Dossier Traité transatlantique de libre-échange
Espagne

Espagne

Capitale : Madrid
Population : 46,50 millions - (Eurostat - 2014)
Superficie : 505 991 km² - (Eurostat - 2013)
Date d'adhésion : 1986-01-01
Taux de croissance du PIB : -1,2% - (Eurostat - 2013)
Taux de chômage : 26,1 % - (Eurostat - 2013)
Dette publique : 93,9 % - (Eurostat - 2013)
Inflation : 0,0 % - (Eurostat - 2014)
Monnaie : Euro
Découpage administratif : 17 communautés autonomes, 50 provinces, 8092 municipalités
Hymne national : Marcha Real (Marche Royale)
Indicatif téléphonique : 34
Code ISO : ES
Système politique : Monarchie parlementaire
Espérance de vie : 81,7 ans - (Eurostat - 2011)
drapeau Espagne

Politique

L’Espagne est une monarchie parlementaire instaurée après la transition démocratique de la fin des années 70.

Le roi Juan Carlos Ier, qui a accédé au trône en 1975, a abdiqué le 2 juin 2014, laissant ainsi la place à son fils, le prince Felipe de Bourbon. José Luis Rodríguez Zapatero (Parti socialiste ouvrier espagnol, PSOE) a été le chef du gouvernement de 2004 à 2011.

Vivement critiqué suite à la présentation de son plan d'austérité, José Luis Zapatero a annoncé le 2 avril 2011 qu'il ne serait pas candidat à sa succession. Son successeur a été désigné lors d'un processus de primaires internes qui ont opposé deux personnalités socialistes : le ministre de l'Intérieur, Alfredo Pérez Rubalcaba, et la ministre de la Défense, Carme Chacón. C'est M. Rubalcaba qui a remporté ces primaires. Il est responsable devant le Congrès des députés, qui forme avec le Sénat les Cortes, le Parlement espagnol.

Quelques jours plus tard, le 29 juillet 2011, le Premier ministre a annoncé la dissolution du Parlement et l'organisation d'élections législatives anticipées pour le 20 novembre 2011. Ces dernières ont été remportées à une écrasante majorité (186 sièges sur 350) par le Parti Populaire (PP) de Mariano Rajoy. Ce dernier a annoncé que la réduction du déficit à court terme, l'assainissement du secteur bancaire ou encore la lutte contre le chômage figuraient parmi ses priorités.

Le pays est composé de 17 Communautés Autonomes qui disposent chacune de leurs propres institutions et d'importantes compétences. L'Espagne est membre de l'OTAN et de l'Union européenne.

L'Espagne est à l'origine du lancement du mouvement des indignés, qui a rassemblé jusqu'à plusieurs dizaines de milliers de personnes, en Europe et dans le monde, notamment aux Etats-Unis.

Cette série de manifestations pacifiques spontanées est apparue à partir du 15 mai 2011 par un appel dans 58 villes espagnoles. Les réseaux sociaux ont joué un grand rôle dans l'organisation des manifestations pacifiques qui revendiquent un changement dans la politique espagnole.

Une journée mondiale des Indignés a eu lieu le 15 octobre 2011, dans 951 villes de 82 pays.

Le pays et l'UE

La fin du franquisme ouvre les perspectives européennes de l'Espagne

Jusqu’en 1975, le régime franquiste rend inenvisageable l’adhésion de l’Espagne aux Communautés européennes, fondées sur des principes démocratiques et le respect des droits de l’homme. La coopération se limite aux seules questions économiques. La candidature de 1962 est ainsi rejetée.
 
La mort de Franco puis la libéralisation du pays permettent à l’Espagne de déposer sa candidature en 1977. L’Espagne devient membre des Communautés le 1er janvier 1986, en même temps que le Portugal. L’adhésion de l’Espagne (ainsi que celles de la Grèce et du Portugal) est politiquement symbolique : elle montre que la Communauté est ouverte à tous les pays européens dès lors qu’ils respectent ses principes fondamentaux.

L’adhésion aux Communautés européennes a contribué à l’ancrage de la démocratie en Espagne et elle a entraîné un relèvement rapide du niveau de vie des Espagnols, grâce aux échanges commerciaux avec les autres membres, mais aussi à l’aide des fonds de cohésion, dont elle a largement bénéficié. A ce titre, à la suite de l’élargissement de mai 2004, elle paraît décidée à limiter la baisse des aides européennes en faveur de ses régions défavorisées.

D'un gouvernement espagnol à l'autre

Felipe Gonzalez, Premier ministre espagnol de 1982 à 1996, a beaucoup œuvré pour l’ancrage de son pays dans l’Europe communautaire. Il est à l’initiative de la création de fonds de cohésion pour les pays les plus pauvres. Il a également joué un rôle central dans la coopération avec les pays d’Amérique latine et ceux du pourtour méditerranéen.

Lors des négociations sur le traité de Nice, José Maria Aznar parvient à obtenir pour l’Espagne un poids renforcé au Conseil européen. L’élection en mars 2004 de José Luis Rodriguez Zapatero signe le retour à un gouvernement plus favorable à l’intégration européenne et plus proche du couple franco-allemand.

Durement frappée par les attentats terroristes de Madrid en mars 2004 et préoccupée par l’immigration clandestine venue d’Afrique, l’Espagne est à la pointe de la coopération intergouvernementale en matière de justice et d’affaires intérieures.

L’Espagne a donné trois Présidents au Parlement européen : Enrique Baron Crespo (de 1989 à 1992), José Maria Gil Robles (de 1997 à 1999) et Josep Borrell Fontelles (de 2004 à 2006).

De janvier à juin 2010, l’Espagne a assuré la présidence du Conseil de l’UE. Le pays compte 54 députés européens et27 voix au Conseil de l’UE.

Géographie

Baignée par la Méditerranée et l'Atlantique sur 3600 km de côtes, l'Espagne occupe la majeure partie de la péninsule ibérique et comprend également l'archipel des Baléares, les îles Canaries et les enclaves de Ceuta et Melilla sur la côte nord du Maroc.

La meseta, grand plateau central de 600 à 1000 m d'altitude est dominé par des chaînes de montagnes qui atteignent 3478 m dans la Sierra Nevada, au sud, et les Pyrénées au nord.
 

Economie

Grâce à un développement spectaculaire, l’Espagne est devenue une économie moderne en quelques décennies. A partir de son entrée dans la Communauté européenne en 1986, le pays connaît une hausse de la production industrielle dans les secteurs de la métallurgie, de l’agroalimentaire, et plus récemment de la chimie, du textile, de l’électronique. C’est aujourd’hui l’un des premiers constructeurs automobiles d’Europe.

L’agriculture a depuis longtemps perdu sa place de principal secteur d’emploi de la population active, mais elle reste très productive (huile d’olive, vin, fruits et légumes), en particulier dans les huertas andalouses intensives et fortement irriguées, de même que la pêche.

Le secteur des services domine aujourd’hui l’économie espagnole : banque, télécommunications et toutes les activités liées au tourisme. L’Espagne reste encore l’une des destinations touristiques les plus prisées au monde. La hausse de la fréquentation est à l’origine d’un boom de la construction immobilière, surtout sur la côte méditerranéenne.
En 2010, avec 53 millions de touristes, l'Espagne figurait en quatrième position des destinations touristiques mondiales en termes de nombre de visiteurs. Ce secteur représente environ 10% du PIB espagnol.

Au cours des dernières années, l’Espagne enregistrait de bonnes performances économiques, mais conservait une inflation supérieure à celle des autres pays de la zone euro. La crise a cependant eu de graves répercussions sur l'Espagne, sa croissance s'élevant à - 0,2% à la fin 2011.

Le pays a été particulièrement frappé par la crise des subprimes, qui a touché durement le secteur immobilier, puis par la crise dans la zone euro, entrainant la défiance des marchés à son égard. Pour redresser sa situation, l'Espagne a adopté un vaste plan d'austérité ainsi qu'une réforme de son marché du travail. Aujourd'hui, avec plus de 20% de sa population active sans emploi, l'Espagne a le taux de chômage le plus élevé de l'Union européenne.

Histoire

  • 19 avant notre ère : les Celtes de la péninsule ibérique sont totalement soumis à Rome, après deux siècles de luttes.

  • 711 : les Maures commencent la conquête de la péninsule ibérique. Durant 700 ans, une civilisation musulmane raffinée se développe dans l’émirat de Cordoue. Pendant ce temps, les royaumes chrétiens du Nord mènent la reconquête de la péninsule.

  • 1492 : les Rois catholiques Isabelle de Castille et Ferdinand d’Aragon s’emparent de Grenade, chassent de la péninsule le dernier souverain maure et expulsent les Juifs. Cette même année, Christophe Colomb découvre l’Amérique pour le compte de l’Espagne.

  • 1549 : Charles Ier d’Espagne est élu à la tête du Saint Empire Romain Germanique sous le nom de Charles Quint. Grâce aux richesses du Nouveau Monde, les Habsbourg d’Espagne règnent sur une grande partie de l’Europe avant de connaître un lent déclin.

XVIIIe et XIXe siècles : instabilité politique et perte progressive des colonies

  • 1808 : Napoléon Ier impose son frère Joseph comme roi. La révolte du 2 mai donne lieu à une sanglante répression le lendemain, le Tres de mayo immortalisé par Goya. Une guerre de libération adoptant la forme d’une guérilla sanglante, soutenue par les Anglais, met l’armée française en difficultés.

  • 1931 : proclamation de la République.

  • 1936-1939 : guerre civile entre les républicains et les nationalistes espagnols menés par le général Franco. Ce dernier remporte la victoire et met en place une dictature qui isole l’Espagne du reste de l’Europe.

  • 1975 : Franco meurt après avoir désigné comme successeur Juan Carlos. Le pays effectue sa transition démocratique. La société espagnole connaît une modernisation rapide.

  • 1986 : l’Espagne devient membre des Communautés européennes.

L'Espagne confrontée au terrorisme

  • 2004 : attentats terroristes islamistes à Madrid qui provoquent la mort de 191 personnes et élection concomitante de José Luis Rodriguez Zapatero.

  • 2006 : l'organisation séparatiste basque ETA annonce un cessez-le-feu, première étape du processus de paix.

  • 2010 : le 5 septembre l'organisation indépendantiste basque annonce un cessez-le-feu dans une vidéo remise à la chaine d'information anglaise BBC.

  • 2011 : le 10 janvier ETA annonce un cessez-le feu "permanent, général et vérifiable", ce qui correspond à l'appel dit Déclaration de Bruxelles , signée par différentes organisations internationales, et à l'accord de Guernica, signé par les principales forces de la gauche abertzale, qui appelaient ETA à franchir ce pas. Dans ce communiqué, l'organisation se donne pour objectif d'obtenir la "fin de la confrontation armée" au Pays Basque.

Culture

Cervantes (1547-1616)

Ecrivain du siècle d’or, Cervantes doit sa célébrité à Don Quichotte, qui est une référence incontournable de la littérature espagnole. Le destin de cet auteur engagé dans les armées royales, qui perd une main à la bataille de Lépante, retrace l’épopée du siècle le plus brillant de l’histoire espagnole, le siècle de la richesse et de l’or péruvien. Le Don Quichotte s’attache entre autres à exprimer les tensions entre la modernité et les structures féodales archaïques qui continuent à guider les esprits.

Gaudí (1852-1926)

Antoni Gaudí est le principal représentant de l'Art nouveau catalan, avec un style basé sur l'observation de la nature, et par l'utilisation de surfaces géométriques réglées qui se traduisent souvent pour des réalisations ne possèdant pas d'angles droits, ondulantes et asymétriques.
Sept de ses œuvres ont été classées par l'UNESCO patrimoine mondial de l'Humanité (le parc Güell, le Palais Güell, la Casa Milà, la Casa Vicens, la façade de la Nativité et la crypte de la Sagrada Família, la Casa Batlló et la Crypte de la Colonia Güell).
Doté d'une intuition et d'une capacité créatives hors du commun, Gaudí concevait ses immeubles de manière globale, il s'occupait aussi bien des questions structurales que des aspects fonctionnels et décoratifs.

Picasso (1881-1973)

Le peintre est une figure de proue du cubisme, qui marque la scène artistique internationale. S’il a travaillé pour l’essentiel en France, Picasso n’en est pas moins resté attaché à son hispanité et au destin politique de sa terre natale. Il immortalise des scènes terribles comme dans Guernica (du nom d’un village du Pays Basque bombardé par les Allemands au cours de la guerre civile espagnole). Ses oeuvres mondialement renommées comme Les demoiselles d’Avignon appartiennent désormais incontestablement au patrimoine de l’humanité.

Pedro Almodovar (1949-)

La culture espagnole, loin de s’endormir sur ses gloires passées, a su trouver dans le processus démocratique du dernier quart de siècle, la chance d’une renaissance brillante, qu’incarne en particulier le cinéma de la movida. L’un de ses représentants est Pedro Almodovar. Ce cinéaste talentueux cumule les prix : César, Oscar…

A son actif, Talons aiguilles, Tout sur ma mère, La mauvaise éducation, Parle avec elle, ou dernièrement La piel que habito. Le cinéaste se révèle baroque et adepte du kitsch et de la parodie, mais surtout il développe une vision de l’Espagne contemporaine, de ses contradictions attachantes et de ses évolutions rapides. Le dynamisme de la création espagnole dépasse le cercle du cinéma et s’exprime également en littérature avec des auteurs audacieux tels que Enrique Vila-Matas.