guerre mondiale, de la République tchécoslovaque. Dans l'entre-deux-guerres, sous la direction de Tomáš Masaryk, la Tchécoslovaquie devient une véritable démocratie libérale et connaît un développement industriel.


    • 1938 : au terme des accords de Munich, conclus entre Hitler et les puissances d’Europe occidentale, la province germanophone des Sudètes est livrée à l’Allemagne. Les troupes allemandes envahissent le pays en 1939. La Bohême-Moravie est transformée en protectorat du Reich.

    • 1948 : la Tchécoslovaquie est rattachée au bloc soviétique à la suite du "coup de Prague" au cours duquel les communistes de Gottwald s’emparent du pouvoir.


    • 1968 : le "Printemps de Prague" revendiquant une libéralisation du régime communiste et une plus grande indépendance à l’égard de l’Union soviétique est durement réprimé par les chars russes et le réformateur Dubcek doit démissionner.

    L'indépendance et partition de la Tchécoslovaquie

    • 1989 : la Tchécoslovaquie se détache du bloc soviétique lors de la "Révolution de velours". Elle retrouve sa pleine indépendance sous la présidence de Václav Havel.

    • 1993 : partition à l'amiable de la Tchécoslovaquie. La République tchèque et la Slovaquie suivent désormais des chemins séparés au sein de l’Europe réunifiée.

    Culture

    Kafka (1883-1924)

    La République Tchèque est l’héritière d’un legs culturel et littéraire impressionnant. Parmi les écrivains tchèques, Franz Kafka a exprimé – en allemand - l’absurdité du monde moderne dans Le procès et La métamorphose. Le Soldat Schwejk de Jaroslav Hasek, avec ses ruses et son pacifisme viscéral, et le Golem de Gustav Meyrink constituent deux figures littéraires populaires de la culture de Prague.

    Milan Kundera (1929- )

    Le milieu littéraire tchèque est toujours vivant aujourd’hui. Il existe d’ailleurs un pont entre la dramaturgie et la politique : Václav Havel, symbole de la résistance au communisme, est devenu président de Tchécoslovaquie en 1990. Milan Kundera, autre écrivain tchèque célèbre, vit aujourd’hui en France, et écrit en français, tout en développant abondamment dans son œuvre le thème de l’exil et des difficultés du franchissement des frontières entre cultures.